ESSAI Ferrari 488 Spider : pour les plus belles balades

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Si visuellement la Ferrari 488 s'apparente à un face-lift de la 458 Spider, les changements mécaniques sont, eux, nettement plus profonds, le nouveau moteur V8 ayant désormais recours à la suralimentation ! Une rupture significative, qui ne fait qu'exacerber le tempérament bien trempé de l’italienne !

Ferrari et les cabriolets V8, c'est une véritable histoire d'amour, commencée dès 1977 avec la 308 GTS. Depuis, le constructeur de Maranello a toujours compté dans sa gamme un modèle découvrable à moteur huit cylindres : 328, 348, 355, 360, 430, 458 et donc maintenant 488. Et si le coupé est résolument axé «performances», Ferrari préfère positionner son Spider pour «la balade avec votre petite amie» (sic). Une représentation qui semble plaire particulièrement à la clientèle, au point de représenter désormais un petit peu plus de 50% des ventes de la marque sur le segment ! C'est dire si le remplacement de ce modèle est capital.

Fille de l’air

Esthétiquement on l'a dit, cette 488 Spider tient plus du restylage que du nouveau modèle. De la 458, la nouvelle venue conserve le toit en dur rétractable qui se loge en 14 secondes derrière les occupants jusqu'à 45 km/h. Une solution qui n'apporte qu'une cinquantaine de kilos supplémentaires par rapport au coupé 488 GTB, et ne réclame qu'un espace d'une centaine de litres pour se ranger. Cette 488 Spider se distingue toutefois par ses boucliers redessinés, largement aéré à l'avant, mais aussi par des optiques retouchées. Rien de révolutionnaire donc… à première vue du moins.

Mais en y regardant de plus près, on remarque que c'est toute la partie arrière qui a été modifiée, avec un capot moteur redessiné et des ouïes d’aération désormais placées sur les flancs pour favoriser le guidage de l’air. Cette 488 Spider est d'ailleurs annoncée avec une aérodynamique 58% plus efficace que celle du modèle qu'elle remplace !

Driver only

L'habitacle fait honneur à la tradition de Ferrari en sport automobile. Résolument dédié au conducteur, presque spartiate pour le passager, sa présentation se réduit au strict minimum : la console centrale tient en un tableau de réglage de la climatisation tandis que les commandes de lève-vitres et du toit sont placées entre les occupants. Tout le reste se commande depuis le volant : les pouces se chargeront de la mise en route et de la gestion des clignotants (via les boutons qui se trouvent sur la jante du volant), tandis que  l'index et le majeur s'assureront du passage des rapports de la boîte séquentielle F1. C'est d'ailleurs le seul moyen de les commander puisqu'aucun levier n'est présent, remplacé au pied du meuble de bord par trois boutons de sélection : marche avant, marche arrière et «Launch». Enfin, un «manettino» qui n'est pas sans rappeler l'univers de la Formule 1 permet de choisir le mode de fonctionnement de l'auto : de «Wet» pour les conditions d'adhérence précaires à «ESC off» désactivant toutes les aides à la conduite pour les sorties sur circuit. On regrettera en revanche qu'il faille quitter le volant des mains pour paramétrer le dispositif multimédia et l'ordinateur de bord, qui embarque entre autres un indicateur de pression du turbo ainsi qu'un système de télémétrie.

Votre «petite amie» installée dans le baquet passager pourra s'occuper en regardant défiler le paysage, à moins qu’elle ne préfère surveiller les données de conduite (régime moteur, vitesse, rapport engagé) qui s'affichent dans un petit écran face à elle, dans le bandeau du meuble de bord, pour peu que cette option ait été choisie au moment de l'achat. Achat qui demandera de s’acquitter d’un chèque de 234.336 euros au bas mot. 

