Le nom de Musso Sports n'est pas un inconnu dans la gamme SsangYong. Souvenez-vous, à la fin des années 90, c'est déjà sous cette appellation que le constructeur commercialisait la version pick-up de son rustique tout-terrain. Ce nom n'a pas été choisi par hasard. En coréen, Musso signifie « Rhinocéros ». C'est donc une manière induite d'illustrer la force et la solidité dont entend se prévaloir le modèle.

Coupé net

Sur le plan esthétique, le Musso Sports est dans lignée des pick-up SsangYong. Comprenez donc que son style surprend par sa partie avant calquée sur un modèle existant (le Rexton dans le cas présent), et sa coupe abrupte derrière les portières. La benne arrière étonne aussi par sa compacité en dépit de la longueur totale du véhicule : 5,09 mètres. Cela ne l'empêche pourtant pas d'emmener une europalette ou jusqu'à 850 kg de chargement. Mais surtout, cette benne compacte est synonyme de dégagement plus important pour la cabine, et donc pour les passagers. Et c'est bien là que les ingénieurs ont mis le paquet ! Précisons toutefois pour ceux qui ont besoin de plus de charge utile qu'une version allongée sera également proposée à terme.

Espace premium

Pour cet essai exclusif, c'était en réalité un Rexton Sports – son nom de baptême en Asie – de présérie qui nous était confié. Il nous avait donc été demandé d'être indulgents avec les détails est assemblages qui pouvaient ne pas correspondre à nos standards européens. Vraiment ? Nous n'avons pas besoin d'être indulgents pour saluer la qualité de l'habitacle ! Identique à celui du SUV Rexton, celui-ci affiche un dessin moderne mais sans fioriture. Il peut se prévaloir d'un soin indéniable dans sa fabrication, et même d'un certain luxe dans le choix des matériaux. Vous en connaissez beaucoup vous des pick-up avec un tableau de bord revêtu de cuir ? Nous pas ! D'autant que le volant et la sellerie en sont également habillés. Ils se marient à des plastiques épais et moussés pour la plupart, et à des inserts au rendu valorisant. Les boutons et commandes sont précis et agréables, et peaufinent l'ambiance résolument premium qui domine à bord.

Une qualité remarquable qui se marie à une habitabilité qui l'est tout autant. Les occupants arrière sont notamment choyés comme rarement dans le segment par un espace aux genoux digne d'un SUV et une banquette moelleuse au dossier suffisamment incliné. Le moins que l'on puisse dire, c'est que le Rexton Sports sait recevoir !

Multibras

Bâti sur le châssis du Rexton, le Musso Sports profite du comportement routier de SUV de ce dernier. Le volant commande une direction légère mais qui ne manque pas de précision, et le train avant très bien amorti offre un filtrage très agréable. L’arrière est suspendu par un dispositif multibras, fait rare sur le segment. Une solution qui ne parvient toutefois pas à avaler plus sereinement les dégradations du revêtement que l’habituel essieu rigide. A vide, cela se traduit par d'intenses vibrations et des sautillements incessants qui se répercutent trop sensiblement dans l'habitacle, et rendent le Coréen très inconfortable sur routes dégradées. Tant qu'à vouloir faire un pick-up «de luxe», les ingénieurs auraient pu rendre ces suspensions un peu plus conciliantes, quitte à sacrifier quelque peu la charge utile. Au-delà de ce point noir, qui s'atténue forcément à mesure que la charge à l'arrière augmente, le Musso Sports affiche un comportement routier bien plus sain que celui de feu l'Actyon Sports. La prise de roulis plutôt maîtrisée est secondée d'une stabilité en courbe nettement plus sécurisante.

Discret et vaillant

Sous le capot, c'est un moteur quatre-cylindres 2.2 de 181 chevaux qui officie. Un bloc qui offre des prestations tout à fait honorables à ce pick-up de 2 tonnes, et qui fait surtout preuve d'une réelle discrétion à bord du véhicule ou en dehors. Même en charge, le niveau sonore dans l'habitacle reste des plus contenus, et loin des sonorités très « utilitaires » que l'on retrouve souvent à la concurrence. Il est associé à une boîte de vitesses automatique à six rapports fournie par l'équipementier Aisin, capable d'absorber sans dommage les 420 Nm de couple en toutes conditions. Une boîte qui remplit correctement son office, mais à qui il faut laisser le temps d'opérer, à la rétrogradation notamment, car elle n'apprécie pas trop d'être brusquée. Mais là encore, rien d'indigent pour le segment. Et si un tel tandem ne favorise pas vraiment les économies de carburant, la consommation s'est pourtant limitée à 9,6l/100 km lors de notre essai.

Conclusion

Le Musso Sports frappe fort en matière de vie à bord et de qualité de fabrication, où il fait aussi bien (si pas mieux) que des pick-up positionnés comme premiums !


Les plus

Qualité de l'habitacle (matériaux et assemblages)

Habitabilité des places arrière

Direction bien calibrée

Moteur volontaire et discret

Insonorisation

Prix 

Les moins

Suspension arrière sautillante à vide

Inconfort des suspensions (arrière)

Le Musso Sports en quelques chiffres

Moteur : quatre cylindres, turbo, diesel, 2.157cc; 181ch à 4.000tr/min; 420Nm de 1.600 à 2.600 tr/min.
Transmission : aux quatre roues
Boîte : automatique 6 rapports
L/l/h (mm) : 5.095/1.950/1.840
Poids à vide (kg) : 2.090
Charge utile (kg) : 850
Réservoir (l) : 75
0 à 100 km/h (sec.) : nc
Vitesse maxi (km/h) : 156
Cons. Mixte (l/100km)  : 8,6
CO2 (g/km) : 226
Prix (€ TVAC) : 22.000