ESSAI Volvo V60 Cross Country : Bain de boue avec style

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"Encore un break chaussé de bottes !", pensez-vous ? Oui, mais pas n'importe lequel, un break tout-chemin de la marque qui a lancé cette mode et sait parfaitement comment allier style, confort et côté campagnard…

Juste encore une précision avant d'aller plus loin : c'est en effet Volvo, avec les V70 Cross Country puis XC70, qui a popularisé le break 4x4 tout chemin, deux ans avant qu'apparaisse la première Audi A6 Allroad. Mais rendons à César ce qui est à César, les premiers breaks nés comme tels, non comme un engin tirant déjà vers le SUV ou le van, dotés d'une garde au sol plus généreuse et de 4 roues motrices étaient signés Subaru, au début des années 70 déjà. Fermons la parenthèse.

Discrète

Comme c'est le cas depuis les premières V70 à subir le traitement « gentleman farmer », la V60 Cross Country affiche une présentation plutôt discrète. On ne passe évidemment pas à côté des protections noires des ailes, ni des renforts couleur argent des bas de caisses et bas de boucliers, mais l'intégration au design général est parfaite. Et finalement, ce qui saute vraiment aux yeux, c'est le fait que la voiture soit perchée 6,5 cm plus haut que les autres V60. Il faut souligner aussi que par rapport à ses quelques rivales, telles les Audi A4 Allroad, VW Passat Alltrack ou
Peugeot 508 RXH, la Volvo bénéficie de ce qu'est la V60, c’est-à-dire les lignes parmi les plus dynamiques du genre, avec celles de l'Opel Insignia Country Tourer. Associées au côté champêtre de la voiture, ça crée un contraste intéressant.

à l'intérieur, absolument rien qui permette de distinguer la Cross Country, d'autant que cette dernière est disponible en n'importe quel niveau de finition, quand d'autres breaks tout-chemin ne sont souvent proposés que dans les finitions les plus onéreuses. On se trouve donc dans une ambiance typiquement Volvo, à base de design épuré à la scandinave et de commandes à l'ergonomie quasi irréprochable. La qualité de finition est des matériaux sont par ailleurs à la hauteur des ambitions premiums de la marque. Bref, tout est en place pour qu'on se sente en confiance de longues années durant. 

Le plumage sans le ramage

Il y a juste un petit hic bien dans l'air du temps (même les SUV ne sont plus désormais forcément dotés d'une transmission intégrale) : comme le XC60, la V60 Cross Country existe en simple traction. C'est même l'unique possibilité offerte si l'on choisit le moteur diesel de base D3 150ch ou le D4 190ch, deux déclinaisons du même bloc 2 litres. Il se trouve en fait que la transmission intégrale n'est pas (encore ?) compatible avec ce moteur relativement nouveau. La version D4 AWD cache en fait sous le capot le bon vieux 5 cylindres 2.4, que le fisc apprécierait beaucoup vous voir choisir. Avec le 2.0, on peut par contre opter soit pour une boîte manuelle 6, soit
pour l'excellente boîte auto
8 rapports, qui équipait notre modèle d'essai. Parlons de cet ensemble D3 + boîte auto d'abord. Un beau mariage que celui-là ! Le moteur est généreux, souple, bien encapsulé et a le souffle à haut régime du 2 litres qu'il est. Tout de même plus "sérieux" qu'un 1.6 ! La boîte, de son côté, permet de l'exploiter pleinement à n'importe quelle allure et les passages de rapports sont (presque toujours) d'une douceur qui ne fait qu'ajouter au confort.

Le confort, c'est la qualité principale de la V60 Cross Country, du moins dans la version essayée. Car, en raison de l'absence de transmission intégrale, les suspensions surélevées ne servent pas à enjamber quelques obstacles, leur débattement augmenté et le tarage souple (mais pas trop) des amortisseurs jouent le rôle d'un videur de boîte de nuit  : "Vous, le méchant trou dans l'asphalte, vous restez dehors !". Du beau travail.

Quant aux conducteurs les plus enthousiastes, ils n'auront pas à se priver d'une petite séance plus sportive de temps à autre. Moteur et boîte (qui présente un mode manuel, mais sans palettes au volant) répondront banco. Le châssis, lui, ne les enverra pas paître et maîtrisera joliment son roulis. Même si rouler fort dans une voiture quelque peu haut perchée, c'est une question de goût, mais ce n'est pas le mien.


Conclusion

Dans la catégorie des breaks "bottines et chemise à carreaux", il y a ceux qui n'ont pas peur de se salir, et il y a les autres. Cette version de la V60 Cross Country, c'est plutôt les autres. Mais quand on aime ce look, pourquoi s’en priver ?



La V60 Cross Country D3 en quelques chiffres

Moteur : 4 cylindres turbo diesel, 1.969cc; 150ch à 4.250tr/min; 350Nm de 1.500 à 2.500tr/min.

Transmission : aux roues avant.

Boîte : auto 8 rapports.

L/l/h (mm) : 4.638/2.097/1.545

Poids à vide (kg): 1.741

Volume du coffre (l) : 430 – 1.241

Réservoir (l) : 67,5

0 à 100 km/h (sec.) : 9,1



Points positifs

Esthétique élégante

Ensemble moteur-boîte

Agrément

Qualité

Points négatifs

Pas vraiment tout-chemin

Pas de palettes au volant



Les autres motorisations

D3 Man : 150ch, 4,2l/100km, 205km/h, 38.847 euros TVAC.

D4 Man : 190ch, 4,2l/100km, 210km/h, 38.140 euros TVAC.

D4 Auto : 190ch, 4,2l/100km, 210km/h, 40.380 euros TVAC.

D4 Auto AWD : 190ch, 5,7l/100km, 205km/h, 42.780 euros TVAC.


Prix : 37.230 € TVAC

Puissance : 150 ch

V-max : 205 km/h

Conso. mixte : 4,6 l/100km

CO2 : 120 g/km