ESSAI Hyundai i30 Turbo: Vite, la suite…

Hyundai vient de retoucher sa compacte i30, et en a profité pour enrichir l'équipement. Une nouvelle version arrive aussi, la Turbo de 184 chevaux. De quoi jouer les Thierry Neuville ? Ne nous emballons pas !

Dans le domaine de l'essence, le Turbo n'est pas encore devenu la règle invariable comme il l'est avec le diesel. Cela dit, tous les constructeurs majeurs ont au catalogue des mécaniques essence gavées, surtout sous les capots de leurs modèles les plus vendus. Même Toyota, qui faisait de la résistance, vient d'annoncer un 1.2 turbo. Chez Hyundai, on a connu le 2.0 Turbo du très réussi coupé Genesis, ainsi que le 1.6 Turbo du très original coupé Veloster. Mais dans la gamme "normale", ça manquait encore

Bon goût

Voici donc l'i30 Turbo, disponible en versions 3 et 5 portes aussi séduisantes l'une que l'autre. Traits distinctifs de la Turbo: des boucliers avant et arrière spécifiques, un jonc rouge qui souligne la nouvelle calandre hexagonale, un véritable double-échappement et des jantes alliage 18''. L'habitacle est toujours aussi spacieux, aussi bien fini (distingue-t-on encore un petit mieux?) et, dans cette version Turbo, la présentation se veut un rien plus expressive : sièges sport cuir/tissus à surpiqûres rouges - surpiqûres que l'on retrouve sur le volant et le soufflet de levier de vitesses -, rouge encore pour le cerclage de bouton de démarreur par exemple… C'est fait avec bon goût mais, à notre avis, c'est un peu chiche. Une petite touche de plus, comme des fonds de compteurs blancs ou un truc du genre, aurait été bienvenue pour renforcer l'atmosphère à bord. Du moins c'est ce que nous pensions avant d'essayer la voiture. Finalement, mieux vaut ne pas trop insister sur l'ambiance, vous comprendrez plus bas…



1.6 T-GDI

Sous son capot, l'i30 Turbo reçoit le bloc déjà découvert dans le Veloster. Un moteur qui a toutes les caractéristiques modernes souhaitables puisqu'en plus du turbo, il dispose de l'injection directe. Mais ça, c'est sur le papier. Car à l'époque déjà, ce moteur ne nous avait guère convaincus dans le Veloster. Mais bon, c'était il y a plus de deux ans et nous partions sans apriori, imaginant qu'entretemps, le moteur avait pu être développé plus avant. Eh bien non ! Les 184 chevaux sont peut-être bien là, mais la placidité avec laquelle ils se mettent au travail rend bien cruelle la comparaison avec tout autre 1.6 Turbo essence du marché, même moins puissant. Bien sûr Hyundai ne présente pas l'i30 Turbo comme une voiture de sport mais, nous citons, comme une "GT familiale". Sauf que si une GT n'a peut-être pas la fulgurance d'une sportive, elle se doit tout de même d'être généreuse en reprises. Or ici, les 265 Nm promis dès 1.500 tours ne semblent pas vraiment motivés, eux-non plus. Alors d'accord, ceci est la plus véloce des i30, mais elle ne se réveille qu'au-delà de 4.000 tours. Si on n'a ni les accélérations, ni la disponibilité à bas régimes – la boîte manuelle 6 trop longue porte une grande part de responsabilité – où est l'intérêt d'un turbo !?


Nürburgring

Reste le châssis. Ici au-moins, le positionnement GT de Hyundai est cohérent. Car même si les réglages ont été peaufinés sur le Nürburgring, l'i30 Turbo n'est pas devenue aussi confortable qu'une planche de fakir, tout en étant devenue assez rigoureuse. Ca tient dans les virages, ça ne prend pas de roulis et les réactions sont saines. Par contre, GT ou sportive, il faut dans ce genre de voitures quelque chose de crucial qu'il manque ici : des sensations. Hélas, l'i30 Turbo n'a pas la faculté de transmettre de la joie à son conducteur, pas même un petit côté "il se passe un truc".
Et donc, voilà. On ne peut pas être bon en tout. Nous comme toute la profession saluons toujours Hyundai pour le chemin phénoménal accompli en 10 ans : design, qualité, motorisations diesel… Même le luxe, avec la Genesis, est un domaine dans lequel la marque peut dire qu'elle "sait y faire". Mais les moteurs compacts suralimentés, les châssis communicatifs, là, il y a encore du boulot.

Conclusion 

L'i30 face-lift est logiquement mieux que sa devancière mais concernant sa version Turbo il est difficile de s’exciter !



+
 

Présentation discrète et élégante

Rapports qualité/prix et prix/équipement

Habitabilité arrière

Comportement sain et assez efficace

 

-

Moteur manquant caractère

Performances quelconques

Peu de sensations

La Hyundai i30 Turbo en quelques chiffres

Moteur : 4 cylindres turbo, 1.591cc; 186ch à 5.500tr/min; 265Nm de 1.500 à 4.500 tr/min

Transmission : aux roues avant

Boîte : manuelle 6 rapports

L/l/h (mm) : 4.300/1.780/1.470

Poids à vide (kg): 1.292

Volume du coffre (l) : 378 – 1.318

Réservoir (l) : 53

0 à 100 km/h (sec.) : 8

Prix : 27.999 € TVAC

Puissance : 184 ch

V-max : 219 km/h

Conso. mixte : 7,3l/100km

CO2 : 169 g/km