ESSAI Kia Picanto: l'âge de la maturité

L'ancienne Picanto affichant déjà une belle personnalité dans le segment des citadines inférieures, Kia n'a pas jugé nécessaire de la refondre trop en profondeur, du moins esthétiquement. La technique et la technologie sont en revanche nouvelles... et au meilleur niveau la catégorie! 

Si elle reste dans le ventre mou du classement des ventes de citadines dans notre pays, la Picanto s'est tout de même écoulée à plus de 15.000 exemplaires depuis son lancement en 2004. Un joli succès dans un segment très disputé, que la coréenne doit en bonne partie à sa «belle gueule», agressive juste ce qu'il faut grâce à son regard perçant et son fameux «tiger nose», marque de fabrique des Kia depuis une dizaine d'année. Pas question donc de chambouler quoi que ce soit à ce niveau. La Picanto suit la tendance qui veut que la nouvelle ne semble qu'une évolution du modèle précédent : quelques lignes de muscles par-ci, une calandre élargie par-là, un bouclier aux échancrures redessinées, et le tour est joué ! Le look de la citadine s'en trouve rafraîchi de bien jolie manière, d'autant que les signatures lumineuses avant et arrière et les clignotants à LED apportent une touche de modernité bien sentie. Pour ceux qui aiment un peu plus de peps, le nouveau modèle inaugure une nouvelle ligne dynamique sobrement baptisée GT-Line. Celle-ci se pare de tous les attributs d'une vraie petite sportive : bouclier avant béant, inserts rouges pour incarner la sportivité et double sortie d'échappement chromée. Voilà qui devrait plaire à la jeune gent masculine en quête d'affirmation de sa virilité !

Habitabilité en hausse

L'habitacle a, lui, été remodelé plus en profondeur. Notamment pour libérer plus d'espace aux occupants qui profitent d'une habitabilité en hausse à toutes les places, que Kia annonce parmi les meilleures de la catégorie. Dans la pratique, pas de miracle toutefois : il reste difficile de caser plus de quatre adultes de taille moyenne, en dépit des 5 places proposées d'office sur notre marché. Le coffre affiche également une belle progression, avec un volume qui passe de 200 à 255 litres pour devenir le plus vaste du segment. Sa contenance peut en outre être élargie à 1.010 litres en rabattant la banquette 60-40, libérant au passage un seuil pratiquement plat en positionnant le plancher arrière sur son cran le plus élevé. Comme c'est devenu une bonne habitude chez Kia, les plastiques, même durs, ne souffrent pas la critique, pas plus que l'assemblage, de très bonne facture. Et les 5 ambiances proposées se chargent d'affiner le ressenti qualitatif de cet intérieur. 

Tout d'une grande 

Kia a également consenti un gros effort en matière de dotation, qu'elle soit de série ou optionnelle. Vous en connaissez beaucoup vous, des citadines dotées des sièges et du volant chauffant ? D'un système multimédia avec tablette tactile de 7 pouces ? D'un accoudoir central coulissant ? D'un dispositif de freinage d'urgence en ville ? Tout cela, la Picanto l'a ! Politique d'équipement asiatique oblige, il faudra obligatoirement sauter un niveau de finition pour profiter de la plupart d'entre eux, le catalogue d'options ne proposant de manière séparée que la peinture métallisée, le toit ouvrant électrique ou le chargeur par induction. Il n'empêche que la version d'entrée de gamme Lounge dispose déjà de tout le nécessaire pour satisfaire les acheteurs en quête d'une citadine peu onéreuse (10.840€) puisque le verrouillage centralisé, les phares à allumage automatique et les 6 airbags sont fournis.

