ESSAI Citroën C Cactus M : un parfum d’évasion

|

Chez Citroën, on ne se contente pas d’imaginer des concept-cars pour décorer un coin de stand dans un Salon international. On les fait rouler ! Après la C-Airplay, voici la C Cactus M, un prototype qui est plus qu’une allusion à la célèbre Méhari. Essai du côté de Cascais…

On ne peut pas la louper ! Avec sa carrosserie bleue (très) flashy, son intérieur tout aussi spectaculaire (des sièges style paréo dont les motifs sont repris sur le tableau de bord), la  C Cactus M est du genre exhibitionniste. Surtout qu’elle aime parader en version décapotée avec deux surfs fixés aux arceaux de toit. Pas vraiment la voiture idéale pour un agent secret ou un détective, fût-il privé ! A cause de sa silhouette, déjà.  Haute sur pattes, avec un pare-brise incliné à 60° et des roues au diamètre augmenté, elle donne pourtant l’impression d’être plus basse que la C4 qui lui sert de base. Une illusion d’optique. La M est seulement un centimètre moins haute tandis que son empattement est identique. Par ailleurs, elle utilise le capot et les phares de la C4 Cactus.

M comme Méhari

Et puis il y a ce M. Comme Méhari. Avez-vous connu cette icône née en 1968 ? A l’époque, ce véhicule low-cost qui puisait son ADN dans l’iconique 2CV était un véhicule  utilitaire avant de servir aux loisirs. Pratique, la Méhari a rendu bien des services aux paysans du Berry avant d’être le jouet des futurs bobos qui, après avoir lancé des pavés, faisaient des ronds sur la plage.

Ce qui est amusant, c’est que les têtes bien pensantes de Citroën veulent aujourd’hui oublier le côté bête de somme de la Méhari pour mieux mettre en valeur l’aspect fun du proto Cactus M.

Plus drôle encore de constater les constantes allusions à cette lointaine aïeule. Comme quoi, les temps changent chez PSA. A l’époque de la sortie de la DS3, il n’était pas question d’exhiber la voiture de Fantomas pour souligner le lien de parenté (qui n’existe pas, on est bien d’accord) avec la belle citadine. Sans se priver, bien sûr, d’employer ses initiales magiques.

Rien de tout ça avec la Cactus M. D’ailleurs, une splendide Méhari (couleur sable, la plus belle de toutes) nous attendait le jour de l’essai et le photographe ne s’est pas privé de les placer côte à côte façon photo de famille où la grand-mère tient dans ses bras ridés un nouveau-né qui l’est tout autant.

Que constate-t-on outre cette carrosserie ultra légère et cette envie de prendre l’air en roulant ? Que les lignes qui rigidifiaient les panneaux en plastique de la Méhari vont bien avec les fameux «airbumps» qui tapissent les portières de la C4 Cactus. Et puis, il y a ce marchepied fort discret sur la Méhari (à croire qu’il fut imaginé par une Chinoise aux pieds bandés de la dynastie Qing), nettement plus développé sur la Cactus M. Dans les deux cas, il permet à l’utilisateur d’avoir une plus grande mobilité pour placer des objets dans le coffre… ou sauter sur un siège arrière sans ouvrir la portière si on n’a pas la souplesse de Jean-Paul Belmondo à sa grande époque !  Enfin, on note une belle garde au sol de part et d’autre. Pratique pour livrer du fourrage par les chemins du Larzac, et idéal pour se garer au plus près de la plage et sortir ses planches ! Nous y voilà, à cette fameuse raison d’être du proto.

«On a imaginé un scénario et on a dessiné la voiture autour»,  nous raconte un designer double-chevronné. On confirme. La Cactus M joue à fond la cool attitude, le véhicule de loisirs mais pas n’importe quel loisir, le surf. Pas sûr que ça parle à un Jurassien, un Auvergnat, voire même un Breton mais peu importe. Elle a le mérite de permettre aux créatifs de Citroën de s’exprimer. Ce qui est déjà très bien.

Ainsi, l’habitacle est entièrement lavable au jet d’eau : on a même droit à de petits bouchons pour évacuer la flotte dans les caves à pied. La matière des sièges s’inspire du néoprène utilisé dans les combinaisons des surfeurs. Puis il y a cet arceau de toit sur lequel on peut fixer deux planches ou des wakeboards.

On note également un côté aussi fonctionnel que rudimentaire comme les ouvertures de portes à sangle ou encore l’essuie-glace central mono-balai. Par ailleurs, les appuie-têtes (il s’agit d’une 2 + 2 places) rappellent l’univers marin avec leur forme de pare-battage.

Plus fort encore : on peut installer une tente à l’arrière. En quelques minutes, grâce à deux petits gonfleurs situés sous les sièges, elle est opérationnelle. De quoi pouvoir se changer (deux personnes de 1,80 peuvent s’y tenir debout) ou piquer un petit somme (il suffit d’étaler deux sacs de couchage à plat en couchant le hayon arrière) après avoir fumé une cigarette qui fait rire (ça, c’est nous qui le précisons).  

Et en plus, elle roule

Détail non négligeable : la Cactus M roule. Oui, Madame ! L’engin est équipé du moteur essence 110 chevaux  et bénéficie de la boîte automatique. Certes, l’engin est brut de décoffrage. On ne va donc pas s’attarder sur son comportement routier.

Mais au fait, cette voiture verra-t-elle le jour ? Moues dubitatives du côté de nos interlocuteurs. «Euh, on ne sait pas. Quoi qu’il arrive, il restera toujours quelque chose de cet exercice de style », nous dit le designer. Ce que l’on imagine sans peine.

Un détail quand même : dans la version de l’essai, on roule cheveux au vent. La capote existe, placée dans le coffre, mais elle n’a pas encore fait l’objet d’une étude poussée de la part des créatifs de la souris. On admettra d’ailleurs qu’ainsi bâchée, la Cactus M perd beaucoup de son glamour. C’était déjà le cas de la Méhari en son temps.


Quelques chiffres

Dimensions

Longueur : 4,16 m

Largeur : 1 ,77 m

Hauteur : 1,48 m (à confirmer)

Empattement :   2,60 m

Moteur : Pure Tech 111 S&S EAT6 avec boîte automatique de dernière génération.

Consommation : 4,8 l/100km        

Emissions de CO2 : 110 g/km

Pneumatiques Bridgestone Tall & Narrow 19’’