ESSAI Range Rover Evoque Cabriolet: toute résistance est inutile!

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En 2012, Land Rover présentait sous forme de concept une idée à priori saugrenue : celle du SUV décapotable. Le Range Evoque Cabrio est aujourd'hui une réalité. Et réflexion faite…

L’idée du 4x4 à ciel ouvert n'est en fait pas neuve du tout puisqu'à la fin des années 40, Willys proposait déjà une version découvrable et un peu plus bourgeoise de la Jeep, nommée Jeepster. Puis, au fil des décennies, combien de tout-terrain "soft- top", tels les Suzuki Samouraï ou Vitara, Mitsubishi Pajero, Toyota Land Cruiser, Jeep Wrangler ou Renegade, Mercedes Classe G et encore, puisque c'est d'eux que nous parlons aujourd'hui, Land Rover Defender ou Freelander? Beaucoup, donc.

Cabrio moderne

Le truc, c'est qu'à l'exception du Jeepster, ces 4x4 décapotables étaient invariablement pourvus de leur montant central, condition sine qua non d'une rigidité structurelle suffisante pour le travail hors-piste, et pour un comportement routier acceptable. Autre point commun : il fallait pour les décapoter passer plusieurs minutes à défaire des boutons pressions, à enrouler la toile, etc. Le SUV façon cabrio moderne, que l'on ouvre électriquement et qui, une fois découvert, ne présente pas d'arceau, ça oui, c'était une idée nouvelle en 2012, mais pas une idée de Land Rover.

Le concept Evoque Cabrio était donc d'autant plus saugrenu que Nissan avait concrétisé l'idée un an plus tôt avec le Murano CrossCabriolet, qui avait été littéralement atomisé – et à très juste titre  - par la critique. D'ailleurs, Nissan avait jeté l'éponge après seulement 3 ans et quelque 5.000 exemplaires péniblement écoulés. Bref, l'idée du SUV Cabrio sentait furieusement le pâté, mais au-moins l'Evoque Cabrio, fut-il concept, avait un sérieux atout par rapport au Murano : il était gravement sexy. C'était déjà ça… Entretemps, l'Evoque a gagné ses galons de carton commercial et ça aussi, ça change la donne ! 

Rigidité

Très joliment dessiné, membre d'une famille à succès, l'Evoque Convertible mettait donc déjà quelques chances de son côté, restait à savoir s'il allait confirmer sur le plan technique. La grande inconnue était la suivante : dans quelles proportions allait-il perdre en rigidité ? Car il était là - et non dans son look polémique -, le problème majeur du Murano. Sa mollesse structurelle était telle qu'il était aussi calamiteux sur la route qu'inconfortable, et un journaliste avait écrit un jour qu'il s'attendait à chaque instant à voir le pare-brise sortir de son cadre. Manifestement, les ingénieurs Land Rover se sont montrés bien plus rigoureux et n'ont pas lésiné sur les renforts structurels supplémentaires.

Du coup, entre renforts et mécanisme de la capote, l'Evoque Convertible est quelque 200 kg plus lourd qu'un Evoque Coupé et frise maintenant les 2 tonnes. Et quid de la perte de rigidité ? Disons qu'il faut des instruments de très haute précision pour la mesurer. Au volant, on n'en ressent pas la moindre trace et mieux encore, lorsque le véhicule est dans la position illustrée dans ces pages, avec une "papatte" arrière dans les airs, on peut encore sans problème ouvrir les portières ou le coffre, et aussi décapoter/recapoter. ça, c'est ce qu'on appelle de la rigidité !

Sportif

Maintenant, vérifions sur la route. En conduite "couteau entre les dents", le comportement de l'Evoque Convertible est d'une très grande rigueur, au point de donner envie d'y aller encore plus fort, chose rare dans un SUV qui est en général pour nous l'antithèse de la conduite dynamique. Certes, on ressent légèrement le poids supplémentaire lors de relances mais ça reste anecdotique, le 2.0 diesel – disponible en 150 ou 180 chevaux – gérant très bien ce surpoids. La boîte aussi, d'ailleurs. Cette boîte automatique 9 rapports pourtant, elle a le don de nous irriter par son indécision chronique. "Je mets la 3. Ah non, la 4. Ou bien la 2 ? Ah non, finalement la 3. Ou la… " Grrr. Eh bien ici, soit on a peaufiné ses réglages, soit elle préfère une voiture plus lourde. Quoi qu'il en soit, nous n'avons pas été dérangés.

