Opel commercialise une voiture de rallye électrique

Opel commercialise une voiture de rallye électrique

Cette voiture de compétition électrique est basée sur l’Opel Corsa-e, dont le carnet de commandes vient de s’ouvrir, et sera présentée en première mondiale au Salon de Francfort, au mois de septembre. En 2020, Opel et l’ADAC (l’automobile club allemand) lanceront l’ADAC Opel e-Rally Cup, la première coupe de marque du monde réservée aux voitures électriques.

Opel

Le constructeur allemand Opel est fondé par Adam Opel en 1862, dans la ville de Rüsselsheim-am-Main, près de Francfort. Il fabrique à l’origine des machines à coudre, passe aux bicyclettes en 1886 (devenant alors l’un des premiers fabricants de « grands bis »), avant de devenir constructeur automobile en 1899. Opel entre en bourse en 1929, date à laquelle le groupe américain General Motors en devient actionnaire majoritaire à hauteur de 80 %. A partir de 1931, la marque Opel devient propriété exclusive du groupe GM, propriété qu’ils conserveront jusqu’en 2017 lorsque GM cède Opel et sa marque sœur Vauxhall au groupe PSA Peugeot-Citroën.

Opel étant nationalisée par le gouvernement allemand dans les années 30, la relation économique d’Opel avec GM sera de fait rompue. Même après la fin de la guerre, la situation reste complexe. En 1948, l’usine de Brandebourg, située dans la zone soviétique, sera entièrement démantelée et transportée vers l’Oural ; le contexte économique en Allemagne restant assez peu propice à l’investissement, le conseil financier de GM hésite alors à reprendre possession d’Opel Rüsselsheim, située, elle, dans la zone américaine. Pariant sur une embellie de l’économie allemande, GM décide d’offrir des facilités de paiement à sa filiale, étant d’abord soucieux de ne pas risquer plus de capitaux que nécessaire. Au cours des années du « miracle économique », Opel devient de nouveau rentable, éclipsant sa jumelle Vauxhall dans les années 70/80 et devenant même la marque la plus rentable du marché dans les années 90, ce qui a permis de compenser les pertes des autres marques du groupe GM sur la même période.

La grande diversité de modèles produits sous la marque Opel reflète ces différents changements de cap. Le premier modèle de voiture, la System Lutzmann, est produit en 1899 suite au partenariat des fils Opel avec Friedrich Lutzmann, serrurier à la cour de Dessau reconverti dans la conception automobile. Ce modèle ne rencontrant pas le succès escompté, Opel se tourne vers le constructeur français Darracq pour produire sous la marque Opel-Darracq. Il s’agissait de carrosseries Opel sur châssis Darracq, alimentés par des moteurs 2-cylindres. Le premier modèle conçu entièrement par Opel, l’Opel 4/8 PS, voit le jour en 1909. Elle est plus connue sous le surnom de « Doktorwagen » en vertu de son succès auprès des médecins allemands, qui apprécient sa robustesse et sa fiabilité sur des routes encore largement non goudronnées. Opel est nationalisée dès les années 30 mais n’est que tardivement touchée par l’économie de guerre, et reste donc longtemps en mesure de produire pour un usage civil. Citons l’Opel Olympia (1935), modèle grande série à châssis monocoque, premier de son genre après la Citroën Traction Avant, l’Opel Admiral (1937), ou encore l’Opel Kapitän (1938), avec moteur six-cylindres 2,5 L, carrosserie tout en acier, suspension avant indépendante, amortisseurs hydrauliques, et chauffage à eau avec ventilateur électrique.

Suite au réinvestissement de GM dans sa filiale Opel en 1948, et manquant des outils nécessaires pour produire son modèle phare, la Kadett, le constructeur se réinvente un positionnement en moyenne gamme, entre Volkswagen d’un côté et BMW de l’autre. C’est un positionnement auquel Opel aussi bien que GM est habitué, et où le constructeur comme sa maison mère connaît un grand succès. Si bien, d’ailleurs, que dans les années 70, Opel se distingue face à Vauxhall comme la marque la plus dynamique des deux propriétés européennes de GM ; Vauxhall fait un carton au Royaume-Uni, mais peine à percer ailleurs. GM décide alors, à l’image de Ford, de rationaliser ses filiales britannique et allemande. Ainsi, la quasi-totalité de la gamme Vauxhall sera remplacée par celle d’Opel à l’exception de la Bedford CF, conçue chez Vauxhall et vendue sous la marque Opel sur le continent. Après une période de grande prospérité dans les années 90, les années 2000 seront plus complexes : suite à la crise de 2008, GM prévoit de vendre 55 % d’Opel au Canadien Magna, accord qui ne sera jamais conclu. En 2010, Opel se voit alors contraint de fermer son usine d’Anvers, puis, en 2014, celle de Bochum. Opel devient une pièce maîtresse de l’alliance GM-PSA à partir de 2012 et ce, jusqu’au rachat pur et simple d’Opel/Vauxhall par PSA en 2017.