Le film, c’est évidemment Bullitt, avec dans le rôle-titre un Steve McQueen alors au sommet de son art et de sa gloire. Ce thriller a donné à l’histoire du cinéma l’une des meilleures scènes de poursuite de l’histoire, et créé deux clans : les fans de la Dodge Charger – l’autre voiture impliquée dans la scène – et les amoureux de la Mustang, représentée dans le film sous sa plus belle forme à notre avis : la Fastback 68.

Du Bullitt partout

Sachant que le film et son héroïne à quatre roues jouissent encore d’une aura incroyable auprès des fans, Ford a décidé de marquer le coup en produisant une version spéciale de sa Mustang. Et question hommage, le constructeur ne fait pas dans le détail. Primo, la Mustang Bullitt est évidemment habillée de la même robe verte “Dark Highland” que celle de la voiture de Frank Bullitt, vert que l’on retrouve sur les surpiqûres du revêtement full cuir de l’habitacle. La Mustang est débarrassée de son cheval au galop du centre de la grille, qui est entourée d’un fin liseré chromé comme en 68.

Bullit rim

Et on trouve un peu de chrome aussi autour des vitres latérales. La voiture repose sur des jantes 19” Torq Thrust au look rétro et, comme nous le disions, l’intérieur reçoit un traitement spécial, dont un superbe pommeau de vitesses blanc immaculé, pour la version à boîte manuelle bien sûr.

Bullit interior

En revanche, était-ce nécessaire de mettre du “Bullitt” partout ? Sur la plaquette numérotée de la planche de bord, sur le volant, sur les seuils de porte, sur l’écran 100% digital du combiné d’instruments lorsqu’on met le contact, brodé sur les dossiers de sièges et même sur la porte de coffre !? Donc, pour ceux qui n’auraient pas compris, ceci est une Bullitt, et nous avouons que cet énorme logo à l’arrière, à la place de celui de la Mustang, nous avons trouvé ça un brin too much. Mais bref, ne boudons pas notre plaisir : la nouvelle Mustang Bullitt a un charisme de dingue, qui fera mouche auprès des amateurs de voitures, de cinéma, et de voitures au cinéma. Pour les autres, la Mustang Bullitt sera probablement juste une grosse Ford verte…

Bullit emblem

460 chevaux

La bonne nouvelle est que Ford ne s’est pas contenté d’un peu de cosmétique. La Bullitt reçoit évidemment le V8 5.0 litres, porté pour cette version de 450 à 460 chevaux. Une augmentation anecdotique, mais qui s’accompagne d’une boîte à air pratiquement libre, et de tubulures d’admission au diamètre augmenté. Bref, le V8 respire mieux que dans les autres Mustang. Mais est-ce que ça fait vraiment la différence ?

En réalité, très peu. De l’aveu même d’un des ingénieurs américains présents aux essais, qui travaille sur la Mustang depuis près de 30 ans et aurait pu tenter de nous faire avaler des couleuvres, les retouches mécaniques ne font que modifier les courbes de couple et de puissance, pour un peu plus de réactivité et un peu plus d’allonge. De fait, sur la route, ce n’est pas le jour et la nuit. Et par exemple, on est vraiment étonné d’avoir dans les mains un V8 américain si placide sous 4.000 tours. Bon, placide, tout est relatif, évidemment. Il envoie clairement plus que la Twingo de Madame. Mais cette sensation de muscle à bas régime, semblant venir des entrailles de la terre ? Pas ici. La Mustang, Bullitt ou non, il faut la provoquer “à l’ancienne” : maintenir le moteur dans les zones où il est au top, c’est à dire au-delà de 4.000 tours. A partir de là, oui, il tape très fort, le gros ! Il déploie sa puissance de façon exponentielle et ne s’essouffle pas jusqu’à la zone rouge, établie à… 7.250 tours !

Bullit driving

Garder le moteur dans cette plage, ça veut dire jouer de la boîte. Et là, attention, délice ! Verrouillages bien marqués, maniement un peu viril, on peut lui reprocher un guidage perfectible qui peut faire louper un passage de temps à autres mais on se fait vite à cette légère lacune. Peut-être aussi qu’on aurait aimé une course de levier moins longue, mais on ergote.

Bullit rear

Toutes les voitures des essais étaient aussi posées sur les suspensions pilotées magnétiques, l’une des rares options “recommandables” d’une voiture très généreusement équipée. Et au départ, on se demandait à quoi elles servaient, car elles n’empêchent pas cette sensation que sur un revêtement un peu inégal, la Bullitt cherche ses appuis. En fait, elle ne cherche rien du tout, ou juste à contrôler les petits mouvements de caisse. Car les appuis, elle les a bien : elle est « plantée » ! Cette grosse américaine sur les petites routes montagneuses de l’arrière-pays niçois, c’est comme si elle était dans son jardin. On peut dire que c’est une vraie, une belle, une pure sportive avec un caractère gros comme ça !

Bullit dials

Le beurre, l’argent du beurre

La Ford Mustang Bullitt est facturée 52.200 euros, soit 6.000 de plus qu’une V8 GT manuelle normale. On peut penser que c’est cher pour 10 chevaux de plus, mais c’est aussi le prix de l’aspect collector, car bien que non limitée dans le temps, la production annuelle sera effectivement limitée. Et puis, l’équipement de série est plus généreux, avec par exemple l’échappement actif, une installation audio B&O de 1.000 watts qui vaut près de 2.000 euros à elle seule, etc. Mais c’est vrai, si c’est juste une question de conduite, les performances sont identiques dans une GT à 48.000 euros…

Conclusion

Sur la route, la Bullitt est “juste” une Mustang : féroce si on sait la cravacher, et d’une efficacité étonnante. Mais la dépense supplémentaire vaut la peine si on a envie de se prendre pour Steve McQueen !

Bullit cars

La Mustang Bullitt en quelques chiffres

Moteur : V8 atmo, essence, 5.038cc, 460ch à 7.250tr/min, 529Nm à 4.600tr/min

Transmission : aux roues arrière

Boîte : manuelle 6 rapports

L/l/h (mm) : 4.789/1.916/1.382

Poids à vide (kg) : 1.818

Volume du coffre (l) : 408

Réservoir (l) : 61

0 à 100 km/h (sec.) : 4,6

Prix : 52.200€ TVAC

Puissance : 460 ch

V-max : 263 km/h

Conso. mixte : 12,4 l/100km

CO2 : 277 g/km

  • Bel hommage à Bullitt
  • Charisme
  • Moteur rageur à partir de 4.000 tours
  • Vraie sportive
  • Rapport prix/performances
  • Commande de boîte perfectible
  • Direction trop filtrée ?
  • Un peu trop de "Bullitt" partout
  • Conso à l'américaine