ESSAI Toyota Rav4 Hybrid : E-cool-ogique

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On se demandait pourquoi Toyota ne l'avait pas fait plutôt mais là, ça y est : à l'occasion du face lift de la génération née en 2013, le Rav4 reçoit pour la première fois une mécanique hybride.
Le mot-clé de cet essai ? "Cool" !

C’est donc à l'âge de 20 ans que le SUV compact de Toyota, l'un des grands succès de la marque, rencontre l'hybridation, cheval de bataille du même constructeur. Et cette rencontre est supposée faire des étincelle, puisque le Rav4 Hybrid devrait représenter 50% des ventes du modèle chez nous – et quelque 60% dans le monde – ne laissant au diesel qu'un peu plus de 30% du gâteau.

Caractère

Mais commençons par le commencement : un face lift qui en est vraiment un. La face avant est en effet complètement transformée et le Rav4 y gagne beaucoup en caractère, en présence sur la route. Pour nous, il est même carrément cool (et de un).

à bord, aucun changement esthétique majeur mais Toyota a revu complètement sa copie en matière… de matières. Grâce à de nouveaux plastiques, la qualité perçue est en net progrès et ce qui joue aussi énormément sur le sentiment de qualité est une amélioration notable de l'insonorisation. Là, vraiment, chapeau ! Certains disent même que c'est mieux que dans une Lexus NX.

Au rayon des nouveautés importantes, citons encore le fait que le Rav4 puisse désormais recevoir le pack de sécurité Toyota Safety Sense dans sa version la plus complète (reconnaissance des panneaux routiers, freinage automatique d'urgence, surveillance d'angle mort et de changement involontaire de bande), ici enrichi de deux nouveautés  : la reconnaissance des piétons et le cruise control à radar. On peut aussi équiper le véhicule de quatre caméras donnant à l'écran du système Toyota Touch 2 une vision à 360°, et même une vision 3D. Les petites rayures deviennent donc injustifiables. Enfin, le Rav4 reçoit aussi une nouvelle motorisation diesel 2 litres 143ch d'origine BMW, mais là n'est pas le sujet du jour.

Typé confort

Sous le capot – et un peu partout – on trouve le même ensemble hybride que dans le cousin Lexus NX, à savoir un moteur essence 4 cylindres de 2,5 litres, associé à un moteur électrique, voire deux (un sur chaque pont) dans le cas de la version à quatre roues motrices e-AWD. Une mécanique qui nous permet d'à nouveau pointer du doigt l'absurdité de la fiscalité automobile en Wallonie et à Bruxelles, puisqu'en dépit d'émissions de CO2 homologuées à 115 g/km (117 pour la 4x4), les taxes vont faire assez mal pour cause de "grosse" cylindrée.

Le système libère au total 197 chevaux et jusqu'à 270 Nm et, officiellement, consomme en moyenne 4,9l/100km,
5 litres pour la version 4x4. La bonne
nouvelle, c'est que la réalité peut être très proche de la version officielle. Au terme d'un essai d'une centaine de kilomètres sur un parcours assez varié, l'ordinateur de bord de notre version 4x2 affichait 5,6l/100km. Vraiment, pour un SUV accusant 1,6 tonne sur la balance, ce n'est pas mal du tout ! Mais… Pour y arriver, il faut être très, très… cool (et de deux) : conduire en utilisant tout son sens de l'anticipation, bien connaître et bien utiliser le système hybride et, sur autoroute, caler le cruise control à 110 km/h. ça semble être beaucoup d'efforts mais la récompense est au bout.

Cool (et de trois), de toute façon, le Rav4 Hybrid vous incite à l'être. Premièrement parce que l'amortissement est l'un des plus souples qu'on ait vu ces dernières années. ça se traduit, entre autres, par un train avant qui montre facilement ses limites lorsqu'on "attaque" un virage plutôt que de le "négocier". Sans prendre des proportions dangereuses, le sous-virage intervient assez vite – plus encore dans la version 4x2 dont les roues arrière ne poussent pas et ne tempèrent pas ce sous-virage – et s'accompagne d'un roulis que les conducteurs sportifs n'apprécient guère. Les mouvements de caisse sont aussi assez prononcés lors des freinages agressifs.

Enfin, qui dit conduite sportive, dit grosses accélérations. Oui, Toyota a travaillé à réduire la sonorité lancinante typique de ses hybrides et le régime moteur est, en accélération, un peu plus en rapport avec l'accroissement de vitesse ressenti. Et nous l'avons dit plus haut, la voiture est remarquablement insonorisée. Mais ce n'est toujours pas follement agréable à l'oreille. Donc, en gros, le message adressé par le Rav4 Hybrid est clair  : "Si tu cherches du dynamisme, y a erreur de casting. Avec moi, c'est cool Raoul !" Un conseil qu'on aurait tort de ne pas écouter, car le Rav4 se montre alors d'un excellent confort, que ce soit d'amortissement ou sonore. Et du coup, au volant, on se sent… cool (ça fait cinq).



Conclusion

Si on n'est pas fermement décidé à adopter un style de conduite ad-hoc, le Rav4 Hybrid peut être une grosse déception. Dans le cas contraire, ce beau SUV familial sera une grande source de satisfaction physique et économique. Analysez-vous bien avant l'achat !



Le Rav4 Hybrid en quelques chiffres

Moteur : 4 cylindres essence + moteur(s) électrique(s), 2.494cc; 197ch à 5.700tr/min; 270Nm de 4.400 à 4.800tr/min.

Transmission : aux roues avant (e-AWD: 4x4).

Boîte : auto CVT.

L/l/h (mm) : 4.605/1.845/1.675

Poids à vide (kg): 1.625

Volume du coffre (l) : 501 – 1.633

Réservoir (l) : 60

0 à 100 km/h (sec.) : 8,3




Points positifs

Face-lift réussi

Qualité en progrès

Insonorisation très soignée

Confort général

Potentiel économique convaincant

Points négatifs

Comportement routier peu rigoureux

Prise de roulis

Sonorité mécanique encore perfectible

Consos autoroutières moyennes



Prix : 34.990 € TVAC

Puissance : 197 ch

V-max : 185 km/h

Conso. mixte : 4,9 l/100km

CO2 : 115 g/km