ESSAI Maserati Ghibli 2017: pour rester une référence…

L’évolution 2017 de cette concurrente de la BMW Série 5 entend faire d’elle une voiture plus moderne mais toujours aussi désirable. Mission accomplie?

Je n’ai pas encore essayé la nouvelle Série 5 mais je suis bien placé pour comprendre l’exaspération de mon ami Laurent Zilli (lire en pages 18 à 21) : malgré les grands discours de ses communicants, depuis que la marque allemande est devenue généraliste, elle ne fait plus assez souvent vibrer les vrais amateurs de conduite et de sensations. Mercedes, au contraire, a fait le chemin inverse ; les deux marques finissant par se rejoindre sur ce point. Cela laisse un créneau pour la commercialisation de berlines premiums plus excitantes à piloter. Avec Jaguar, Maserati est sans doute la marque qui en profite le plus ! Le lancement de cette version 2017 de la Ghibli tombe donc à point nommé.

Assistances en option

Il est amusant de constater que cette voiture peut désormais disposer de toutes les aides à la conduite aujourd’hui bien connues (régulateur de vitesse avec stop&go, alerte de franchissement de bande, freinage d’urgence automatique…) mais que cela fait partie d’un pack optionnel. Une excellente idée car je connais de plus en plus de conducteurs effrayés par les réactions parfois imprévisibles de tous ces systèmes dans la circulation réelle. Sur la Ghibli, on peut donc éviter de subir (et de payer) ces bidules qui, en gros, ont comme seul avantage de retarder le moment où on se crashera lorsqu'on envoie des des SMS ou des e-mails en conduisant mais qui ont l’énorme inconvénient de parfois intervenir à mauvais escient. La Ghibli n’échappe pas à la règle, donc ne cochez surtout pas cette option si vous êtes à l’achat !
Les autres innovations de ce « model year » 2017, outre de nouvelles finitions encore plus personnalisables, concernent notamment le système infotainment, doté d’un plus bel écran tactile doublé d’une commande rotative. L’ensemble fonctionne correctement.

20 chevaux de plus

Si le moteur turbo diesel et le haut de gamme essence (S) conservent les mêmes puissances (250 et 410 ch), le bloc essence de base passe quant à lui de 330 à 350 chevaux. De quoi gagner quelques km/h et accélérer encore plus fort qu’avant. Curieusement, ce modèle n’était pourtant pas disponible lors des essais organisés par Maserati dans la région de Monaco. Mais j’ai redécouvert avec plaisir la version diesel, bien insonorisée et très souple, ainsi que la SQ4, la 410ch à quatre roues motrices. Malheureusement, les routes choisies par Maserati pour cet essai étaient un peu trop encombrées ou « touristiques » pour pousser la voiture dans ses retranchements mais il est évident que la Ghibli 2017, qu’elle soit à deux ou quatre roues motrices, fait preuve d’une grande efficacité tout en offrant un excellent ressenti au conducteur. La sonorité moteur (même celle du diesel, toutes proportions gardées) apporte un vrai plus, mais le plus sympa reste le « toucher de route » ce ces autos, dotées d’une direction très communicative et d’un train avant précis. Sur sol sec, la motricité de la version diesel (donc deux roues motrices) ne pose aucun problème.
Freins et boîte (la fameuse ZF automatique à 8 rapports) sont également irréprochables. De quoi profiter en toute quiétude de l’habitacle chaleureux de cette auto certes pas tout à fait aussi bien finie (mais pas loin) que les Allemandes de référence mais offrant un vrai plus en matière de sensations et de charme.
Mission accomplie, donc, surtout que les prix à équipement comparable sont compétitifs et que Maserati propose des solutions de leasing aussi intéressantes que les marques traditionnelles grâce à de très bonnes valeurs de reprise. à quand, dès lors, des motorisations de base pour titiller BMW à plus grande échelle !?

Conclusion

La Ghibli n’a pas perdu un iota de charme. Et cette mise à jour lui permet de revenir à la page en matière de modernité. Bravo !


+


Charme certain

Conduite agréable

Sonorité italienne

Finition peu critiquable

Proposition crédible, y compris en leasing
 

-
 
Image trop haut de gamme pour certains ?

Pas de motorisations de base

La Ghibli en quelques chiffres

Moteur : V6 bi-turbo essence, 2.979cc; 350ch à 5.500tr/min; 500Nm à 4.500tr/min

Transmission : aux roues arrière

Boîte : auto ZF 8 rapports

L/l/h (mm) : 4.971/1.945/1.461

0 à 100 km/h (sec.) : 5,5


Prix : 70.700€ TVAC

Puissance : 350 ch

Vitesse maxi : 267 km/h

Cons. mixte : 8,9 l/100km

CO2 : 207 g/km