Le marché des véhicules diesels d'occasion en baisse

Depuis 2016, les ventes de véhicules diesels d'occasion affichent une baisse qui semble s'installer. Si celle-ci n'ébranle pas encore la nette domination du parc diesel dans l'ensemble des véhicules en circulation, on peut malgré tout penser qu'elle est annonciatrice d'un renversement des rapports de force à moyen terme. 

Etat des lieux du marché du diesel

En 2016, deux tiers des ventes de véhicules d'occasion ont concerné des modèles diesels. Parmi les modèles particulièrement plébiscités par les acheteurs, on retrouve essentiellement des citadines (Clio, Twingo, Polo, 206...). Comparé aux chiffres de 2014, le marché du diesel d'occasion accuse ainsi une baisse de 2%.

A ce stade, rien d'alarmant pour ceux qui entendent vendre leur voiture diesel d'occasion. Toutefois, si l'on regarde les chiffres du marché des ventes de véhicules neufs en 2016 afin de se projeter dans les années à venir, la chute du diesel est impressionnante : alors qu'en 2008 le diesel représentait 77% des ventes de véhicules neufs, sa part chute à 52% en 2016. Sachant que les véhicules achetés en 2016 vont se retrouver sur le marché de l'occasion en moyenne d'ici 2021, cela s'apprête donc à restructurer totalement le marché de l'occasion.

Une baisse durable ou un simple rééquilibrage du marché du diesel d'occasion ?

Si les projections à moyen terme vont dans un sens favorable à une baisse durable du marché du diesel d'occasion, c'est principalement en raison de l'analyse de la demande. En effet, il semblerait que les acheteurs se détournent peu à peu des véhicules diesels. Ainsi, alors que les modèles essence ne représentent qu'un quart des offres de vente d'occasion, ils oscillent entre 40 et 50% des demandes. A ce constat, plusieurs explications.

Tout d'abord, on peut penser que le discours écologique commence à impacter l'opinion. Allié à la fin des différenciations fiscales, il incite doublement à choisir un modèle alternatif, les modèles diesels ne présentant désormais plus d'attrait financier. D'autant plus que les acheteurs ont désormais un éventail de choix élargi avec l'arrivée des premières générations de véhicules à faible émission sur le marché de l'occasion.

Ensuite, l'offre s'adaptant à la demande, cela risque d'engendrer un bouleversement des comportements. D'une part, si les véhicules diesels sur le marché de l'occasion ne trouvent pas preneurs aussi rapidement qu'avant, cela va aboutir à une baisse inexorable de leur cotation ; premières visées, les citadines, exposées en première ligne aux fluctuations du marché contrairement aux modèles haut de gamme traditionnellement épargnés par ces variations. D'autre part, le marché de l'occasion étant composé pour une part importante de véhicules professionnels, si la demande de véhicules diesels faiblit, nul doute que les entreprises modifieront leur comportement d'achat à leur tour. Or, jusqu'à présent, 80% du parc de ces véhicules est équipé de modèles diesels, ce qui confère une marge de progression très importante pour les autres modèles.