L’avantage, après une si longue attente, c’est qu’on ne peut douter du fait que la nouvelle venue constitue une « vraie nouveauté »! A part le nom et la philosophie, il n’y a rien de commun entre une XC60 de 2007 et sa descendante de 2017. Tant mieux! La nouvelle XC60 est en effet basée sur la plate-forme de la très récente et moderne XC90, qui a marqué le début du renouveau de Volvo en 2015. Adieu vieilles technologies héritées de l’ère Ford : les dernières Volvo (XC90, S90, V90 et donc maintenant XC60) bénéficient de tout le savoir-faire suédois, bien servi par l’argent des propriétaires chinois (Geely).

Pas de mauvaise surprise

Point de vue look, les designers scandinaves ont une nouvelle fois visé juste. Si la XC90 est très statutaire, la XC60 lui ressemble, tout en étant clairement plus dynamique. Les phares arrière font davantage penser à ceux de la V90, et l’ensemble est vraiment très réussi. Il faudrait être  de mauvaise foi ou ne pas aimer du tout le style suédois pour dénigrer ce coup de crayon.

Idem à l’intérieur. Franchement splendide, particulièrement la pièce en bois qui ondule sur le meuble de bord. Du grand art! Comme quoi, il y a moyen de faire à la fois chic et agréable à vivre!

On retrouve aussi le même excellent niveau de finition que sur la XC90, avec évidemment une habitabilité un peu réduite. Mais deux personnes de 1,90 mètre peuvent encore s’asseoir l’une derrière l’autre côté conducteur sans que les genoux du passager ne touchent le siège avant. Pas mal du tout, donc, tout comme le coffre, bien « carré » et intelligemment conçu.

Toujours plus autonome

La XC90 constitue déjà un sommet d’assistances sécuritaires en tous genres. En bonne Volvo, la XC60 va encore plus loin, avec par exemple une réaction de la direction en cas de détection d’obstacle dans l’angle-mort du rétroviseur. Tant qu’on y est, pourquoi pas!? Mais le soir de cet essai, j’ai eu une discussion à ce sujet avec le responsable de ces systèmes électroniques, en lui demandant si ces innovations répondaient vraiment à la demande des clients. En gros, non! Pas mal d’entre eux sont d’ailleurs un peu effrayés par ces machins qui bipent et qui s’enclenchent à tout-va. Mais Volvo a décidé d’être à la pointe en la matière, car c’est l’avenir. Certes. N’empêche que personnellement, je préférerais que les assistances actuelles ne se déclenchent plus intempestivement avant que les constructeurs en ajoutent de nouvelles. Lors de cet essai, j’ai encore eu une frayeur inutile car ma voiture d’essai a cru détecter un danger alors que tout était sous contrôle. Mais Volvo affirme que ces assistances ont déjà réduit de 30% l’implication de ses voitures dans des accidents. Tout en avouant ne pas disposer de statistiques sur les accidents (sûrement moins nombreux il est vrai) causés par ces systèmes lorsqu’ils surprennent soit le conducteur, soit les autres usagers de la route. Sans même parler de la distraction qu’engendrent évidemment toutes ces assistances! Mais fermons cette parenthèse pour parler sensations…

D5 ou T6?

Dès les premières centaines de mètres, à la sortie de l’aéroport de Barcelone, j’ai basculé sur le mode Dynamic. Le mode normal, baptisé Comfort, offre en effet une assistance de direction trop importante à mon goût. Heureusement, il est possible de personnaliser le « set-up » en gardant le mode Comfort tout en durcissant la direction. C’est selon moi la meilleure option car cela permet de conserver un fonctionnement doux et confortable de la boîte de vitesses automatique tout en disposant d’un peu de « feedback » du volant. Cette remarque est valable pour la version D5 comme pour la T6, avec laquelle nous avons commencé ces essais.

Point de vue sensations, il y a évidemment des différences entre l’essence et la diesel. En ce qui concerne la motorisation, je dirais que c’est kif-kif. Si vous n’êtes pas un anti-diesel, il n’est donc pas très utile d’opter pour l’essence car vous n’aurez pas beaucoup plus de sensations, et le D5 est particulièrement discret et bien insonorisé. Pas la peine, donc, de faire exploser vos notes de carburant pour disposer de quelques chevaux supplémentaires! D’autant que le son du 4 cylindres essence n’est pas plus excitant que celui du diesel.

Et puis, surtout, j’ai trouvé la suspension de la D5 plus sympa que celle de la T6, visiblement plus axée confort. Sur les petites routes sinueuses que nous avons empruntées, la D5 virevoltait mieux d’un virage à l’autre, allant même jusqu’à offrir un certain plaisir de conduire. C’est la bonne surprise de cet essai : même si la XC60 partage beaucoup de choses avec la XC90, elle se montre en effet plus dynamique et agréable à emmener d’un virage à l’autre. Ce n’est pas une BMW X3, n’exagérons pas, mais c’est sympa et cohérent, en tout cas en ce qui concerne la D5. La T6 séduira davantage ceux qui apprécient une conduite très décontractée, même si elle ne mettra jamais en difficulté ceux qui voudraient un peu attaquer à son volant. Mais elle n’est visiblement pas faite pour cela!

Reste à parler du prix, que Volvo annonce quasiment équivalent à celui de l’ancien modèle. Vu le succès de ce dernier et les énormes progrès affichés par la nouveauté, il ne fait à peu près aucun doute que ce nouveau XC60 va faire un nouveau carton. Ah non, pardon, on ne peut plus parler de carton chez Volvo!

Conclusion

Pas de surprise : la XC60 est une petite XC90, en un peu plus dynamique. Sans nul doute une formule à succès!

+

Design

Présentation de l’habitacle

Confort

Habitabilité

Mécaniques modernes

Manque de dynamisme du châssis T6

Aides à la conduite intempestives

Le Volvo XC60 D5 AWD en quelques chiffres :

Moteur : 4 cyl. turbo diesel, 1.969cc ; 235ch à 4.000tr/min ; 480Nm de 1.750 à 2.500 tr/min

Transmission : aux 4 roues

Boîte : auto 8 rapports.

L/l/h (mm) : 4.688/1.915/1.658

Poids à vide (kg) : 1.879

Volume du coffre (l) : 505

Réservoir (l) : 71

0 à 100 km/h (sec.) : 7,2

Prix : 53.500€ TVAC

Puissance: 235 ch

V-max : 220 km/h

Conso mixte : 5,5 l/100km

CO2 : 144 g/km