ESSAI future Opel Insignia: grande cachottière

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Avant même que les premières photos officielles ne soient dévoilées, nous avons pu essayer en avant-première la future Opel Insignia, qui sortira l’an prochain. Si nous n’en connaissons pas encore tous les secrets, nous pouvons toutefois déjà vous en révéler un certain nombre…

L’an dernier, nous nous étions rendus au même endroit, à la frontière franco-allemande, pour essayer celle qui allait devenir Voiture de l’Année, l’Opel Astra. En tenue de camouflage également, celle-ci nous avait immédiatement fait bonne impression. Cette fois, c’est sa grande sœur Insignia, basée sur la même nouvelle plate-forme, qui s’est livrée à nous. Aujourd’hui, c’est comme cela que les constructeurs procèdent : une même base technique, déclinée en plusieurs tailles, pour limiter les coûts de développement. Ici, on atteint même des proportions impressionnantes. Un peu frustré de ne plus proposer de véritable porte-drapeau depuis la disparition de l’Omega à la fin du siècle dernier, Opel a en effet décidé de faire grandir son Insignia. à tel point qu’elle rejoint les voitures de la catégorie supérieure : si l’actuelle affiche des dimensions proches d’une BMW Série 3, sa future remplaçante est en effet quasiment aussi longue (4,90 mètres) qu’une Série 5 ! De quoi évidemment offrir plus d’espace intérieur. Cela tombe bien puisque le manque d’habitabilité constitue un des principaux reproches faits à l’Insignia en vente actuellement. Cette fois, les familles ne devraient plus se plaindre, surtout que si la longueur hors-tout n’évolue que de 55 mm, l’empattement gagne lui 9,2 cm (grâce aussi à la réduction des porte-à-faux).

L’espace est donc royal, un peu comme dans une Skoda Superb, référence de la catégorie des grandes familiales en la matière. Et côté coffre, même si Opel ne fournit pas encore de données chiffrées, on peut déjà affirmer que ce dernier se montrera généreux et pratique.

Un (ou deux) doute(s)

D’après Opel, un des autres reproches formulés à l’encontre de la vieillissante Insignia concerne son tableau de bord. « Trop de boutons », affirment certains. Difficile de bien juger la nouvelle sur ce point car le meuble de nos véhicules de développement était masqué par des caches noirs, pour que nous ne puissions pas prendre de photos révélant trop de secrets. Mais d’expérience, nous pouvons affirmer que le fait de supprimer trop de boutons est généralement une mauvaise idée. Lorsqu’on conduit, mieux vaut en effet avoir un accès direct aux différentes fonctions via ces commandes, plutôt que de devoir passer par un écran tactile. Peugeot vient d’en faire la démonstration en remettant des boutons dans son 3008, après s’être tant vanté d’avoir « gommé » ceux de la 308. Encore une fois, vu les circonstances, il est difficile de dire si Opel est allé trop loin mais c’est malheureusement à craindre. De même, la marque allemande se montre très fière d’avoir installé les sièges avant 30 mm plus bas que sur le modèle actuel. Mais du coup, je me sentais un peu engoncé et devais monter le siège au plus haut pour me sentir à l’aise. Quand même bizarre de vouloir descendre le siège conducteur au maximum alors que le succès actuel des SUV vient justement en partie de leur position de conduite surélevée…

Des certitudes

Il est cependant certain que la future Insignia est une bien meilleure voiture que l’actuelle ! Comme l’Astra de dernière génération, méritoirement élue Voiture de l’Année, elle a en effet bénéficié d’une cure d’amaigrissement lui faisant le plus grand bien. Malgré des dimensions extérieures en hausse, l’Insignia 2017 perd en effet jusqu’à 170 kilos par rapport à sa devancière. C’est beaucoup, et cela se ressent à tous les niveaux : tenue de route, confort, performances, consommations… Nous n’avons pas encore les chiffres exacts pour ces deux derniers points mais point de vue sensations, c’est tout différent ! La nouvelle Insignia est agile, tient magnifiquement le parquet et offre des accélérations bien plus convaincantes que l’actuelle. La principale version essayée était pourtant équipée du nouveau moteur essence 1,5 litre turbo de 165 chevaux, qui remplace le 1.6T 170ch. Rien que ce changement permet de gagner 16 kilos. Cette 1.5T inaugure également une toute nouvelle boîte manuelle 6 vitesses, plutôt réussie même si le levier est trop reculé dans l’habitacle pour ceux qui, comme moi, ont de longs avant-bras.

Outre une perception  plus dynamique au volant de la nouveauté, j’ai eu la confirmation que celle-ci était plus efficace que celle qu’elle remplace. Comme nous évoluions en convoi, passant de l’une à l’autre en permanence, j’ai remarqué que lorsque j’étais au volant de l’Insignia apparue en 2009, j’avais parfois du mal à suivre certains confrères sur les routes sinueuses et mouillées d’Alsace. à l’inverse, lorsque je conduisais la nouveauté, ces mêmes confrères ne suivaient plus du tout, au volant de l’ancienne. CQFD ! Et l’autre bonne nouvelle, c’est que le confort ne pâtit pas de cette efficacité bien supérieure, que du contraire (du moins avec le système d’amortissement adaptatif, qui sera sans doute optionnel).
Un bref essai de la version 2.0 Turbo 4x4 de 250 chevaux m’a confirmé tout le bien que je pensais déjà de cette auto. Sa transmission moderne - permettant de répartir le couple de la meilleure manière qui soit afin d’améliorer la tenue de route - fait d’elle une très grande routière, performante, sûre et agréable à piloter. Sa nouvelle boîte automatique 8 rapports (au lieu de 6 auparavant) se révèle également remarquable.

Les versions diesels n’étaient malheureusement pas encore disponibles mais une gamme mazout complète, allant de 110 à 170 chevaux, sera évidemment proposée, en principe dès le printemps 2017. Cela devrait contribuer à faire de la nouvelle Insignia la nouvelle référence parmi les voitures « non-premiums » de la catégorie des grandes familiales !

Conclusion

Les Passat, Mondeo et autres Talisman doivent profiter des mois qui viennent car courant 2017, elles auront une nouvelle concurrente de très haut niveau. Opel s’apprête à bousculer la hiérarchie !


+

Poids en nette diminution
 
Mécaniques modernes
 
Agilité
 
Confort
  
-

Encombrement

Suppression des boutons du tableau de bord
 
Position de conduite très basse
 
Levier de vitesses trop reculé


La future Insignia 1.5T en quelques chiffres

Moteur : quatre cylindres, turbo essence, 1,5 litre; 165ch; 250Nm
 
Transmission : aux roues avant

Boîte : manuelle six rapports