ESSAI Audi R8 Spyder: du son et des frissons

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La R8 se découvre en plein cœur de l’automne. Pour mieux faire entendre la mélodie de son V10, qui nous fait frissonner plus que jamais. On vous emmène ?

Le découpage du toit de la R8 ne gâche pas la ligne, mais les puristes regretteront que le moteur du Spyder ne s’exhibe plus en vitrine, contrairement à celui du coupé. C’est que le couvre-capote vient ici masquer les culasses du V10. La capote, façonnée en tissu, est portée par une armature qui mélange désormais l’aluminium et le magnésium, pour limiter le poids du système (44 kilos, moteur électrique compris). La structure générale de la R8 fait, elle aussi, appel aux métaux légers. La coque mêle en effet le plastique renforcé de fibres de carbone à l’aluminium, pour gagner en légèreté (cette coque ne pèse que 208 kg, soit seulement 5 de plus que celle du coupé) et en rigidité (+50% par rapport à l’ancienne R8 Spyder !). Cette plate-forme est identique à celle de la Lamborghini Huracán. Un noble squelette, donc.

Un petit côté geek…

à bord, la qualité et l’ajustement des matériaux sont dignes d’une berline de prestige. Un cocon stylé et gratifiant, mais qui manque d’espaces de rangement, comme souvent à bord de tels engins. Voiture moderne, la nouvelle R8 a aussi un petit côté geek : en guise d’instrumentation, elle troque les cadrans classiques contre un écran couleur multifonction TFT de 12,3 pouces, qui propose plusieurs types d’affichages, dont un présentant la carte du GPS sur toute la largeur de l’écran. On préfère le mode sport, qui dessine devant nos yeux un gros compte-tours dont l’aiguille papillonne joyeusement…

Un bijou dans le dos

La capote se replie en 20 secondes. L’opération est entièrement électrique et peut s’effectuer en roulant, jusqu’à 50 km/h. Quant à la lunette arrière, elle peut être relevée ou rabaissée sur simple pression d’un bouton, même quand le toit est en place. Histoire de profiter des vocalises du moteur sans être décoiffé… Et de voix, le moteur ne manque pas ! Une pression sur le bouton « Start » et un jappement rageur, teinté de résonnances métalliques, s’échappe de l’échappement. Sous le capot arrière, on retrouve le bloc 5.2 V10 atmosphérique de la R8 Coupé (et de la Lambo Huracán …), qui délivre ici 540 chevaux.

De 5 à 10 cylindres

Un noble bouilleur à carter sec, doté de technologies de pointe. Il dispose notamment d’une double injection : directe (pour un meilleur rendement au ralenti et sous forte charge) et indirecte (pour limiter les émissions de particules fines sous charge partielle). Pour contenir la consommation de carburant, on trouve également un Stop&Start et une fonction « roue libre » : au lâcher de gaz, le moteur retombe au régime de ralenti et se désacouple de la transmission ; la voiture glisse alors sur son inertie en consommant un minimum de carburant. Cette sportive dispose encore de la coupure partielle des cylindres : si l’on ne fait qu’effleurer la pédale de gaz, le V10 coupe la moitié de ses cylindres et ne tourne donc plus que sur 5 « pattes ». La nouvelle R8 Spyder consomme dès lors officiellement 12% de moins que l’ancienne. Le moteur pousse pourtant encore un peu plus qu’avant : le sprint du 0 à 100 km/h est bouclé en seulement 3,6 secondes. Ce propulseur, qui respire à l’air libre (sans turbo, donc), fait preuve d’un caractère bouillant et pousse la chansonnette jusqu’à 8.700 tr/min. Les rapports de boîte (robotisée à double embrayage) s’enchaînent sans temps mort, d’une pichenette sur les palettes fixées sur le volant.

Sportive facile

Notre essai s’est déroulé en grande partie sous la pluie. De quoi immédiatement remarquer que cette sportive n’a pas un caractère trop… trempé. Elle est du genre docile. La transmission intégrale pilotée (par coupleur Haldex de 5e génération) adapte en continu le couple entre les roues avant et arrière, pour préserver un comportement équilibré. Les pilotes les plus aguerris trouveront peut-être cette sportive assez peu joueuse. Mais tous admireront sa redoutable efficacité, quelle que soit la saison. En conduite courante, on s’étonne aussi de l’excellent confort de cette supersportive, même lorsqu’elle est dépourvue de l’amortissement piloté optionnel. Autre gâterie : le système audio Bang & Olufsen optionnel intègre des haut-parleurs dans chaque appui-tête. Ce Spyder ne propose par contre pas de chauffage de nuque. Mais c’est vrai que le moteur nous jette pas mal de calories dans le dos et que sa sonorité nous réchauffe les oreilles…

Conclusion

Supercar du quotidien, le coupé R8 étonne déjà par sa polyvalence. Cette version Spyder fait encore mieux le grand écart entre grosse attaque et balade coude à la portière. Mais les plaisirs du grand air ont un prix : comptez près de 14.000 € de plus que le Coupé.

+

Facilité de prise en main

Confort étonnant

Finition de qualité

V10 expressif et très performant 

-

Audi à prix de Ferrari

Manque d’espaces de rangement

Cockpit virtuel parfois compliqué

L’Audi R8 Spyder en quelques chiffres

Moteur : 10 cylindres en V, essence, 5.204cc, 540ch à 7.800tr/min, 540Nm à 6.500tr/min.

Transmission : aux 4 roues

Boîte : robotisée à double embrayage et 7 rapports.

L/l/h (mm) : 4.426/1.940/1.244

Poids à vide (kg) : 1.720

Volume du coffre (l) : 112

Réservoir (l) : 83

0 à 100 km/h (sec) : 3,6

Prix : 180.500 €

Puissance : 540ch

V-max : 318km/h

Conso. mixte : 11,7/100 km

CO2 : 277g/km