Nouveau châssis

La Picanto troisième du nom inaugure une toute nouvelle plateforme pour le groupe Hyundai-Kia. Plus légère de 26 kilos que celle qu'elle remplace, elle offre en outre une rigidité supérieure de 32%. Des données de bon augure pour le comportement routier, malgré l'absence de velléité dynamique d'une citadine telle que celle-ci. On est dès lors en droit de se demander pourquoi les hommes (et femmes) de Kia ont jugé pertinent de nous faire essayer l'auto dans l'arrière-pays catalan, sur un parcours accidenté parsemé d'épingles, de dénivelés et de changements d'appuis habituellement réservés aux modèles sportifs. D'autant que durant la conférence qui a précédé notre essai, ces mêmes orateurs semblaient bien conscients que la Picanto est une citadine destinée à évoluer principalement en ville.

Dans ces conditions, le petit trois cylindres 1.0l de 68 chevaux (98Nm) d'entrée de gamme se montre vite à l'agonie, n'appréciant guère les relances en côte qui obligent parfois à repasser la première pour garder un semblant de souffle. Il faut en outre tirer la seconde en longueur pour éviter de tomber en sous-régime à cause du creux colossal entre le deuxième et le troisième rapport ; ce qui participe évidemment à faire exploser la consommation moyenne (homologuée à 4,4l/100km). Le 1.2l de 84 chevaux, atmosphérique lui aussi, s'en sort bien mieux dans ces conditions grâce à son couple supérieur (124 Nm) mais on sent que ce petit jeu ne l'amuse pas très longtemps non plus. D'autant qu'il est, lui aussi, équipé d'une boîte à cinq rapports seulement, voire d'une solution automatique à... quatre rapports. C'est dommage, car le châssis nous a donné entière satisfaction par sa réactivité et son efficacité. Des atouts à confirmer avec la troisième motorisation proposée : un 1.0 Turbo de 100 ch et 175 Nm, malheureusement indisponible lors de ce premier essai. 

Ville, mon amour

Revenu aux portes de la ville, sur un terrain moins escarpé, la petite Kia se montre nettement plus à son avantage, offrant une tenue de cap assez précise malgré une direction très assistée. Une caractéristique qui fait merveille en ville, terrain de prédilection évident de la coréenne. Là, entre les passages étroits, les virages serrés et les manoeuvres de parking, la Picanto révèle son vrai visage. Dans ce cas, la faiblesse de sa plus petite motorisation ne pose plus aucun problème, même si l'étagement un peu long obligera à jouer un peu trop du levier. Quant au «gros» moteur, il se fait même réellement sympathique dans ces conditions, conférant des reprises propres et nettes au moment de s'insérer dans la circulation, avec un réel sentiment de sécurité à la clé. Et quand vient le moment des manoeuvres, qu'il s'agisse d'un créneau ou d'une place de parking en épi, le rayon de braquage limité à 9,4 mètres – là encore le meilleur du segment si l'on excepte la Twingo - est un précieux allié!

Conclusion

Lorsqu'on la prend pour ce qu'elle est, à savoir une citadine bien comme il faut, la Picanto est une agréable compagne de route. Pour un usage mixte, mieux vaudra toutefois opter pour la motorisation la plus puissante. Mais dans tous les cas, la petite coréenne se montre qualitative et bien équipée.

Les plus

Look encore plus pimpant

Moteur 1.2 pétillant

Equipement disponible

Maniabilité

Les moins

1.0 un peu juste hors des villes

Boîte 5 à étagement très long

Habitabilité arrière toujours limite

La Kia Picanto 1.0 en quelques chiffres 

Moteur : trois cylindres, essence, 998cc; 67ch à 5.500tr/min; 96Nm à 3.500tr/min

Transmission : aux roues avant

Boîte : manuelle 5 rapports

L/l/h (mm) : 3.595/1.595/1.485

Poids à vide (kg) : 953

Volume du coffre (l) : 255 à 1.010

Réservoir (l) : 35

0 à 100 km/h (sec.) : 14,3

Prix : 10.840 € TVAC

Puissance : 67 ch

Vitesse maxi : 161 km/h

Cons. Mixte : 4,4 l/100 km

CO2 : 89 g/km