ESSAI BMW C Evolution Long Range: électriquement vôtre

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A coté des scooters thermiques C650 Sport et GT, BMW propose depuis 2014 un modèle électrique baptisé C Evolution qui se double cette année d’une version Long Range.

BMW Group développe depuis de nombreuses années des véhicules électriques à l’image de la BMW i3. Cette dernière utilise une nouvelle génération de batterie qui aujourd’hui profite également au scooter C Evolution. Si la première version proposée au public en 2014 était limitée à 100 km d’autonomie, notre « Long Range » porte maintenant celle-ci à 150 km. L’acheteur potentiel, sensible au bien de notre planète, a donc dorénavant le choix entre la version Europe (équivalent 125cc thermique accessible au permis A1 avec 15 ch) et la Long Range plus puissante (26 ch) et surtout plus autonome (+50 km).

Appréhension

Je vous avoue que mon expérience de l’électrique sur deux roues est inexistante. Et c’est avec une certaine appréhension que je réceptionne le scooter C Evolution Long Range au siège BMW à Bornem. Il me faut ensuite parcourir les 110 kilomètres qui me séparent de mon domicile. De l’autoroute uniquement en passant par le ring extérieur de la capitale, ce n’est pas vraiment le terrain de jeu idéal pour ce scooter avant tout urbain. Car comme pour une voiture hybride, le C Evolution dispose d’un système de recharge au freinage (couple d’inertie). Ce qui contribue grandement au potentiel « autonomique » du scooter. Je me réjouis donc (un comble !) des quelques bouchons rencontrés sur le ring qui autorisent une petite recharge des cellules. Et puis j’ai aussi un plan B, un arrêt gastronomique sur le chemin du retour. Je viens de parcourir 85 km et le magnifique écran coloré TFT m’indique encore 30% d’autonomie, pas mal.

Mode et caractère

Le temps du souper je vais recharger les batteries. Un jeu d’enfant car il suffit de brancher le câble d’alimentation stationné dans le petit coffre sous la selle. Une prise « domestique » 220 V avec mise à la terre suffit, et le tour est joué. En moins de 4 heures et dans un léger bruit de ventilation, l’affaire est dans le sac. C’est donc rechargé à bloc que je reprends la route. Le C Evolution dispose de 4 modes de conduite. Par prudence, j’avais opté jusque-là pour le mode Eco Pro, le plus économique, synonyme de soporifique. Maintenant qu’il me reste à peine 25 km pour rentrer à la maison, je passe en mode Road. La différence est flagrante avec des accélérations musclées, le C Evolution se transforme radicalement. Par contre l’éclairage nocturne n’est pas génial sur les petites routes de campagne mal éclairées. Finalement je passe en mode Dynamic qui porte réellement bien son nom. Le scoot BM devient démoniaque, un missile sur deux roues.

Comprendre c’est apprendre

Par contre ça « bouffe » du courant, cette petite plaisanterie. J’aurai pratiquement mangé la moitié de l’autonomie sur cette courte distance parcourue « dynamiquement ». Va falloir se la jouer serré durant la petite semaine que nous allons passer ensemble. Le lendemain, j’étudie et décortique minutieusement les infos techniques ainsi que la lecture de l’écran TFT. Important car celui-ci me permet de comprendre un peu mieux ce que consomme, et surtout recharge, chaque mode de conduite. Au centre de cet écran, deux barrettes segmentées avec à gauche la capacité de recharge et à droite la puissance utilisée. L’autonomie restante est exprimée en % ainsi qu’en kilomètre. D’autres infos (vitesse, heure, odomètre, trips partiel) sont idéalement représentées. Par contre, une série d’indications électriques me font perdre mon latin, je passe la main. Enfin, la partie supérieure de ce tableau de bord du futur est complétée par quelques témoins lumineux d’alerte et de diodes en tous genres.

