ESSAI Range Rover Sport SVR: Le Range des bad boys

Pour entrer dans le gang très fermé des SUV à hautes performances, le très aristo Range Sport prend du muscle dans cette version SVR.

C’est le premier membre d’un nouveau clan baptisé «SVR», l’acronyme de « Special Operation Vehicles». A l’image des versions «M» de BMW et des «AMG» de Mercedes, le logo SVR désignera les modèles très sportifs de chez Land Rover. Le Range Sport qui nous occupe compte donc se faire une place dans la bande des SUV à très hautes performances. Ce gang très fermé compte déjà les BMW X6 M (575ch), Mercedes GLE & GLE Coupé 63 AMG (557ch) & 63S AMG (585ch), et Porsche Cayenne Turbo (520ch) & Turbo S (570ch).

Piqué aux stéroïdes

Le Range Sport SVR aime étaler ses muscles. Il se distingue d’emblée de ses frères par son allure agressive. On remarque la calandre noire, le nouveau spoiler arrière, des jantes allant jusqu’à 22 pouces de diamètre en option ou encore le bouclier avant percé de prises d’air béantes. Et ce n’est pas juste pour la frime, mais pour mieux gaver le moteur en air frais. Sous le capot, on retrouve le bloc 5 litres V8 à compresseur du Range Sport Supercharged, mais poussé ici de 510 à 550 chevaux grâce à une gestion électronique revue et un compresseur qui souffle plus fort. Le couple augmente lui de 55 Nm, pour en offrir 680 au total. Le bloc est couplé à la boîte automatique ZF à 8 vitesses, recalibrée pour offrir des passages de rapport jusqu’à 50% plus rapide. Et la puissance passe bien sûr aux quatre roues.
Côté châssis, ce Range Sport s’articule toujours autour d’une carrosserie en aluminium guidée par un train avant à double triangle et un essieu arrière multibras, mais l’amortissement pneumatique a été raffermi.
L’habitacle subit aussi un traitement spécifique avec notamment des baquets avant monoblocs en cuir offerts de série. Les sièges latéraux arrière sont aussi monoblocs mais les dossiers peuvent s’incliner et se replier. Et un troisième occupant peut aussi toujours prendre place au milieu de la banquette.

Un british à New York

Les Etats-Unis représentent le plus grand marché du Range Sport, qui s’écoule particulièrement bien dans l’Etat de New York. Pour cet essai, le constructeur a dès lors décidé de planter son QG au cœur de la «grosse pomme». C’est donc au milieu des taxis jaunes que débute notre essai. Dans les embouteillages, on apprécie la douceur de la boîte de vitesses. Sur le «périf» de Manhattan, la suspension percute un peu sur les raccords de bitume, mais ce Range bodybuildé est globalement confortable.
Ensuite, cap au nord vers la campagne, pour rejoindre le circuit de Monticello, situé à moins de deux heures de route des gratte-ciel. Jusque-là, il faut se montrer patient et respecter scrupuleusement les limitations de vitesse. On ne fait donc qu’effleurer la pédale de droite et notre Range de 550 chevaux égrène ses rapports de boîte à moins de 2.000 tr/min, pour se stabiliser à 55 miles per hour (88 km/h), le maximum autorisé sur les nationales. À ce rythme paisible, proche de l’economy run, l’ordinateur de bord indique une consommation de 21 miles mer gallon, soit 11l/100km. Une paille au pays de l’Oncle Sam, où le gallon de fuel est à moins de 3 dollars, ce qui correspond à moins de 0,8 dollar le litre.

En piste

Changement de décor sur la piste de Monticello. On écrase la pédale de droite et on commute l’échappement piloté en mode Sport : passé 3.000 tr/min, des volets pilotés s’ouvrent dans les quatre tuyaux qui longent le plancher et le moteur gronde bruyamment et avec hargne à l’accélération, tandis que ça claque sèchement à chaque lâcher de gaz. Une sonorité qui rappelle fortement celle des sportives Jaguar badgées R et RS. Une mélodie qui incite à l’action. Les accélérations sont impressionnantes mais en courbe, le poids se fait ressentir : ce Range SVR pèse près de 200 kilos de plus qu’un Cayenne Turbo. Et malgré la suspension raffermie, les mouvements de caisse sont présents. Par contre, on peut facilement placer l’engin sur les freins ou resserrer la trajectoire au lâcher de gaz, le châssis étant assez joueur. En sortie de courbe, ce Range très musclé a tendance à se cabrer mais la motricité est bonne grâce à la transmission intégrale et au différentiel arrière piloté qui se bloque ici un peu plus rapidement pour mieux s’extraire des virages, voire entretenir une petite glisse sur les gaz. Range Rover n’a toutefois pas été aussi loin que BMW, qui propose sur ses X5 et X6 M un véritable différentiel à répartition vectorielle de couple (système augmentant le couple appliqué à la roue extérieure au virage, créant un effet de lacet qui rend le véhicule plus incisif, sans le déstabiliser). Pour éviter de piquer du nez en virage serré, le Range Sport SVR doit lui se contenter d’un système qui applique un petit coup de frein ciblé sur la roue intérieure à la courbe. Des freins (disques Brembo de 380 mm pincés par des étriers à 6 pistons) qui sont par ailleurs soumis à rude épreuve vu la puissance et le poids de l’engin.
Et le constructeur ne propose pas de disques en carbone céramique. Les ingénieurs nous disent que ce matériau n’est pas assez robuste pour résister aux chocs éventuels d’un usage en tout terrain. Car ce Range Sport en tenue de pistard ne craint pas les bains de boue ! Il offre exactement la même garde au sol (réglable) que ses frères, dispose d’un réducteur et peut lui aussi patauger dans 85 cm d’eau. C’est cette polyvalence piste/hors-piste qui épate le plus.

Conclusion

D’accord, le Range Sport SVR est un brin moins puissant et moins agile que les BMW X6 M et Porsche Cayenne Turbo S. Mais même dans cette version pour «mauvais garçons», il conserve cette classe qui fait le charme des Range Rover. Et, surtout, il ne perd pas les pédales quand le bitume vient à manquer : il est à l’aise sur tous les terrains. Un sportif complet !



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Performances et sonorité du moteur

SUV sportif qui ne craint pas la boue

Habitacle original et de caractère

 

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Mouvements de caisse en conduite sportive

Poids très élevé

Consommation vite élevée

Le Range Sport SVR en quelques chiffres

Moteur : 8 cylindres en V, essence, compresseur, 4.999cc, 550ch, 680Nm

Transmission : aux 4 roues

Boîte : automatique 8 rapports

L/l/h (mm) : 4850/2073/de 1780 à 1845

Volume du coffre (l) : de 784 à 1.761

Poids à vide (kg) : 2.335

Réservoir (l) : 105

0 à 100 km/h (sec) : 4,7

Prix : 128.600€ TVAC

Puissance : 550 ch

V-max : 260 km/h

Conso. mixte: 12,8 l/100km

CO2: 298 g/km