ESSAI Polaris Slingshot : Un plaisir à partager !

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Connu pour ses nombreux véhicules tout-terrain de qualité tel que le Razor (RZR), Polaris se lance à la conquête de la route avec cet engin à trois roues pour le moins singulier, le Slingshot.

Deux roues à l’avant et une à l’arrière, le rapprochement avec le Can-Am Spider de chez BRP s'impose. Cependant, à part la disposition des roues, ces deux bolides n’ont pas grand-chose en commun. En effet, alors que le Can-Am se pilote comme une moto (ou presque), le Polaris offre une configuration plus traditionnelle. Deux sièges côte à côte, trois pédales, un levier de vitesse et un volant, le Slingshot est comme une voiture, le fun en plus... Le port du casque n’y est d'ailleurs pas obligatoire, de quoi profiter pleinement du grand air !

Un look qui ne passe pas inaperçu

Bien qu’il soit difficile de définir le style du Slingshot, une chose est sûre : il ne passe pas inaperçu. L’enthousiasme que manifestent les badauds sur son passage en témoigne. Des photos, saluts et autres sourires m’ont donné le sentiment d’être la star de cette journée d’essai dans le sud de l’Espagne.

La version de base n’étant commercialisée qu’aux USA, l’Europe devra se contenter de la finition haut de gamme. De couleur rouge, notre Slingshot du jour dispose d’un équipement complet. L’intérieur, entièrement étanche, est composé d’une console centrale avec un écran LCD bluetooth intégré, de 6 enceintes diffusant un son de bonne qualité ainsi que d’un tableau de bord combinant compteurs analogiques et informations digitales, comme température ou consommation. Le nouveau-né de chez Polaris est également équipé d’une caméra de recul ainsi que d’un régulateur de vitesse présent sur le commodo des clignotants. Ce dernier est positionné un peu loin, ce qui oblige à lâcher le volant pour l’actionner ; étrange...

Un caractère joueur

Avec un système de traction parfaitement réglé, le Slingshot peut se montrer particulièrement joueur. Propulsé par un bloc moteur de chez Général Motors, le tricycle ne manque pas de dynamisme. Le 4-cylindres en ligne de 2 384 cc développe pas moins de 173 chevaux à 6200 tr/mn pour une masse de 779 kg. Un rapport poids puissance plus que convenable, convenons-en. La transmission est assurée par une courroie renforcée en fibre de carbone ainsi que par une boîte manuelle à 5 rapports. Celle-ci bien étagée, est particulièrement précise et permet d’exploiter pleinement la puissance dans chaque rapport.

La 5e se montre néanmoins un peu molle et manque cruellement de punch. Mais, on ne passera ce dernier rapport que sur autoroute pour économiser le carburant. Pas trop grave donc. La liaison avec le bitume se fait via des gommes Kenda dont l’imposant pneu arrière de 255/35 R20 procure un maximum d’adhérence. C’est également grâce à lui que de légères dérives dans les virages, à l’origine de sensations uniques, sont rendues possibles. Notez que quelques kilomètres sont nécessaires pour bien assimiler le gabarit plutôt imposant de la bête.

Avec une largeur de 1.971mm, les dimensions du Polaris ont été optimisées pour un maximum de confort et de stabilité. à titre de comparaison, une Audi A6 mesure 1.874mm de large, soit près de 10 centimètres de moins. Une fois familiarisé avec les mensurations de l’engin, nous sommes fins prêts pour nous lancer à la conquête des routes sinueuses de Malaga.

Le matin sous le soleil du Sud et l’après-midi sous la pluie, de quoi confronter ce petit bijou à la réalité. Eh bien sachez d'emblée que, quelles que soient les conditions, la conduite est toujours aussi plaisante. à ma grande surprise, tant que le tricycle est en mouvement, les gouttes d’eau ne font que passer. Le petit pare-brise remplit bien son rôle tout en laissant un sentiment de liberté au pilote et à son passager éventuel. Seul bémol peut-être, le contrôle de traction, qui se montrait tellement amusant par temps sec, nécessite beaucoup plus de délicatesse sur route humide. Un mode pluie serait peut-être un bon compromis pour l’avenir.

Polyvalent

Là où une moto peut montrer ses limites de par sa conception, le roadster de chez Polaris se montre plus polyvalent. Une profonde boîte à gant munie d’un port USB ainsi que deux coffres, présents derrière les sièges, permettent une capacité d’emport relativement importante. En plus d’avoir un côté sportif et amusant, la disposition des sièges autorise le conducteur à partager ce plaisir avec d’autres. Complètement ouvert, dépourvu de portières, et au ras du sol, le Slingshot a l’avantage de procurer des sensations incomparables en se montrant plus convivial. Même s’il est typé sport, les bonnes suspensions remplissent parfaitement leur rôle et garantissent un confort optimal.

Si envisager une balade à moto avec Grand'Ma ne me traverserait pas l’esprit, une virée en Slingshot ne saurait lui déplaire ; qu'on se le dise ! Homologué comme tricycle L5e, le Slingshot entre dans la même catégorie qu’un Peugeot Métropolis par exemple. Un simple permis B suffit donc pour en prendre le contrôle.

Bien joué

C’est un coup de maître que Polaris vient de réaliser avec le lancement de ce bolide taillé pour la route. Différent des standards actuels, le Slingshot est un bon compromis entre la moto et la voiture. Sensations garanties ! Et comme tous les produits un peu particuliers, l'engin se démarque aussi des autres par un prix de vente de... 29.990€. Eh oui, la différence se paye cash...

 

Le Polaris Slingshot en quelques chiffres :

Cadre : tubulaire

Poids à sec : 755 kg

Réservoir essence : 37 litres

Moteur : 4-cylindres en ligne, double ACT

Puissance maxi : 173 cv à 6200 tr/mn

Couple : 225 nm à 4700 tr/mn

 

+          Look unique

            Précision de conduite

            Côté joueur

            Port du casque non obligatoire

            Côté convivial

          Cinquième rapport un peu mou

            Levier de clignotants éloigné du volant