Première surprise : devancé par la Dacia Sandero, le Duster n’est pas le modèle le plus vendu de la gamme roumaine. Pourtant, en débarquant sur le segment du SUV en 2010, le Dacia Duster a révolutionné le marché. Non pas par son design, non pas par sa technologie, mais bien par sa simplicité… Il emmenait avec lui l’essentiel, ce qui lui permettait d’afficher un tarif défiant toute concurrence.

Résultat : quasiment un propriétaire de Dacia sur quatre roule en Duster ! Il était temps… En 2016, il se classait dans le Top 8 des ventes de SUV en Belgique. Mais vu l’essor du segment – à la rédaction, on a parfois l’impression de ne tester que des SUV ! – il a reculé à la 12e place en 2017. Il était donc temps de changer et de proposer un Duster II, que nous avons testé en Grèce.

Une base identique

Pourquoi en Grèce ? Il y a une raison bien particulière : vous n’imaginez même pas le nombre de chemins en terre qui sont répertoriés dans les GPS ! En attendant, voici ce qui n’a pas changé sur ce pourtant tout nouveau Duster : les dimensions (quasiment identiques), l’usine d’assemblage en Roumanie (à Pitesti), le châssis – quoiqu’un peu plus rigide, avec un réglage de suspensions peaufiné – et les moteurs. Un petit rappel s’impose quand même concernant ceux-ci : au catalogue, les 1.6 (115ch) et 1.2 turbo (125ch, 4×4 en option) essence sont proposés aux côtés des 1.5 diesel (90 ou 110ch, le second étant disponible en boîte manuelle ou auto, 4×2 ou 4×4).

Pour débuter notre essai, on a fait le – très bon – choix du 1.2 turbo en deux roues motrices. Plus qualitatif et confortable Face à notre modèle Prestige (dernier niveau de finition) à 17.200€, on apprécie ses nouvelles courbes, bien plus marquées en vrai qu’en photos. Pas un seul panneau de carrosserie n’a été récupéré de l’ancien modèle !

Grâce à la nouvelle calandre et aux optiques qui s’étirent au maximum, la face avant semble plus large. Les feux arrière, avec une croix au centre en guise de clignotant (on pense tout de suite au Jeep Renegade mais ici, le bloc est plus imposant), sont plus carrés. L’ensemble apparaît ainsi plus robuste mais surtout plus qualitatif !

Dans l’habitacle, c’est un peu similaire : les développeurs sont partis d’une feuille blanche. Il ne manque rien, les matériaux sont de meilleure qualité et l’écran tactile, situé 74mm plus haut qu’auparavant, s’oriente vers le conducteur. Les sièges en tissu ont reçu un traitement particulier pour accentuer le confort à bord et c’est une grande réussite. Dacia propose également une sellerie cuir mais bizarrement, on y est moins bien assis…

Des détails qui changent tout

Confortablement installé (idem à l’arrière, avec une vraie place centrale pas trop rehaussée), on peut maintenant profiter du Duster en conditions dynamiques. Sur ce plan, deux changements majeurs le métamorphosent : l’insonorisation et la direction. Cette dernière est bien mieux calibrée, plus directe et moins artificielle. Rien que ça, ça transforme le Dacia Duster !

En 1.2 turbo essence, vu son faible poids (1.200kg), on a même ressenti un certain amusement à le conduire avec un châssis étonnamment vif, qui enroule au lever de pied (oui, oui !). OK, il ne faut pas trop en demander au moteur en côte mais vu les prix, il ne faut pas s’attendre à ce que Renault mette des moteurs du feu de Dieu ! Tant que nous sommes dans la section motorisations, j’en profite pour glisser un mot sur le diesel 1.5l 110ch : son couple de 260Nm est appréciable mais il vibre davantage et se montre un peu plus bruyant.

Un filtrage impressionnant

On vous parlait de routes parfaites pour les 4×4. Eh bien nous avons été servis ! Et c’est tant mieux car on a pu apprécier le filtrage prodigieux offert par les suspensions de ce Duster II. Certains concurrents plus haut de gamme devraient en prendre de la graine et ce, qu’on soit en 4×2 ou en 4×4 ! Idem en transmission intégrale, dès 18.100€ (en essence), version dans laquelle le SUV Dacia impressionne par ses réelles qualités de franchisseur. De plus, son équipement s’est enrichi, avec un système de contrôle à la descente, une caméra multi-vues, l’aide au démarrage en côte et un avertisseur d’angle mort. Toujours pour des prix entre 11.990 et 19.900 € !

Une des surprises de l’année

En toute honnêteté, le Dacia Duster est donc une des excellentes surprises testées en 2017 ! J’en reviens donc à mon fameux titre, « Une question de timing ». Vu la belle impression que ce Duster a fait à mes collègues (à l’unanimité !) et moi-même, j’aurais été curieux de voir le Duster présenté plus tôt dans l’année. Il aurait sans doute pu figurer sur la liste des finalistes de la voiture de l’année 2018!

Conclusion

Un prix inchangé et une qualité ainsi que des équipements qui ont fait au moins deux bonds en avant : oui, le nouveau Dacia Duster aurait pu être dans les finalistes de la voiture de l’année 2018. Commercialisé un peu tard, ce n’est pas le cas. Mais il devrait encore plus cartonner que son prédécesseur !

+

Prix toujours imbattable

Qualité perçue intérieur-extérieur

Nouvelle direction au top

Nouveaux équipements

Filtrage des suspensions

Volume de coffre en baisse (445l, voire 411 en 4×4)

Vibrations perceptibles en diesel/boîte auto

Boîte auto uniquement en diesel

Dacia Duster TCe 125 fiche technique

Moteur : 4 cylindres turbo à injection directe d'essence ; 1.197cc ; 125ch. à 5.300tr/min ; 205Nm à 2.300 tr/min

Transmission : aux roues avant

Boîte : manuelle 6 rapports

L/l/h (mm) : 4.341/1.804/1.693

Poids à vide (kg) : 1.200

Volume du coffre (l) : 445

Réservoir (l) : 50

0 à 100 km/h (sec.) : 10,4

Prix : 16.100 € TVAC

Puissance : 125 ch

V-max : 177 km/h

Conso. mixte : 6,2 l/100km

CO2 : 138 g/km