TEST Mercedes Classe S Cabrio: la patronne enlève le haut!

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Depuis l'arrêt de la légendaire 280 SE en 1971, il n'y avait plus eu chez Mercedes de cabrio très haut de gamme. Ces 45 ans d'attente sont aujourd'hui récompensés avec l'arrivée de la Classe S Cabrio. La reine est désormais topless !

Ceci n'est pas une bonne nouvelle pour tout le monde. Car si on excepte Rolls-Royce qui est encore une catégorie au-dessus, Bentley avait le champ libre depuis la fin de la 280 SE, étant la seule marque à proposer des cabrios de très haut standing. Pas sûr donc qu'à Crewe, ils vouent la même admiration que nous à cette sublime automobile

Du vent, si je veux

Car comment ne pas admirer cette Classe S Coupé ayant perdu son toit au profit d'une élégante capote de toile, composée évidemment d'une multitude de couches ? Déjà, ce joli toit souple n'enlève rien au charme de la voiture. Même fermée, la Classe S Cabrio est d'une absolue majesté et quel que soit l'angle sous laquelle on la regarde, elle vous pénètre de son intense pouvoir de séduction. La capote garantit par ailleurs le niveau de confort que l'on est en droit d'attendre d'une Mercedes, a fortiori de ce rang. L'isolation thermique est évidemment parfaite mais ce qui impressionne le plus est l'isolation phonique. Même à vitesses autoroutières pas franchement légales – du moins pas autour de Nice – on ne perçoit pas le moindre bruit aérodynamique parasite, pas plus en tout cas que dans un Coupé. Remarquable !

Bien sûr, la raison d'être d'un cabrio est de tomber le haut et lorsqu'on décapote pour recevoir les caresses du soleil, celui-ci peut enfin admirer le nid douillet qu'est l'habitacle, archétype du luxe et de la technologie façon Mercedes. Et à vous de voir si en même temps que le soleil, vous voulez inviter le vent à bord. Si ce n'est pas le cas, pressez le bouton qui actionne le pare-vent situé derrière les places postérieures, et l'Aircap, ce déflecteur placé au sommet du pare-brise, inauguré par la Classe E Cabrio. Remontez ensuite les vitres, et vous et vos trois passagers seront alors préservés des remous aérodynamiques, cela jusqu'à une allure relativement élevée. C'est donc très efficace, mais on peut regretter que l'Aircap défigure un peu la ligne de la S Cabrio, encore plus divine lorsqu'elle se découvre…

Pas comme la S Coupé

Très haut de gamme ne sont pas ici des vains mots, puisque Mercedes ne proposera que trois motorisations superlatives. Déjà disponibles, la S500 à moteur V8 bi-turbo 4.6 de 455 chevaux et la 63 AMG à V8 bi-turbo 5.5l 585ch. Plus tard arrivera la démentielle 65 AMG et son V12 6 litres 630ch. Et là, on commence à se poser des questions…

Plus un cabrio est long et imposant, plus il est difficile de lui assurer une rigidité structurelle satisfaisante. Dans le cas présent, aucune crainte à avoir quant au confort mais pour ce qui est du comportement routier… Il ne nous faudra que quelques kilomètres à petit rythme pour constater qu'en effet, ce cabrio de 5 mètres lutte difficilement contre la torsion. Non que le châssis "cisaille" de façon gênante, mais on le sent légèrement travailler. On se rappelle alors que lorsque nous avons découvert la Classe S Coupé, nous avions trouvé la S500 Coupé finalement plus convaincante que la 63 AMG, car déjà largement assez performante et plus exploitable. Et nous pensions que dans ce cabrio moins rigide, la surpuissance de l'AMG serait encore plus "gaspillée". C'était oublier un détail.

Ce détail n'est ni le tarage de suspension de l'AMG forcément plus sportif, ni ses gros pneus mordants. Le détail est une transmission intégrale nommée 4Matic, qui fait toute la différence. Car alors que dans la S500, la légère perte de rigidité du cabrio occasionne en sortie de virage des pertes de motricité évidentes du train arrière qui est seul à pousser, les quatre roues motrices de l'AMG gèrent à merveille les 585 chevaux et 900 Nm. Sauf sol très gras ou relance de bourrin en fin d'épingle, jamais la moindre perte de motricité, jamais une trace de sous-virage. La S Cabrio 63 AMG met donc très vite le conducteur en confiance, qui oublie le poids et les dimensions pour se catapulter de virage en virage avec une agilité inattendue dans une voiture de ce gabarit. Il n'y a en fait qu'en freinage appuyé qu'on se rappelle que 2,2 tonnes, ce n'est pas rien. Attention, ça freine, bien sûr. Mais un peu plus de ressenti dans la pédale serait le bienvenu. Quoi qu'il en soit, si dans le cas du Coupé la version AMG sera pour ceux qui achètent le plus puissant et le plus cher par principe, dans le cas de la S Cabrio, c'est vraiment l'AMG qui brille par son homogénéité et procure le plus de plaisir. Du moins si on est parfois d'humeur sportive et qu'on connaît un propriétaire de Bentley Continental GTC W12 à qui on montrerait bien qu'il aurait pu économiser 20.000 euros !


Conclusion 

La Classe S était déjà la patronne des limousines de standing, sa sœur exhibitionniste est maintenant celle des cabrios grand luxe. C'est le moment de solder vos comptes au Panama…



L’AMG 63 S Cabrio en quelques chiffres

Moteur : V8 bi-turbo, 5.461cc; 585ch à 5.500tr/min; 900Nm de 2.350 à 3.750tr/min.

Transmission : aux 4 roues.

Boîte : auto 7 rapports.

L/l/h (mm) : 5.044/1.913/1.428

Poids à vide (kg): 2.185

Volume du coffre (l) : 250-350

Réservoir (l) : 80

0 à 100 km/h (sec.) :3,9



Points positifs

Aussi belle ouverte que fermée

Luxe et confort de Classe S

Isolation phonique

Maîtrise des remous aérodynamiques

Comportement routier bluffant (AMG) 

Points négatifs

Rigidité/motricité (S500)

Freinage pas assez mordant

Aircap disgracieux


Les autres motorisations

S500 : 455ch, 8,5l/100km, 250km/h, 144.232 euros TVAC.

65 AMG : 630ch, 12l/100km, 250km/h, Prix NC



Prix : 193.358 € TVAC

Puissance : 585 ch

V-max : 250 km/h

Conso. mixte : 10,4 l/100km

CO2 : 244 g/km