Assistance respiratoire

A ce prix-là, la 488 Spider dispose d’un tout nouveau V8 3,9 litres bardé d'un double turbo qui remplace le V8 4,5 litres atmosphérique sous le capot arrière. Une technologie qui fait s'envoler la puissance à 670 chevaux soit... 100 de plus qu'auparavant ! Le couple maxi fait quant à lui un bond en avant de quelque 40%, passant de 540 à 760 Nm ! Sa plage d'utilisation se fait aussi copieusement plus large, le rendant désormais disponible dès 3.000 tr/min et de manière quasi constante jusqu'à près de 6.800 tr/min. Les bienfaits de cette disponibilité sont sensibles, et effectuer un dépassement se fait en quelques secondes, sans même avoir à repasser un rapport et quelle que soit la vitesse au moment d'entamer la manœuvre. De même, l'auto bondit comme jamais à la sortie de chaque virage. Quel que soit le rapport engagé ou le régime moteur atteint, la moindre pression sur l’accélérateur a un effet sensible… et instantané ! Car alors que l'on pouvait craindre une perte de la réactivité à l'accélération due au temps de réponse du turbo, il n'en n'est rien ! En optant pour un turbo étagé à double entrée, les ingénieurs sont parvenus à gommer complètement ce temps de latence, réussissant même le tour de force d'améliorer la réponse de l'accélérateur, à 0,8 seconde ! Vous voulez des chiffres ? 3 secondes pour passer de 0 à 100 km/h, 8,7 secondes pour passer de 0 à 200, et une vitesse de pointe de plus de 325 km/h. Excusez du peu !

Au doigt et à l'oeil

Réactivité ! Voilà le meilleur qualificatif qui soit pour cette 488 Spider. Plus que dans aucune autre voiture, la sensation de faire corps avec la machine est sensible, notamment grâce à une direction ultra précise et directe, et à une rigidité parfaite de l'ensemble. Toit en place, cette dernière est d'ailleurs pratiquement égale à celle du coupé, à 5% près. Autant d'attributs qui participent évidemment au plaisir que l'on prend derrière le volant, mais aussi à la confiance que l'auto offre à son conducteur. Très vite, on cède à la tentation d’accélérer fort, très fort même, et de tirer les rapports jusqu'à ce que les diodes intégrées à la partie supérieure du volant ne s'allument, signe qu'il est temps d'engager la vitesse suivante. On comprend qu'il n'est pas nécessaire de freiner plus que de raison à l'approche d'un virage, l'efficacité de la tenue de route et l'absence de roulis permettant des vitesses de passage en courbe fabuleuses. Mais on comprend aussi qu'il ne faut pas se faire trop arrogant au moment de remettre les gaz, le train arrière se montrant assez joueur. L'ESP n'étant pas trop intrusif, il laisse joyeusement l'arrière déborder avant d'intervenir. Le parcours particulièrement sinueux élaboré par la marque pour cette prise en main était donc un terrain de jeu rêvé pour la 488 Spider, s’envolant d’épingles en chicanes et enchainant les changements d’appui avec une instantanéité et une facilité ahurissantes grâce entre autres au contrôle de traction F1 et au Side Slip angle Control (SSC) qui assurent une motricité parfaite. Un tableau que le revêtement routier que nous qualifierons «d'inégal» n'est pas venu entacher. Non seulement l’auto reste étonnamment confortable (en dépit de baquets diablement fermes), mais elle dispose en outre d'un bouton permettant d'adoucir la fermeté des suspensions pour les chaussées déformées, ce qui pourra sans doute être fort utile aux acheteurs de notre pays. Et cela tout en conservant la même précision dans le train avant et la même vivacité dans ses réactions !

Au final, seul le bruit qui s'échappe du moteur nous a quelque peu déçus, alors même que durant la conférence de presse les orateurs nous ont rappelé plusieurs fois avoir porté une attention particulière à ce point précis. Ce n'est pas que ce moteur manque de voix, mais son rendu a un aspect trop «artificiel» et nous a semblé manquer de charisme, de finesse à bas et moyens régimes. Il fallait bien qu’on trouve un petit défaut à cette voiture ! 


Conclusion

Diable que cette Ferrari 488 Spider est séduisante ! Son fabuleux moteur turbocompressé est parfaitement secondé par un châssis pointu et tranchant qui en fait un des cabriolets les plus efficaces du marché. Un des plus désirables aussi ! Chérie, on repart en balade !?

 

La Ferrari 488 Spider en quelques chiffres

Moteur : V8 turbo essence, 3.902cc, 670ch à 8.000tr/min, 760Nm à 3.000tr/min.

Transmission : aux roues arrière.

Boîte : automatique double embrayage, à 7 rapports.

L/l/h (mm) : 4.568/1.952/1.211

Poids à vide (kg) : 1.420

Volume du coffre (l) : 230

Réservoir (l) : 78

0 à 100km/h (sec) : 3


Points positifs

Performances encore en hausse

Disponibilité de la puissance et du couple

Aucune latence à la réponse du turbo

Précision et instantanéité de la direction

Comportement bluffant

Points négatifs

Bruit du moteur plus artificiel et moins flatteur

Prix, évidemment

Prix : 234.336 € TVAC

Puissance : 670 ch

V-max : 325 km/h

Conso. mixte : 11,4 l/100km

CO2 : 260 g/km