ESSAI Ducati Scrambler Café Racer: entre le café et le billard

Historiquement la culture « Cafe Racer » faisait référence à des motos préparées pour des courses de café. Cette discipline, qui a vu le jour en Angleterre durant les années 60, avait pour but d’aller de café en café avant que la chanson lancée sur le jukebox ne se termine.

Si la vocation a bien changé, l’esthétique a quant à elle, peu évolué. Pour son énième déclinaison de la Ducati Icon sortie en 2015, la Scrambler Cafe Racer n’en est pas moins très différente. Tout d’abord, cette nouvelle version a une orientation 100% routière contrairement aux autres Scrambler de la gamme qui tolèrent quelques écarts hors goudron. De plus, parmi les grands changements, on retrouve, entre autres, des guidons bracelets 175 mm plus bas et 155 mm plus avancés, suggérant une position plus typée. 

Le style avant tout

Un simple coup d’œil suffit pour comprendre toute l’importance que la firme italienne a accordé à l’esthétique de sa nouvelle machine. Selle en cuir marron, dosseret de selle amovible, jantes couleur or, numéro 54 à l’effigie de Bruno Spaggiari sur les plaques latérales, rétroviseurs en bout de guidon et ligne d’échappement signée Termignoni ne manquent pas de valoriser cette Scrambler.

Un Racer digne des courses ?

La prise en main est facile et, contrairement à ce qu’on pourrait penser, la position de conduite n’est pas trop contraignante. Avec ses guidons bracelets bien écartés, le Café Racer conserve une étonnante maniabilité. Les courbes s’enchaînent, on passe d’un angle à l’autre avec beaucoup de souplesse et un style assez coulé. Quand la cadence augmente, la rigidité du châssis montre ses limites et si la route vient à se dégrader, ce qui est chose courante dans notre petit pays, la direction manque de précision. On en viendrait presque à se prendre pour un pilote des sixties, habitué à un certain flottement et aux reposes pieds qui viennent rapidement râper l’asphalte. En résumé, si l’engin possède de bonnes qualités dynamiques, le réel plaisir se situe en dessous des 4.000 tr/min. En plus d’être bercé par la sonorité des Termignoni, la Ducati offre de généreuses reprises grâce à son couple renversant. Il n’a jamais été aussi plaisant et simple de respecter les limitations de vitesses. 

Confort relatif

La roue avant montée sur une fourche Kayaba de 41 mm absorbe bien les petites irrégularités de la route, ce qui permet de ne pas trop contrarier les poignets sur de plus longues distances. Pour ce qui est de la suspension arrière, elle se montre relativement sèche sur les plus gros chocs, au point de les appréhender sérieusement. La selle offre un confort acceptable, même si sa légère inclinaison vers l’avant oblige un certain effort sur les avant-bras pour tenir en place.

Côté freinage, c’est du Brembo. Avec un maître-cylindre radial et un étrier de 330 mm, la Scrambler a eu droit à la crème des crèmes. Malgré ça, le freinage reste progressif, doux et précis même si on aimerait un peu plus de mordant à l’attaque.

Aussi à l’aise sur route qu’à la terrasse d’un café, la Ducati ne passe pas inaperçue. Elle manquera toutefois de caractère pour que le moteur colle parfaitement à son look très réussi.

 

Les +

Look

Pots Termignoni

Souplesse du moteur

Maniabilité

 

Les –

Caractère moteur

Suspension arrière

Selle inclinée vers l’avant

La Ducati Scrambler Cafe Racer en quelques chiffres : 

Moteur : bicylindre en L à distribution desmodromique, 4T de 803cc, refroidissement par air

Puissance : 75ch à 8.250tr/min

Couple : 68Nm à 7.750tr/min

Boîte : 6 rapports

Embrayage : multidisque à bain d’huile

Transmission : chaîne

Cadre : treillis en acier

Suspensions : fourche inversée Kayaba diamètre 41mm à l’avant et monoamortisseur Kayaba réglable en précharge à l’arrière

Freins : disque semi-flottant de 330mm avec étrier Brembo radial 4 pistons et simple disque de 245mm à l’arrière

Poids à vide : 172kg à sec

Réservoir : 13,5 litres

Prix : 11.290 € TVAC
 

Encart

Ducati reste pour l’instant sous le giron d’Audi, les deux marques se complétant toujours de belle manière. L’excellence des voitures allemandes et le dynamisme des motos italiennes ne pouvant qu’engendrer de beaux enfants. Si la Café Racer fait plus référence à son look qu’à ses performances, l’Audi S5 prodigue une puissance de 354 chevaux sous un habillage plutôt discret. Sa motorisation essence V6 de 3.000 cc associée à une boîte auto à 8 rapports délivre une belle sonorité selon le mode de conduite préalablement choisi. La Ducati Cafe Racer (11.290 €) pour la balade du dimanche et l’Audi S5 (63.500 €) pour les déplacements au quotidien réalisés à grande vitesse feront de vous un homme heureux.