ESSAI Audi A4 : elle fend l’air !

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Sa robe change peu visuellement, mais elle prend moins le vent : la nouvelle A4 est la berline la plus aérodynamique de son segment.

Durant notre essai, elle n’a pas vraiment fait tourner les têtes. Les automobilistes l’ont sans doute confondue avec l’ancienne A4. Ou avec la nouvelle A6. C’est vrai que le style Audi est devenu très uniformisé… Mais si la nouvelle A4 retaille à peine sa robe et grandit peu (elle n’est que 2,5 cm plus longue que l’ancienne), elle devient toutefois plus légère : le modèle perd jusqu’à 110 kg en entrée de gamme, car il embarque désormais un petit bloc 1,4 litre essence. Mais le régime touche aussi le châssis, avec une nouvelle plate-forme (MLB) qui mélange de l’acier à haute résistance et de l’aluminium.

Cette Audi soigne également son aérodynamisme : avec un Cx de 0,23 pour la berline (et de 0,26 pour le break Avant que l’on testera dans un mois), la nouvelle A4 est tout simplement la berline la plus aérodynamique du marché. Elle est même mieux profilée que le coupé R8 ! Ce régime et cette prise au vent réduite permettent de limiter fortement les émissions de CO2 et donc la consommation. Et ça, c’est pas du bidon !

Le meilleur est à l’intérieur

Si l’A4 change peu dehors, elle évolue fortement dedans. La planche de bord a été totalement remaniée. Elle se distingue toujours par la grande qualité de ses matériaux et par un style épuré et moderne. À l’attention des « geeks », la nouvelle A4 peut aussi disposer du fameux cockpit virtuel d’Audi : les classiques cadrans du combiné d’instruments sont alors remplacés par un écran multifonction de 12,3 pouces situé derrière le volant et sur lequel la carte de navigation peut s’afficher intégralement.

Et la nouvelle A4 soigne aussi sa connectivité. Si vous branchez un smartphone (iOS ou Android) via le port USB, le contenu du téléphone (musique, applications, etc.) est accessible via le menu MMI et l’écran du véhicule, pour plus convivialité. Il est également possible de créer un point Wi-Fi à bord de la voiture, sur lequel les passagers pourront brancher leurs smartphones, tablettes et autres appareils mobiles.

Et le pack « Audi phone box » permet de connecter directement votre téléphone à l’antenne extérieure du véhicule pour une meilleure réception. Ce pack comprend aussi un chargeur à induction : il suffit alors de poser le smartphone dans un logement implanté dans la console située entre les sièges avant pour qu’il se recharge, sans brancher de fil. À condition bien sûr que le smartphone dispose de la fonction de recharge par induction…

A4, mais pas à 5…

La nouvelle plate-forme s’étire sur un empattement allongé et Audi nous annonce que, par rapport à l’ancienne, cette A4 offre 2,3 cm d’espace aux jambes en plus pour les passagers arrière. On veut bien le croire car on est franchement bien installés au second rang et même les adultes de grandes tailles ne devront pas faire de nœud dans leurs guiboles. Par contre, la place du milieu est franchement inconfortable : l’énorme tunnel central empêche de poser ses jambes tandis que le dossier du siège est dur et que la garde au toit est limitée. Bref, la nouvelle A4 s’apprécie à… 4, pas à 5. Côté coffre, le volume est généreux et se calque sur celui des concurrentes directes.

Silence d’A8 ?

Audi nous assure que sa nouvelle A4 est aussi silencieuse que l’A8. Ça, on a quand même du mal à le croire... Et en discutant avec les ingénieurs, on relativise la chose. L’affirmation vaut si avez cochez l’option double vitrage (une première sur l’A4) et ne se réfère qu’à l’insonorisation aux bruits aérodynamiques. Pas aux bruits de roulement. Bref, globalement, l’A8 reste forcément plus silencieuse sur les grands axes que sa petite sœur. Ceci dit, le confort acoustique de cette nouvelle A4 est très bon (grâce notamment à son aérodynamisme et un gros travail réalisé autour des rétroviseurs extérieurs) et l’option double vitrage (181,50 €) vaut la dépense pour ceux qui roulent beaucoup sur autoroute.

