Ni une ni deux : rendez-vous est pris avec la D’Ieteren Galery, la collection privée de l’importateur des marques du groupe Volkswagen en Belgique. C’est en 1976 que Volkswagen allait marquer, sans trop le savoir à l’époque, les grands débuts officiels de la saga GTI qui allait agiter la planète automobile pendant une bonne quinzaine d’années !

Petits pare-chocs

Bien qu’il soit un peu plus récent, de 1978 en l’occurrence, le modèle mis à notre disposition conserve l’allure des tous premiers exemplaires de Golf GTI commercialisés dans la foulée de la présentation du concept au Salon de Francfort 1975. Soit une Golf 1 GTI équipée de petits pare-chocs et de fins feux arrière. La plus belle à nos yeux et, au vu de sa cote, aussi à ceux de nombreux autres amateurs !

En pénétrant à bord, on a presque du mal à croire que le compteur affiche déjà plus de 220.000 km : voilà un beau travail de restauration ! Au premier coup de clé, le quatre cylindres 1.6 s’ébroue dans une sonorité rauque. Sortant du parking, en plein centre de Bruxelles à l’heure de pointe par une journée durant laquelle le thermomètre s’affole, on ne se retrouve a priori pas dans les meilleures conditions pour apprécier la balade. Et pourtant, le bras à la portière (ben oui, y’a pas la clim’), on affiche un sourire béat car, ça y est : on roule enfin à bord du modèle qui nous a tant fait rêver gamin !

Boîte 4

C’est aussi, accessoirement, l’occasion de constater que la Golf 1 GTI se profile bien comme une sportive plutôt polyvalente (pour l’époque s’entend) avec son moteur 8 soupapes bien rond. Ce qui a certainement aussi contribué à son immense succès ! Fier comme un paon à bord de ce morceau d’histoire, on se faufile dans les dédales de la circulation, en surveillant la température d’eau, pour enfin grimper sur l’autoroute.

Là, on se rend compte que la boîte 4 montée sur les premières Golf 1 GTI tire plutôt court… Un rare reproche adressé à l’engin, à l’époque, qui sera corrigé par Volkswagen dès 1979 avec l’ajout d’un cinquième rapport. Profitant du trajet autoroutier qui nous ramène à la maison, on prend le temps d’admirer les détails intérieurs caractéristiques de cette Golf GTI. Comme le tissu à carreaux écossais de la sellerie et, bien sûr, la mythique balle de Golf qui remplace le traditionnel pommeau du levier de vitesses ! La position de conduite n’est, par contre, pas vraiment idéale car on est installé un peu haut. Mais pas de quoi gâcher la fête !

Une question de feeling

Le lendemain, on passe aux choses sérieuses ! Cap sur les petites routes de campagne sinueuses qui serpentent dans ma région. Même abordées à un tempo coulé, elles permettent de mettre les qualités de la GTI en évidence ! Ici, pas question de lisser les sensations : on conduit sans filtre ! Mais pas à bord d’un engin inconfortable. Au contraire, même sur les routes bosselées de notre réseau secondaire, la Golf GTI reste prévenante. Petit à petit, on augmente le rythme. Et on découvre alors le second visage du quatre cylindres. Car s’il se montre bien rond « en bas », il est loin d’être paresseux quand il est question de sonner la charge et de s’envoler vers le régime de puissance maxi fixé à 6.100 tr/min. On dispose alors de 110 chevaux pour animer un peu moins de 900 kg. Ce qui assure des prestations plus qu’honnêtes. Pas exceptionnelles comparativement à une petite sportive moderne, bien sûr. Mais ici, pour rappel, on conduit « sans filtre »… et tous les sens sont davantage en éveil !

Plutôt sage

Si le train avant digère très efficacement les 110 chevaux à la remise des gaz, il n’est pas du genre ultra « tranchant » et peut même se montrer légèrement sous-vireur en entrée de courbe. On note aussi que la montée en effort du volant n’est pas très progressive. Car si la direction est assez légère en ligne droite, il ne faut pas manquer de poigne pour inscrire la voiture en courbe quand on arrive sur les freins. Le volant devient alors, d’un coup, plutôt dur à manipuler. Et en parlant de freinage, il faudra aussi éviter de se montrer trop optimiste !

Si la réponse du moteur et l’efficacité globale de la voiture mettent rapidement en confiance (d’autant plus que le train arrière paraît ici nettement moins enclin à vouloir prendre les devants que sur une certaine Peugeot 205 GTI !), le dimensionnement des freins rappelle qu’on évolue à bord d’une « quadra » ! Mais, honnêtement, inutile de pousser cette Golf GTI dans ses derniers retranchements pour jouir du plaisir qu’elle distille kilomètre après kilomètre. Un véritable retour aux sources qui me rappelle, au cas où je l’aurais oublié à force de rouler dans des voitures qui s’ingénient à être parfaites voire à rouler toutes seules entre des lignes blanches… pourquoi j’aime l’Automobile ! C’est ça aussi, tout l’intérêt d’un bon « youngtimer » !