De nos jours, on associe de plus en plus voiture électrique à voiture autonome. Mais vous savez à quel point la rédaction d’Auto Trends aime la conduite ! Ce coup-ci, on a donc trouvé l’extrême inverse, là où la voiture électrique est associée à un pilotage pur sans assistances intrusives !

Le pilote seul maître du volant

Lors du Salon de Genève 2019, en mars dernier, nous avons été intrigués par ce petit constructeur suisse : Kyburz. La marque exposait à domicile avec des produits qui sortent de l’ordinaire : un petit buggy off-road à l’état de concept ainsi que deux autres modèles à mi-chemin entre une barquette et un roadster. Pour les trois versions, la base de l’eRod – c’est son nom – est la même : un châssis tubulaire avec des suspensions adaptées selon la version et un moteur électrique d’une puissance de 45 kW qui anime les roues arrière. Le tout, avec les batteries, ne pèse que 600 kg et au diable les assistances ! Pas d’ABS, ni d’ESP, ni de traction control. Comment est-ce possible dans le monde automobile actuel ? Car l’eRod n’est pas homologué comme une voiture mais bien comme un quadricycle lourd ! On peut essayer !?

Kyburz

Un seul contact en Belgique

Kyburz AG est née en 1991… tout comme moi, de quoi amener encore une saveur particulière à cet essai ! À l’origine, Martin Kyburz s’est spécialisé en véhicules électriques de tous types pour particuliers et professionnels. L’aventure eRod a débuté en 2016. Et pour distribuer la marque, nous avons de la chance car il existe un collaborateur belge : Olivier Van Acker, patron de Mobility by Olivier, situé à Liedekerke. C’est donc là que nous avons réalisé notre essai.

Option « assemblez-le vous-même ! »

Pour tout vous dire, j’aurais pu me rendre en Suisse, à l’usine d’assemblage du eRod, située à Embrach. Là, j’aurais pu y assembler mon propre modèle d’essai, durant une semaine, sans avoir aucune compétence particulière. C’est l’une des particularités de cet engin délirant qui doit beaucoup plaire aux dingues de Lego, de K’Nex ou d’automobile, tout simplement ! Bien sûr, lors du séminaire de montage, on est toujours accompagné d’un professionnel et beaucoup d’éléments électriques sont déjà préassemblés. Mais comme je vous le disais plus haut, j’ai découvert le Kyburz eRod en une seule pièce.

Kyburz eRod

Pas de distraction possible

À première vue, on a l’impression d’avoir affaire à un KTM X-Bow ou une Ariel Atom. D’ailleurs, on monte à bord comme dans une voiture de compétition, en enjambant le châssis tubulaire. Les sièges sont aussi ceux qu’on retrouve sur circuit : des baquets qui maintiennent bien ! Un harnais remplace le système de ceinture classique. On tourne la clé de contact et sans surprise, rien ne se passe : seul l’écran situé sur le tunnel central s’allume et nous informe qu’on est prêt à partir. Pour le reste, aucune possibilité d’être distrait ! On retrouve le commodo pour les clignotants avec un bouton pour le klaxon et c’est tout. « Vruiii » : c’est parti !

Sensations électriques atypiques

Posé au ras du sol, je peux même toucher la route avec ma main. Généralement, c’est le secret pour de bonnes sensations ! Le châssis étant uniquement recouvert de quelques plaques de plastiques, on entend chaque petit gravillon au sol s’animer dans les passages de roue. L’accélération est franche, comme de coutume avec une voiture électrique. Le 0 à 80 km/h est réalisé en moins de 5 secondes en mode Sport. La « cartographie » Eco ralentit nos ardeurs sur la pédale de gaz si on s’approche des 183 km promis sans recharge. Mais à moins d’avoir vidé les batteries (total de 19,2 kWh), on restera soit en mode normal soit en mode Sport. C’est là qu’on s’amuse le plus. Dommage que la direction ne soit pas plus directe et que la pédale de freins soit un peu molle en début de course mais on peut même envisager quelques petites glissades du train arrière malgré la puissance très modeste du eRod. Rappelons qu’il ne pèse que 600 kg !

Kyburz eRod Fun

La tenue de route est très rassurante et comme avec une VW Fun Cup, le comportement change très vite selon la pression des pneumatiques. Dans tous les cas, la vitesse de pointe est limitée à 120 km/h, ce qui rétrécit un peu le champ d’action pour les track-days, là où cet engin ferait, j’en suis sûr, un malheur ! D’ailleurs, un célèbre pilote belge du nord du pays en a fait l’acquisition. Ainsi, il a dépensé 41.019€ TVAC… ou 37.389€ TVAC s’il a décidé d’aller monter son eRod sur place, à Embrach. C’est sûr, il s’agit d’un engin atypique et la production est très limitée mais… ça fait cher quand même ! Et la liste d’accessoires plutôt complète vaut la peine qu’on s’y attarde.

Conclusion

Quel bonheur de pouvoir associer une voiture électrique à un pilotage aussi pur ! Mais aujourd’hui plus que jamais, la pureté a un prix et il est plutôt fameux…

Kyburz eRod Fun road

L’eRod en quelques chiffres

Moteur : électrique ; 45kW ; 140Nm.

Batterie : 19,2 kWh ; 96V/200 Ah.

L/l/h (mm) : 3.059/1.614/1.235

Poids à vide (kg) : 600

Volume du coffre (l) : 0

Prix : 41.019€ TVAC

Puissance : 61 ch

V-max : 120 km/h

Autonomie : 183 km

Temps de charge : 1h en charge rapide

  • Conduite sans assistance/sensations
  • Au ras du sol
  • Montage soi-même à l’usine (pas obligatoire)
  • Feeling direction/freins perfectible
  • Aucun espace de rangement
  • Prix
Note de la rédaction : (3/5)