ESSAI Mercedes S500 Plug-in Hybrid: ministre de l’environnement

Après les S400 Hybrid et S300 BlueTec Hybrid, Mercedes passe maintenant à l’hybride rechargeable, qui offre une autonomie accrue en mode électrique et donc des émissions de CO2 fortement réduites. Ainsi, officiellement, la limousine de plus de 400 chevaux qui nous occupe ne consomme que 2,8l/100km et n’émet que 65g CO2/km, soit sensiblement moins qu’une nouvelle smart fortwo (93g) !

Une seule concurrente directe

Bien sûr, ce n’est pas à une smart qu’il faut comparer notre carrosse du jour… En attendant les futures Bentley Plug-in Hybrid, cette Mercedes n’a pour l’heure qu’une concurrente directe : la Porsche Panamera S e-Hybrid, pouvant elle aussi être rechargée sur secteur, ce qui n’est pas le cas des autres limousines hybrides du marché (BMW ActiveHybrid7, Lexus LS600h, Mercedes S400 et S300 BlueTEC Hybrid; l’Audi A8 n’existant plus en hybride). Par rapport à la limousine Porsche, la Mercedes S500 hybride est plus puissante (moteur électrique de 116 chevaux contre 95 pour la Panamera, puissance totale de 442 chevaux contre 416), mais s’incline de peu en ce qui concerne la capacité énergétique de la batterie (8,7 kWh contre 9,4 pour la Porsche) et l’autonomie en électrique (maximum 33 km contre 36).  

De la ouate…

Si la Panamera hybride veut conserver une âme dynamique, la grande Mercedes mise tout sur le confort. La S500 hybride n’est d’ailleurs proposée qu’en version longue, richement équipée. Cette limousine se vit donc plus intensément de l’arrière qu’au volant. Elle affiche le confort ouaté (suspension pneumatique) des autres Classe S et sait aussi bien choyer ses passagers arrière (sièges séparés avec fonction massage, tablettes escamotables, système multimédia intégré, frigo pouvant accueillir deux bouteilles de champagne, etc.). Cette version Plug-in Hybrid offre même en exclusivité la possibilité de programmer la température ambiante à distance via une application smartphone. Cette appli permet aussi de commander le chauffage des sièges, du volant ou des accoudoirs de portes et de la console centrale.

…et des Watts

Après s’être fait bercer à l’arrière, il est temps de prendre le volant de l’engin. En écrasant à fond la pédale de droite, les moteurs thermique et électrique s’épaulent pour faire sprinter ce carrosse de 0 à 100 km/h en à peine plus de 5 secondes. La poussée est douce, mais bien réelle. Mais en courbe, l’engin fait sa taille et son poids, d’autant que cette version pèse 200 kilos de plus qu’une classique S500 L. C’est donc bien sûr en conduite douce que cette limousine s’apprécie le plus.

Cette hybride propose 4 modes de conduite : E-Mode (électrique), E-Save (qui maintient le niveau de charge de la batterie), Charge (le moteur à essence recharge au maximum la batterie en roulant) et Hybrid, qui combine au mieux les moteurs thermique et électrique en fonction du style de conduite. Ce mode Hybrid comprend un programme Economy+ qui aide le conducteur à consommer le moins possible. Le système gère alors le mode de propulsion en fonction des données du GPS (montée, descentes) et des infos recueillies par le radar avant. Exemple : si on se rapproche trop d’une voiture roulant moins vite, le système envoie deux impulsions sous la pédale d’accélérateur pour nous inciter à lever le pied et à évoluer en mode roue libre.

Quelle conso réelle ?

Pour cet essai, nous avons bouclé un parcours mixte (ville, route, autoroute) de 165 km, mené à train de sénateur. Nous avons pu parcourir environ 30 km en mode full électrique (qui reste actif jusqu’à 140 km/h). Sans dépasser cette distance, on ne consomme donc pas une goutte d’essence ! Après, la «pile» se vide et le moteur thermique entre souvent en action. Au terme du parcours, l’ordinateur de bord indiquait 7,7l/100km. Pas mal pour une limousine de plus de 2 tonnes. Mais sur ce parcours mixte, une S300 BlueTEC (hybride diesel non rechargeable), 28.000 euros moins chère, aurait fait aussi bien, voire mieux. Mis à part leur fiscalité plus douce (déductibilité pour les sociétés, ATN pour l’utilisateur), les versions hybrides Plug-in ne sont  vraiment plus intéressantes que les hybrides classiques que sur des trajets courts, menés à la seule force des batteries et donc sans consommation d’essence.

Conclusion

Limousine hyperluxueuse mais écologiquement correcte, la S 500 Plug-in est l’outil idéal du ministre de l’environnement. Le ministre des sports, lui, choisira plutôt la Porsche Panamera hybride, moins douillette, mais plus dynamique. Quant au citoyen lambda, il se contentera de regarder passer ces engins très onéreux…

La Mercedes S500 Plug-In Hybrid en quelques chiffres

Moteurs : V6 essence (2.996cc bi-turbo) + électrique; 442ch, 650Nm.

Transmission : aux roues arrière

Boîte : automatique à 7 rapports

L/l/h (mm) : 5.246/1.899/1.494

Poids à vide (kg) : 2.215

Volume du coffre (l) : 395

Réservoir (l) : 70

0 à 100 km/h (sec) : 5,2

+

Technologie hybride très aboutie

Consommation vu le gabarit et la puissance

Tout aussi luxueuse qu’une Classe S classique

Limousine à la fiscalité douce

-

Prix très élitiste

Volume du coffre en baisse

Poids, mouvements de caisse amples

Prix : 117.733 € TVAC

Puissance : 442 ch

V-max : 250 km/h

Conso. mixte: 2,8l/100km

CO2: 65 g/km