A vous de choisir

Voyons si j’ai bien compris, le mode Road donne pleine puissance et récupère 50% en décélération. Le mode Eco Pro distribue la puissance à petites doses mais en récupère un maximum à la décélération et au freinage, il apporte une augmentation d’autonomie de 10 à 20%. Le mode Sail pourrait être rebaptisé « Roue Libre » car il ne produit pas de couple d’inertie et récupère à peine quelques ampères au freinage. Enfin le mode Dynamic produit la puissance et le couple d’inertie maximum. Avec ces quelques notions bien assimilées, je vais durant toute la semaine jouer entre les modes de conduite suivant le programme de la journée et surtout les kilomètres à parcourir. Le but étant, vous l’aurez compris, de ne pas rentrer à pieds à la maison. Le mode Sail ne sera pratiquement jamais utilisé tandis que l’Eco Pro sera réservé pour mon retour à Bornem. Entre ville et campagne, j’alternerai entre le Road et le Dynamic suivant les circonstances.

Anecdote

Pour le reste, le scooter BMW se conduit comme un véhicule thermique à une exception près (enfin plutôt deux). Il y a premièrement une marche arrière et c’est compréhensible lorsque l’on détaille la fiche technique et les 275 kilos du bébé. Une simple pression sur un bouton et le C évolue en sens inverse. Attention car en rapport avec la deuxième exception, les accélérations sont fulgurantes même en marche arrière. Petite anecdote pour illustrer mes propos. A l’arrêt devant un feu tricolore, je suis rejoint par un motard chevauchant une très grosse cylindrée. D’un air ironique je lui fais un petit signe auquel il ne me répond pas. L’éternel conflit entre motos et scooters. Je suis en mode Dynamic et au passage du feu vert, le bougre se demande ce qui se passe car je le dépose comme pour rire. Il me rattrape évidement et se targue d’un wheeling frustrateur pour remettre les pendules à l’heure. Le hic c’est que le C Evolution tiens également bien le parquet. Le centre de gravité assez bas autorise un rythme élevé en courbe bien secondé par les suspensions parfaitement calibrées. Je ne le reverrai plus!


Le silence est d’or et le C Evolution en est riche. Recommandation élémentaire mon cher Watt(son), attention aux piétons et surtout aux cyclistes. Les malheureux, sous le couvert des bruits de roulement de leur petite reine, ne vous entendront pas arriver, ça surprend ! Mon retour à Bornem se réalisera en mode Eco Pro d’une seule traite. Le témoin lumineux de réserve s’affichera après 100 km (avec 20% d’autonomie restant) et j’atteindrai ma destination avec 110 km au trip partiel. L’autonomie restante a dégringolé rapidement, il reste 12% pour 15 km à parcourir. Il est clair que le C Evolution a d’abord été conçu comme un véhicule urbain. Les 150 kilomètres d’autonomie annoncés pour cette version Long Rang ne sont pas utopiques. Bénéficiant du couple d’inertie et du freinage pour la recharge, le scoot électrique de Munich devrait facilement accomplir le job. Dernier conseil : optez pour une bulle haute disponible au catalogue. L’exemplaire d’origine est tout simplement trop bas surtout si vous comptez faire un peu d’autoroute.

Conclusion

En proposant une version « autonomie étendue » de son scooter électrique C Evolution, BMW espère convaincre quelques réfractaires à l’utilisation voltaïque d’un deux roues motorisé. L’avenir, qui se profile tout de vert vêtu, devrait lui donner raison.

Les +

Accélérations

Finition

Marche arrière

Rouler écolo

Les -

Budget

Bulle trop basse

Le BMW C Evolution en quelques chiffres :

Moteur : Bras oscillant à transmission avec alternateur à refroidissement liquide ; moteur synchrone à excitation permanente avec aimants de surface, rotor interne

Puissance : Europe 15ch, Long Range 26ch

Couple : 72Nm à 4.650tr/min

Cadre : Châssis hybride avec carter de batterie portant en aluminium moulé sous pression, support de colonne de direction et châssis arrière en acier tubulaire boulonné

Freins : fourche inversée de 40mm à l’av et mono bras oscillant à l’ar

Poids : 275 kilos en ordre de marche

Coloris : Ionic Silver/Electricgreen

Prix : à partir de 14.190 €, 15.755 € pour le Long Range