Nos fidèles lecteurs auront constaté que le championnat du monde des voitures de tourisme, le WTCC, a disparu au profit du WTCR, sorte de coupe du monde des voitures de tourisme. Ce nouveau championnat, qui répond à la règlementation TCR, a pour objectif de réduire les coûts par rapport au feu WTCC qui faisait rouler, en quelque sorte, des prototypes sous des carrosseries de voitures de monsieur Tout-le-monde.

Du Belge au plus haut niveau mondial

La Honda Civic TCR prend donc part à ce tout nouveau championnat WTCR avec notamment un Belge au volant : Benjamin Lessennes, plus jeune pilote du peloton mondial (18 ans). Il remplace la star portugaise Tiago Monteiro qui se remet encore d’un grave accident et surtout, il fait partie de la famille du Boutsen Ginion Racing, l’une des 4 équipes belges engagées en WTCR.

Un maximum de pièces de série

Lorsque Benjamin avait réalisé ses premiers essais à bord de la nouvelle Civic TCR, il nous avait déjà expliqué tous les avantages de cette nouvelle voiture par rapport à l’ancienne, sur laquelle il avait décroché le titre TCR BeNeLux en 2017 : l’empattement rallongé et un train arrière bien plus élaboré (essieu multibras) offre encore plus de stabilité à la Civic, ainsi qu’une aérodynamique beaucoup plus poussée.

Ces trois éléments proviennent tout simplement du modèle Civic Type R routier, bien plus performant qu’autrefois. Car pour réduire les coûts, les voitures répondant à la réglementation TCR doivent utiliser un maximum de pièces de série. Le moteur 2.0 turbo ne change donc pas. Seule une cartographie électronique permet de passer de 320 à 350 chevaux maximum. Le châssis est également identique. Enfin, la conception du train arrière ne peut être modifiée. Néanmoins, les plaquettes de freins (avec pistons renforcés) proviennent du monde de la course, tout comme les amortisseurs réglables et les bras de suspension. Ces modifications sont mineures par rapport au train avant qui reçoit un soin tout particulier (points d’attache différents, modification complète du système de freinage et de suspension-amortissement, etc.) : ben oui, vu que les TCR sont des tractions avant sans aucune aide électronique (ni anti-patinage, ni ABS sauf avec le pack endurance), il faut bien offrir un maximum de motricité au train avant ! D’ailleurs, il est temps d’aller la tester en piste sur le petit tracé Jules Tacheny de Mettet (2,28 km).

Time attack

L’ambiance est studieuse en cette journée ensoleillée du côté de Mettet. Benjamin Lessennes a peaufiné les réglages de sa voiture en matinée et Tom Coronel, son équipier du Boutsen Ginion Racing, surnommé le Hollandais Volant, en a fait de même l’après-midi. De notre côté, on a le droit de redécouvrir la Civic Type R de série, qui se montre déjà redoutable sur circuit ! Ce n’est pas pour rien qu’en 2018, Honda s’est lancée dans un programme visant à établir des records du tour sur divers circuits européens légendaires, avec son modèle routier !

Au volant d’une voiture du mondial

Dans la voiture de course on a affaire à une boîte séquentielle XTRAC à 6 rapports avec palettes au volant. De plus, le pédalier Hilton est ce qui se fait de mieux dans le monde de la course auto. Et dire que les vitres électriques doivent rester en place, ce qui porte le poids de l’auto à 1.265kg (pilote inclus) ! Comme quoi, on se retrouve vraiment à bord d’une voiture pas si lointaine de la série… Pourtant, son prix approche les 120.000€ HTVA alors que le modèle routier ne coûte « que » 36.200€ TVAC.

Allez, pied gauche sur l’embrayage uniquement pour démarrer et après, on le place devant la pédale de frein pour ralentir avec force. Le 2.0 turbo Honda démarre toujours avec un petit bruit métallique qui lui est propre. C’est parti pour… un tour lancé seulement ! Il ne faut donc pas trainer pour acquérir des informations mais on peut tirer plusieurs enseignements.

Avec son châssis et son empattement, la Civic Type R peut passer très, très vite en courbe. Avec ses virages lents, Mettet n’est donc peut-être pas le circuit le plus adapté. Les pneus slick Yokohama changent évidemment radicalement le comportement de l’auto en comparaison du modèle routier. Et surtout, le freinage est canon ! C’est simple : j’ai freiné beaucoup trop tôt partout ! Dès lors, en réaccélérant un peu plus tôt également, cela n’aidait pas la voiture à pivoter. Pourtant, le moteur 2.0 se montre beaucoup moins brutal que le 1.6 turbo d’une Peugeot 308 TCR par exemple et par conséquent, on est moins embarqué à l’extérieur des virages, ce qui aide grandement le pilote.

Néanmoins, bien qu’elle m’ait semblé très sûre et très stable, cette Civic TCR demande un peu plus qu’un tour pour en comprendre le mode d’emploi. Voilà pourquoi nous avons pu monter aux côtés du Belge Bertrand Baguette, pilote officiel Honda au Japon, pour quelques tours rapides. Là encore, on observe la grande stabilité à haute vitesse et les freinages hyper tardifs, permis aussi grâce à l’excellente boîte XTRAC. C’est déjà fini… On en veut encore !

Au fait : à l’heure où on écrit ces lignes, une Honda Civic TCR est en tête du championnat WTCR, menée par Yann Erlacher, neveu d’Yvan Muller (2e au championnat et quadruple champion du monde WTCC).

La Civic TCR en quelques chiffres

Moteur : 4 cylindres turbo à injection directe d’essence ; 1.996cc ; 350ch entre 6.800 et 7.000 tr/min. ; 420Nm

Transmission : aux roues avant.

Boîte : séquentielle XTRAC 6 rapports.

Poids (kg – pilote inclus) : 1.265

Réservoir (l) : 100

0 à 100 km/h (sec.) : env. 4,2

V-max : 245 km/h

Prix : 120.000 € HTVA