ESSAI Toyota Prius Plug-In Hybrid: chère vitrine

Avec sa batterie de plus grande capacité, la Prius Plug-In parvient à parcourir 50 kilomètres sans rejeter le moindre gramme de CO2, soit le double de sa devancière. Mais à quel prix! 

Selon les prévisions de Toyota, la version rechargeable devrait représenter 20% des ventes de Prius, soit environ 100 à 150 unités annuelles sur notre marché. Son design plus consensuel que sa soeur hybride devrait l'y aider. La face avant adopte des feux LED faits de quatre blocs indépendants qui permettent de gérer l'éclairage adaptatif intelligent, et une calandre étirée qui lui confère un visage plus horizontal. L'arrière se dote quant à lui des feux (LED également) dessinant une jolie vague sur toute la largeur du hayon. Ce dernier est en outre réalisé en fibre de carbone, permettant d'économiser quelques précieux kilos.



EV

L'habitacle se distingue par ses quatre places seulement et par son coffre réduit à 360 litres (142 de moins qu'une Prius classique) pour permettre de caser les batteries. La console centrale intègre aussi de nouvelles commandes permettant de sélectionner le mode de fonctionnement du moteur thermique (normal, Power ou Eco), ou de favoriser l'usage du moteur électrique. Maintenir la touche EV mode quelques secondes permet d'activer la charge en roulant via le moteur thermique; ce qui fait inévitablement grimper la consommation d'essence.


 

Panneaux solaires et pompe à chaleur

Les panneaux solaires sur le toit ne se contentent plus d'alimenter la climatisation comme auparavant, ils permettent désormais d'apporter un supplément d'autonomie à l'auto; jusqu'à 5 km par jour selon Toyota. Par ailleurs, l'impact de l'usage de la climatisation est minimisé par l'implantation d'une pompe à chaleur pour l'alimentation de cette dernière; une première mondiale. Elle permet de chauffer l'habitacle dès que la température est supérieure à -10°C.



Trois moteurs 

Ce ne sont désormais plus deux, mais bien trois moteurs qui sont sollicités pour mouvoir la Prius Plug-In. En plus du moteur thermique 1.8l VVT-i de 98 chevaux, un moteur électrique de 72ch (53 kW) se charge des phases de roulage électrique. Entre les deux, un module de 31ch (22,5 kW) permet de coupler les deux moteurs, délivrant ainsi une puissance combinée de 122ch (90 kW). C'est en utilisation full-électrique que cette solution offre le plus d'agrément, pour les raisons habituelles : performances grâce au couple immédiat, silence absolu et poussée linéaire. La Prius Plug-In a également bien progressé sur les plans du dynamisme et de la conduite, avec un châssis moins pataud, et une direction plus précise. Même la boîte à variation continue se montre plus agréable, se faisant presque oublier à vitesse stabilisée sur autoroute. Elle reste en revanche toujours aussi horripilante en usage extra-urbain et sur parcours sinueux par les incessantes montées en régime qu'elle provoque, avec la sonorité peu flatteuse du quatre-cylindre qui l'accompagne. Pour tirer le meilleur parti de cette Prius Plug-In, il faudra donc en charger la batterie (de 8,8 kWh) aussi souvent que possible, ce qui se fait en 2h sur une borne, en 3h10 sur une prise domestique. C'est évidemment comme cela aussi que la dépendance au sans-plomb sera la plus faible, avec une consommation en cycle NEDC annoncée à 1l/100km, soit 22gr CO2/km. Dans la pratique, l'ordinateur de bord affichait 3,5l/100km après un parcours principalement (auto) routier de 150 km, ce qui reste parfaitement honorable !



Le coût de la technologie

Deux finitions sont prévues sur notre marché (Solar ou Business), impliquant de faire un choix entre les panneaux solaires et l'intérieur cuir. Facturées respectivement 41.980 et 42.970 euros, soit environ 8.000 euros de plus qu’une Prius classique, l'une comme l'autre demanderont un sérieux effort financier ! A titre de comparaison, une BMW 225xe s'affiche à partir de 38.550 euros, et une Golf GTE à 38.970 euros. Certes, l'équipement de la Toyota est plus fourni et son autonomie électrique plus importante, mais tout de même.

Conclusion

De l'aveu même de Toyota, la Prius Plug-In se veut avant tout une vitrine technologique et constitue, à ce titre, une réussite indéniable. Reste à espérer que les acheteurs seront prêts à casser leur tirelire et à l'utiliser comme il se doit, et qu’ils ne verront pas uniquement ses 100% de déductibilité fiscale (pour entreprises) lors de la signature du bon de commande.

 

Les plus

Agrément de conduite en électrique

Autonomie électrique réelle

Habitabilité pour les passagers

Look moins torturé que la Prius classique

Boîte CVT mieux gérée sur autoroute...

 

Les moins

... mais toujours horripilante sur route.

Sonorité moteur et agrément en hybride

Surcoût par rapport à une Prius et prix final

Coffre réduit et peu pratique

Politique d'équipements

 

La Toyota Prius Plug-In en quelques chiffres

Moteur : hybride, quatre cylindres, essence, 1.798cc; 98ch à 5.200tr/min; 142Nm à 3.600tr/min ; moteur électrique 52 kW ; moteur électrique 22,5 kW

Transmission : aux roues avant

Boîte : train épicycloïdal

L/l/h (mm) : 4.645/1.760/1.470

Poids à vide (kg) : 1.605

Volume du coffre (l) : 360 à 1.204

Réservoir (l) : 43

0 à 100 km/h (sec.) : 11,1

 

Prix : 41.980€

Puissance : 122 ch

Vitesse maxi : 162 km/h

Cons. Mixte : 1 l/100km

CO2 : 22 g/km