ESSAI Kia Rio 1.0 T-GDI: Rio Grande

Souhaitant accélérer sa percée en Europe, Kia peaufine la montée en gamme de sa Rio. La coréenne a maintenant tout d’une grande, à l’instar de ses rivales « made in Europe ». Suffisant pour leur faire boire la tasse ?

Inutile de le préciser, cela saute aux yeux quand on s’intéresse aux véhicules qui circulent sur nos routes : en volume, le segment sur lequel se battent les Renault Clio, Ford Fiesta, Opel Corsa, Volkswagen Polo et autres Peugeot 208 est gigantesque en Europe. Chez nous, par exemple, il représente près de 20% du marché total à lui tout seul. Du coup, même s’il sait que la bataille sera rude pour concurrencer les modèles indigènes qui se partagent la plus grosse part du gâteau, Kia aimerait voir les ventes de sa Rio progresser. Certes, depuis la première génération, lancée en 2000, vendue à seulement… 386 exemplaires en Belgique, la Rio est bien sûr progressivement montée en puissance. Kia a, par exemple, écoulé 6.500 Rio II entre 2005 et 2011 et 8.500 Rio III entre 2011 et 2016 sur notre marché. C’est bien. Mais, à titre de comparaison, Renault vend près de 12.000 Clio… par an en Belgique !

Taille au-dessus

À l’instar des dernières créations signées Kia, la quatrième Rio du nom mise avant tout sur une plastique suggestive pour séduire. Pour assoir ce style plus dynamique, la Rio voit dans le même temps ses proportions devenir plus sportives : elle est plus longue, plus large mais également un peu plus basse que le modèle sortant. Dans le même temps, le porte-à-faux avant s’est étiré au détriment du porte-à-faux arrière, raboté, afin d’afficher des mensurations plus dynamiques. Dépassant maintenant la barre des 4,06 mètres, la Rio IV se profile au final comme l’une des polyvalentes les plus grandes de son segment. Première conséquence : l’habitabilité aux places arrière fait figure de référence. On peut y caser deux adultes sans problème, même des grandes perches malgré la hauteur de pavillon rabaissée. Deuxième conséquence : en atteignant maintenant 325 litres, le volume de coffre se situe dans la fourchette haute du segment. À titre de comparaison, la Renault Clio offre 300 litres.

Inspiration germanique 

Si l’appellation « Rio » évoque directement en vous le carnaval brésilien et ses danseuses colorées, vous allez être un peu déçus en vous installant à bord. L’inspiration de cette Rio provient plutôt d’outre-Rhin… Autrement dit : la nouvelle planche de bord se veut avant tout qualitative et sobre. Bref, l’ambiance est un peu austère même si on peut opter pour des touches colorées afin d’égayer un peu l’ensemble. L’écran qui flotte au-dessus de la planche de bord, façon tablette tactile, rappelle tout de même celle des modèles étiquetés premiums. Et sa connectivité à la pointe (compatibilité Apple Car Play et Androïd Auto par exemple)­ plaira aux « geeks ». La qualité des plastiques, durs et creux, dénote juste un peu quand on inspecte la planche de bord attentivement. Mais, à l’œil, l’ensemble paraît globalement convaincant. Signalons enfin que, côté équipements, la Rio rivalise également avec les références du segment : freinage automatique d’urgence avec détection des piétons, avertissement de franchissement involontaire de ligne, grands phares automatiques… Par contre, comme d’habitude chez Kia, la dotation dépendra étroitement du niveau de finition retenu tant les options individuelles restent peu nombreuses.

Sur la bonne voie

Les bonnes surprises se poursuivent sur la route. Certes, la Rio ne se démarque ni par son dynamisme (contrairement aux Ford Fiesta/Renault Clio ou Peugeot 208) ni par son confort de marche ouaté, comme une Citroën C3. La Rio se contente, comme une Volkswagen Polo, une Opel Corsa ou une Hyundai i20, de proposer un excellent compromis entre ces deux visages. Grâce à une direction moins artificielle et à un train avant plus « solide », les qualités dynamiques progressent tout de même efficacement par rapport à la devancière, moins tranchante.

Sur le plan mécanique, la Rio accueille une véritable perle : le trois cylindres 1.0 T-GDI partagé avec le cousin Hyundai. Nous avons eu l’occasion de le tester dans sa variante « low power » 100ch. Il est alors couplé à une boîte manuelle 5 rapports mais assure déjà des prestations soutenues. Inutile, à notre sens, de lorgner vers la variante 120ch, à boîte 6, uniquement proposé avec la finition la plus élevée, qui facture nettement plus cher ses services (21.290€). Hormis quelques vibrations perceptibles, ce moteur se montre rond tout en offrant une belle allonge pour sortir sur les grands axes. Pour les plus petits rouleurs, le « vieux » moteur 1.2 atmosphérique 84ch devrait également suffire. Certes, il faudra rétrograder pour bénéficier de relances soutenues à l’occasion. Mais pour une utilisation urbaine, ce quatre cylindres se révèle agréable et très silencieux. Le 1.4 atmosphérique 100ch ne sera, lui, intéressant que si l’on souhaite commander une boîte automatique. Mais il s’agira alors d’un vieux module à quatre rapports. Mieux vaut, si possible, attendre l’année prochaine quand le 1.0 T-GDI pourra s’offrir les services d’une boîte à double embrayage à 7 rapports. Enfin, Kia propose aux 25% de clients qui préfèrent encore une mécanique diesel dans ce segment son silencieux (mais un peu creux dans les très bas régimes) 1.4 CRDI 75 ou 90 chevaux.

Conclusion 

Kia ne mise plus sur un prix bradé pour vendre sa Rio. Pourquoi devrait-il le faire, d’ailleurs, quand il propose un modèle au moins aussi convaincant dans tous les domaines que les starlettes de la catégorie ? Reste à savoir si proposer une alléchante garantie de 7 ans/150.000 km et une carrosserie aguicheuse suffiront à la sympathique petite Rio pour se démarquer dans un segment pour le moins compétitif…

+

Style soigné

Habitabilité/volume de coffre

Equipement disponible complet pour le segment

Système multimédia complet et ergonomique

7 ans de garantie

Tarifs dans la haute moyenne du segment

Politique d’équipement figée en fonction du niveau de finition

Pas (encore) de boîte automatique convaincante

Intérieur (trop) classique

La Rio 1.0 T-GDI 100 en quelques chiffres

Moteur : 3 cylindres en ligne, essence turbocompressé, 998cc; 100ch à 4.500tr/min; 172Nm de 1.500 à 4.000 tr/min

Transmission : aux roues avant

Boîte : manuelle à 5 rapports

L/l/h (mm) : 4.065/1.725/1.450

Poids à vide (kg): 1.155

Volume du coffre (l) : 325

Réservoir (l) : 45

0 à 100 km/h (sec.) : 10,7

Prix : à partir 18.290€ TVAC

Puissance : 100 ch

V-max : 188 km/h

Conso. mixte : 4,5 l/100km

CO2 : 102 g/km