Volkswagen a le California, Mercedes a le Marco Polo. Tous deux partagent une même idée du camping de luxe et de l’aventure quatre étoiles. Mais ce dernier, étoile sur le capot oblige, semble encore pousser le raffinement un petit cran plus loin que son concurrent. Déjà, ce Marco Polo est basé sur le Classe V, le monospace de Mercedes, et pas sur son pendant utilitaire Vito. Il profite donc des retouches apportées tout récemment au modèle : bouclier redessinés, équipements revus à la hausse avec notamment freinage d’urgence automatique et commutation automatique des feux, et bien sûr un nouveau moteur diesel haut de gamme. Ce quatre cylindres turbo de 239 chevaux et 500 Nm remplace le vieux six cylindres. Avec, Mercedes nous le promet, un agrément similaire à la clé.

Direction l’Espagne

Pour prendre la mesure de ces améliorations, rien de tel que quelques jours en compagnie de ce Classe V sur la Costa Brava et dans l’arrière-pays barcelonais. Notre périple débute à Sitges, petite ville balnéaire huppée, à une quarantaine de kilomètres au sud de Barcelone. De là, nous prenons la route en direction de Gava. Un parcours principalement constitué d’autoroutes et de voies rapides, qui nous permet de prendre la mesure de l’excellente insonorisation du mobilhome : aux allures légales, le toit replié ne génère aucun bruit parasite qui viendrait troubler le silence à bord. Viennent ensuite les routes bien plus tortueuses, qui grimpent vers les hauteurs de Villafranca del Penedès. Pas vraiment le terrain de jeu idéal pour un mobilhome, vous en conviendrez, car avec toutes les transformations auxquelles il a droit, le Marco Polo n’affiche pas moins de 2.555 kilos sur la balance ! On est donc ravi de profiter du couple maxi dès 1.600 tr/min et d’une nouvelle boîte automatique à 9 rapports plutôt réactive, qui assure des relances tout à fait honnêtes et grâce à laquelle on n’a jamais l’impression de se traîner. Chemin faisant, nous nous arrêterons bien sûr dans l’une ou l’autre bodega locale pour acheter de quoi délicieusement accompagner notre repas du soir !

A la belle étoile

Le soir venu justement, vient le temps de nous installer pour la nuit. Et avec le Marco Polo, rien de plus facile : relever le toit se fait évidemment entièrement électriquement, en quelques secondes. Dommage que le module de commande fourni par Westfalia présente un look un peu daté, qui dénote dans l’ambiance intérieure très chic du Mercedes. Il faudra attendre la prochaine génération pour un système plus harmonieusement intégré.

Marco

Une fois le toit déployé, on peut se tenir debout et donc utiliser la petite kitchenette à gaz dans de bonnes conditions. Le repas prêt, il n’y a plus qu’à sortir table et chaises, et à profiter du magnifique coucher de soleil offert par notre point de vue. Pour la vaisselle, un réservoir d’eau intégré nous assure une pleine autonomie. Pour le couchage, deux options s’offrent à nous : la couchette inférieure obtenue en couchant à plat les dossiers de la banquette arrière et en « dégonflant » les flancs des sièges (à gonflage électrique), ou le lit supérieur, équipé d’un vrai sommier. Petit plus de ce dernier choix : le toit vitré, avec vue sur le ciel.

sunroof

Le petit matin nous fait regretter l’absence de douche, et nous fait comprendre qu’il aurait mieux valu préférer un emplacement de camping, histoire de profiter des sanitaires. Nous reprenons la route vers le Castellet (aucun lien avec le célèbre circuit), son fort et son très joli lac, par un parcours toujours aussi sinueux. Malgré son embonpoint, le Marco Polo gère plutôt bien les enchaînements de courbes, que ce soit avec les suspensions classiques ou, à fortiori, avec les suspensions pilotées secondées de l’Agility Control. Mais son poids, combiné à tous ces dénivelés et à ces changements de rythme, ont évidemment une sérieuse incidence sur la consommation. Autant vous le dire : les 6,1l/100km de moyenne annoncés par le constructeur risquent de rapidement s’envoler en usage réel. Heureusement, l’itinéraire autoroutier prévu pour le retour au bercail devrait faire redescendre tout ça…

Conclusion

A l’instar du California, ce Marco Polo est le parfait outil de l’aventurier du 21e siècle, qui aime soigner son style et son confort en toutes circonstances. Nous, on l’a adopté !

Marco Polo

La Classe V 300d Marco Polo en quelques chiffres

Moteur : quatre cylindres, diesel, turbo, 1.950cc ; 239ch à 4.200tr/min ; 500Nm (+30 Nm overboost) de 1.600 à 2.400 tr/min.

Transmission : aux roues avant.

Boîte de vitesses : automatique 9 rapports.

L/l/H (mm) : 5.140/1.928/1.880

Poids à vide (kg) : 2.555

Volume du coffre (l) : NC

Réservoir(l) : 67

0 à 100 km/h (sec.) : 8,6

Prix : 62.484€ TVAC

Puissance : 239 ch

V-max : 215 km/h

Conso. mixte : 6,1 l/100km

CO2 : 162 g/km

  • Moteur volontaire
  • Accord moteur/boîte
  • Aménagements bien pensés
  • Agilité étonnante
  • Prix très costauds
  • Système multimédia et commande de camping datés
  • Consommation réelle
Note de la rédaction : (4/5)