Alors que la marque Range Rover est officiellement estampillée premium, ce n’est pas tout à fait le cas de Land Rover. Mais par son charisme et par des produits qui n’ont finalement que peu à envier à ceux de Range, cela à des tarifs moins élitistes, les Land Rover attirent à peu près la même clientèle. Quant au Discovery Sport, il s’est taillé une jolie place sur le marché des SUV compacts chics. Autant dire que sur le plan commercial, le Disco Sport est le fer de lance du groupe britannique, et il est impératif qu’il toujours le mieux armé possible. Au moment de le renouveler après cinq ans de carrière, le constructeur ne s’est donc pas contenté de lui repoudrer le nez et d’ajouter un bidule électronique.

Dans la course

Land Rover n’a pas été le dernier à se lancer dans l’électrification de ses véhicules, puisqu’il y a par exemple des versions hybride au catalogue Range Rover depuis plus de cinq ans. Mais la course au CO2 s’accélère, un constructeur de SUV est en première ligne pour affronter les assauts des normes européenne, et on n’a pas le temps d’attendre le traditionnel cycle de vie de sept ans pour réduire un niveau d’émissions. Bref, le Discovery sport devait sans tarder adopter les mesures ad-hoc, et c’est pourquoi sous cette robe discrètement retouchée, qui dégage un petit supplément de dynamisme et de “richesse”, il y a la nouvelle plateforme tout récemment inaugurée par l’Evoque de seconde génération, plateforme pouvant accueillir des motorisations électrifiées.

Sport front

Dès le lancement de ce Disco Sport mis à jour, toutes les mécaniques à l’exception de l’entrée de gamme (diesel 150ch FWD) sont équipées d’un système d’hybridation douce 48 volts. De quoi réduire les émissions de CO2 de 8 g/km en moyenne, les consos de 6% et, accessoirement, fournir à l’occasion 140 Nm de couple supplémentaire. Et ceci n’est qu’un premier pas, car sans donner beaucoup plus de précisions pour le moment, Land Rover annonce entre-autres l’arrivée prochaine d’une hybride rechargeable basée sur un moteur 3 cylindres. Tout cela est très logique : les projets sont les mêmes que ceux du Range Rover Evoque, avec lequel le Discovery Sport partage cette nouvelle plateforme. Les cousins partagent d’ailleurs bien plus que cela.

Saut technologique

Car le “petit” Land Rover dispose à son tour d’une foule de nouveautés technologiques récemment inaugurées par l’Evoque. On pense d’abord au rétroviseur intérieur à vision virtuelle. En clair, lorsqu’on bascule ce rétro comme on le ferait avec un rétro classique pour éviter l’éblouissement, celui-ci se transforme en écran HD, qui affiche l’image d’une petite caméra située au-dessus de la lunette arrière. C’est à priori un peu gadget, mais on imagine tout l’intérêt que le système peut avoir quand par exemple on voyage avec un coffre chargé jusqu’au toit. Dans le même genre, il y a le ClearSight Ground View, un système qui rassemble l’image des différentes caméras disséminées sur la voiture pour afficher sur l’écran central la vue du sol, comme si le capot devenait littéralement transparent. La par contre, on peut vraiment parler de gadget, car il se trouve que cette image affiche la route avec un petit temps de retard. Nous imaginions donc qu’en situation de franchissement périlleux, elle pouvait servir à vérifier où on s’apprête à poser les roues, à donner des infos cruciales, comme par exemple ce qu’il y a juste après une crête, mais ce n’est pas le cas.

Disco hill

A bord aussi, la technologie avance. Le Disco Sport reçoit maintenant lui aussi un tableau de bord entièrement digital, à la lisibilité exemplaire, ce qui n’est pas toujours le cas des concurrents. Le système multimédia hyper connecté est dernier cri, et on apprécie que Land Rover n’aie pas aussi loin que Range Rover en matière d’écrans. Ici donc, pas de second écran multifonction à la place du module de commande de climatisation. En revanche, en pressant le bouton d’appel du sélecteur de mode 4×4 Terrain Response, la molette de température passager change temporairement de fonction, et devient celle par laquelle on choisit le terrain sur lequel on évolue. Simple, efficace, ergonomique et pas surfait : un usage judicieux de la technologie.

Disco interior

Plus 4×4 que SUV

Nous sommes peut-être trahis pas nos souvenirs, mais il nous semble qu’avec ce nouveau millésime, le Discovery Sport reprend possession de l’âme 4×4 de son blason, et on le ressent déjà sur l’asphalte. Car lorsqu’on le conduit de façon plutôt engagée sur une route sinueuse, il y a ce petit roulis et cette configuration de la direction (avec un rappel assez marqué vers la position centrale) qui rappelle que non, ceci n’est pas un SUV sportif. Non pas qu’il ne soit pas capable de suivre, mais il ne rend pas l’exercice particulièrement agréable. Ceci n’est pas un BMW ou un Mercedes, c’est un Land Rover. Et c’est pour nous une grande qualité. Sur route, on préférera donc le conduire de façon coulée, élégante, pas à la hooligan.

Sport

Enfin, ce retour à l’âme tout-terrain se manifeste surtout… en conduite tout-terrain. Bien sûr, le Disco Sport n’est pas de la trempe de son grand frère Discovery. Il lui manque pour ça un peu de garde au sol, et surtout les rapports courts. Mais il reste capable d’aller bien plus loin que l’écrasante majorité de ses rivaux, grâce bien sûr au système Terrain Response 2 qui n’en finit pas de se perfectionner. En l’occurrence, la Disco Sport ajoute à son arsenal un système permettant de choisir une vitesse de progression en terrain difficile. Une fois cette vitesse sélectionnée et le terrain choisi (sable, neige, rocher, etc.), on lâche le frein et le véhicule gère la motricité, le conducteur n’ayant plus qu’à s’occuper du volant. L’efficacité est incroyable.

Conclusion

Le Discovery Sport se prépare donc un futur électrifié. Et tout en regardant vers l’avenir, il se souvient de son histoire basée sur le tout-terrain. Belle démarche !

Disco terrain

Le Discovery Sport D150 AWD en quelques chiffres

Moteur : 4 cyl, turbodiesel, 1.998cc ; 150ch à 4.000tr/min ; 380Nm de 1.750 à 2.500 tr/min.

Transmission : aux 4 roues.

Boîte : auto 9 rapports.

L/l/h (mm) : 4.597/2.173/1.727

Poids à vide (kg) : 1.873

Volume du coffre (l) : 485 – 1.794

Réservoir (l) : 65

0 à 100 km/h (sec.) : 11,4

Prix : 43.450€ TVAC

Puissance : 150 ch

V-max : 190 km/h

Conso. mixte : 6,9 l/100km

CO2 : 181 g/km

Autres motorisations

D150 FWD : 150ch ; 5,9l/100 km ; 194km/h ; 38.250 € TVAC

D180 AWD : 180ch ; 7,0l/100 km ; 202km/h ; 45.550 € TVAC

D240 AWD : 240ch ; 7,1l/100 km ; 220km/h ; 49.300 € TVAC

P200 AWD : 200ch ; 9,2l/100 km ; 207km/h ; 44.600 € TVAC

P250 AWD : 250ch ; 9,3l/100 km ; 225km/h ; 48.850 € TVAC

  • Confort en hausse
  • Arsenal tout terrain enrichi
  • Conso et émissions en baisse…
  • … mais toujours assez élevées
  • Capot « transparent » guère utile en franchissement
Note de la rédaction : (4/5)