ESSAI Cadillac XT5: fruit exotique

S’il peut faire penser à un restylage du SRX qu’il remplace, le Cadillac XT5 est pourtant tout nouveau. Au même titre que la CT6, il pose les jalons de la nouvelle offensive produit de la marque. Mais si la berline nous a positivement étonnés, le chemin semble plus long pour porter le SUV au niveau de la concurrence européenne… 

Cadillac annonce sans ambages avoir placé de grands espoirs dans ce XT5. à mi-chemin entre les BMW X3 et X5 en termes de dimensions, il sera la pierre angulaire de la future gamme en servant de base à cinq autres SUV dans les années à venir. La marque entend ainsi profiter enfin de l’explosion du segment, et reconquérir sa place sur son marché domestique. C’est bien là la principale ambition de ce XT5, de même que la conquête de nouveaux marchés que nous qualifierons de «moins regardants».

Rétro caméra

Moins regardants d’abord à la qualité de fabrication. Car si le meuble de bord est agréable à l’œil avec ses nombreux détails de design soignés et ses commandes digitales, il n’en va pas de même au toucher. Outre le bois (qu’on nous promet réel) qui a toujours l’air aussi faux que dans la CT6, ce sont surtout certains plastiques et leurs assemblages à des endroits où se posent naturellement les mains qui sont décevants, notamment sur la console centrale et le tunnel de transmission. De quoi gâcher la bonne impression et l’aspect premium qui se dégage de l’habitacle, intégralement tendu de cuir. Espérons que cela soit corrigé sur les premières moutures qui arriveront chez nous dans quelques jours.

Le XT5 se rattrape par une habitabilité généreuse à toutes les places et un coffre conséquent (850 litres jusqu’au toit). Et surtout, en bon Américain, par le déploiement dès l’entrée de gamme d’un équipement ultra-complet dont on vous épargnera l’égrenage. On s’attardera toutefois sur le rétroviseur central se muant en écran pour offrir une vue dégagée de l’arrière du véhicule, y compris en roulant. Une première mondiale partagée avec la CT6.

Privé de turbo

Moins regardants ensuite aux normes d’émissions et à la taxation automobile. Car sous le capot, c’est un V6 3,6 litres atmosphérique qui officie. Annoncé tout nouveau, il délivre quelque 314 chevaux (368Nm) et intègre un dispositif de désactivation des cylindres. Mais ses 10 litres de consommation moyenne et 229g CO2/km ne plaident pas en sa faveur en ces temps de downsizing et de réduction des émissions. Assorti d’office à la boîte automatique à 8 rapports (pilotée ici par une commande électronique) moyennement réactive, il se montre heureusement volontaire et permet notamment de passer de 0 à 100 en 7,5 secondes. On est toutefois en droit de se demander pourquoi Cadillac n’a pas jugé bon de lui implanter le nouveau V6 3.0 turbo de la CT6, dans une version dégonflée.

Le confort d’abord

Moins regardants enfin au dynamisme de conduite. Le XT5 est résolument orienté confort. Un objectif qu’il remplit avec brio, surtout avec les suspensions à adaptation continue : sur le bitume, le confort est absolument royal. Cette suspension a en revanche plus de mal à s’autogérer sur revêtement très dégradé ou sur les chemins de terre, où elle remonte des vibrations dérangeantes. De même, le tarage des amortisseurs reste très souple, y compris en mode sport, ce qui n’incite pas vraiment à hausser le rythme, ce à quoi le grand volant et la démultiplication de la direction ne se prêtent de toute façon pas. Ce XT5 devrait cependant répondre à l’immense majorité des besoins des utilisateurs de SUV premiums, à la recherche d’une conduite douce et sécurisante… et qui n’iront jamais mettre deux roues dans la terre. L’américain s’avérera alors un compagnon de route très agréable au quotidien, par le sentiment de quiétude au volant, et l’excellente insonorisation aux bruits de roulement.

Conclusion

Alors que la CT6 pouvait nous paraitre presqu’Européenne, ce XT5 reste diablement Américain ! Sa finition, sa conduite tout en douceur et son rapport prix/équipement imbattable sont là pour nous le rappeler. Mais c’est ça aussi qui fait son charme, et apporte une part d’exotisme qui plaira à ceux qui sont fatigués des produits du trio allemand.

+

Equipement

Souplesse du moteur

Confort royal sur route lisse…

-

… mais imprécis sur route dégradée

Finition et matériaux par endroits

Moteur et comportement «à l’américaine»

Consommation

La XT5 en quelques chiffres

Moteur : V6 essence, 3.649cc; 314ch à 6.700tr/min; 368Nm à 5.000tr/min

Transmission : aux quatre roues

Boîte : automatique huit rapports

L/l/h (mm) : 4.815/1.903/1.675

Poids à vide (kg) : 1.931

Volume du coffre (l) : 850

Réservoir (l) : 83

0 à 100 km/h (sec.) : 7,5

Prix : 50.600 € TVAC

Puissance : 417 ch

V-max : 210 km/h

Conso. mixte : 10 l/100km

CO2 : 229 g/km