Cure de dynamisme

Grâce à son régime et sa nouvelle plate-forme qui s’articule notamment sur un train arrière remanié à 5 bras, l’A4 a gagné en dynamisme. La nouvelle se dandine désormais mieux dans les lacets, comme on a pu le vérifier sur une route de montagne italienne. Nos voitures, équipées de l’amortissement piloté, étaient particulièrement neutres et équilibrées en courbe, tandis que le train avant affiche plus de mordant qu’avant. Les versions de base, en particulier celles à essence, sont encore plus agiles, car elles portent un moteur plus léger sur leur nez.

Et le petit 1.4 TFSI de base de 150 chevaux (privé ici de coupure partielle des cylindres) est déjà performant (0 à 100 km/h en 8,7 secondes). En essence, on trouve aussi un nouveau 2.0 TFSI Ultra 190ch, (qui consomme… moins que le 1.4 !), un 2.0 TFSI 252ch et, bientôt, la S4 3.0 V6 turbo 354ch.

En diesel, le 2.0 TDI est proposé en versions 136/150 ch (affichées au même prix) ou 190ch. Nous n’avons pu tester que cette dernière variante, très performante (0 à 100 km/h en 7,7 secondes), silencieuse, proposée aussi en quattro et très sobre (nous avons consommé moins de 6l/100km en conduite courante). À noter que toutes les 2.0 TDI sont également disponibles en automatique, avec désormais une boîte S-Tronic 7 (robotisée à double embrayage) à la place de l’ancienne Multitronic à variation continue. Une A4 3.0 V6 TDI quattro 272ch est également proposée. 

Enfin, l’A4 a droit à toutes les aides à la conduite les plus en vogue (on en compte 30 en tout !), dont un système de freinage automatique d’urgence ou encore une assistance qui « prend le volant » pour suivre automatiquement le véhicule qui précède dans les embouteillages, jusqu'à 65 km/h et pendant quelques secondes seulement, puisque la loi n’autorise pas plus pour l’instant. Mais la conduite autonome n’est plus très loin. Et si on ne peut pas encore faire la sieste au volant de cette A4, elle nous grattera bientôt le dos car l’option siège massant sera proposée dans quelque mois… 

Conclusion

La nouvelle A4, c’est la même que l’ancienne, mais en mieux… D’accord, la formule est facile, mais elle s’applique ici plus que jamais. Car cette nouvelle Audi reprend la recette et le style de sa devancière, tout en peaufinant les prestations sur tous les points. Mais la note est encore plus salée et la liste de prix compte plus de 50 pages !

L’A4 2.0 TDI 150 Ultra en quelques chiffres

  • Moteur : 4 cylindres en ligne, diesel, 1.968cc, 150ch de 3.250 à 4.200tr/min, 320Nm de 1.500 à 3.250tr/min.
  • Transmission : aux roues avant.
  • Boîte : manuelle 6 rapports ou robotisée 7 rapports.
  • L/l/h (mm) : 4.726/1.842/1.404
  • Poids à vide (kg) : 1.505
  • Volume du coffre (l) : de 480 à 965
  • Réservoir (l) : 40
  • 0 à 100 km/h (sec) : 8,9

Points positifs

  • Comportement dynamisé
  • Technologies de pointe
  • 2.0 TDI agréable et silencieux
  • Habitabilité arrière (pour 2…)
  • Finition de qualité

Points négatifs

  • Prix, liste d’options infinie
  • Style pratiquement inchangé
  • Ergonomie complexe des systèmes multimédias

Prix : 32.800 € TVAC

Puissance : 150 ch

V-max : 210 km/h

Conso. mixte: 3,7 l/100km

CO2: 95 g/km