En résumé, nous avons attaqué tout au long des 200 km de routes alpines qui composaient notre itinéraire et pas une seconde nous n'avons trouvé l'Evoque Convertible hors sujet. C'est pour des moments comme celui-là que nous faisons ce métier !

Vraiment 4 saisons

De nos jours, chaque fois qu'on nous présente un nouveau cabrio, on nous dit que grâce à sa capote multicouche garantissant une isolation phonique et thermique parfaite, il est utilisable en toutes saisons. Et c'est en général vrai. Parfois même, ce cabrio est doté de 4 roues motrices qui le rendent effectivement très sécurisant en conditions hivernales. On pense à Audi et ses Quattro par exemple. Mais question transmission 4x4, que l'Evoque Cabrio reçoit en série, difficile de faire mieux qu'un Land Rover. Démonstration est faite à Courchevel, Courch' pour les intimes, alias le Saint-Trop' des montagnes, où nous était judicieusement présenté l'Evoque Convertible, puisque la concentration au m² de Range en tous genres dans la célèbre station est telle qu'il semble être à la maison. Et en effet, les conditions hivernales ne lui font pas peur. Nous sommes ici bien au-delà de l'épreuve de l'allée de garage verglacée. Car le véhicule dispose évidemment en série du Terrain Response, et les versions diesel 180ch et essence peuvent recevoir en option le All-Terrain Progress Control. Grâce à cela et à de bons pneus hiver, nous avons pu remonter des pistes de ski couvertes de neige molle sous une épaisse couche de poudreuse. On est d'accord : ce n'est pas quelque chose que vous ferez tous les jours et à vrai dire, on sait que les Evoque de ce monde voient rarement autre chose que l'asphalte. N'empêche, l'épreuve est révélatrice !

Enfin, Land Rover entend encore une dernière chose par "cabriolet toute saison". Il ne s'agit pas seulement de le conduire 365 jours par an, mais aussi de décapoter au moindre rayon de soleil, même par températures… négatives ! Là encore, d'autres cabrios prétendent en faire autant, notamment grâce à un petit souffle d'air chaud dans la nuque. L'idée est belle mais pas toujours efficace. Dans l'Evoque Convertible, nous pouvons vous dire que vitres relevées et filet anti-remous placé par-dessus les sièges arrière, la maîtrise des perturbations aérodynamiques est absolument remarquable. Chauffage sur 25° et avec éventuellement une petite écharpe, en pleine montagne par -5° ou sur autoroute par 10°, jamais froid !


Conclusion

Tous comptes faits, un SUV cabrio n'est pas une idée saugrenue, en tout cas quand la réalisation est rigoureuse. L'Evoque a cette rigueur qui manquait au Murano et grâce à cela, il convainc les plus dubitatifs. Bien joué !


L’Evoque Cabrio TD4 150 en quelques chiffres

Moteur : 4 cylindres turbo diesel, 1.998cc; 150ch à 4.000tr/min; 380Nm à 1.750tr/min.

Transmission : aux 4 roues.

Boîte : auto 9 rapports.

L/l/h (mm) : 4.990/1.980/1.609

Poids à vide (kg): 1.967

Volume du coffre (l) : 251

Réservoir (l) : 54

0 à 100 km/h (sec.) : 12



Points positifs

Look imparable

Rigidité préservée

Comportement routier rigoureux

Excellente maîtrise des remous

Vraies capacités tout-terrain


Points négatifs

Poids conséquent (bien que pas handicapant)

Facture salée

Coffre réduit


Les autres motorisations

TD4 180 : 180ch, 5,7l/100km, 195km/h, 55.400 euros TVAC.

Si4 : 240ch, 8,6l/100km, 209km/h, 56.400 euros TVAC.


Prix : 52.500 € TVAC

Puissance : 150 ch

V-max : 180 km/h

Conso. mixte : 5,7 l/100km

CO2 : 149 g/km