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ESSAI Kia Optima GT: train d’enfer

21/11/2016 | Jean-François Christiaens

Kia va adopter un train d’enfer dans les prochaines années, notamment en multipliant les variantes de modèle existants. L’Optima, jusqu’ici uniquement disponible en berline diesel, nous arrive donc en break Sportswagon, en hybride rechargeable et dans une alléchante variante sportive siglée GT.

Ecoulant encore moins de 300.000 unités annuelles chez nous en 2011, Kia vise dorénavant le cap du demi-million d’ici 2018. Pour y parvenir, les Coréens misent sur une stratégie de lancements frénétiques, avec l’arrivée de nombreux nouveaux modèles et remplacements. Principalement des versions écologiques, comme la récente hybride Niro. Mais pas seulement. Pour soigner son image, Kia entend également proposer des modèles sportifs afin de répondre aux critiques qui pensent que seules les lignes des nouvelles Kia sont dynamiques… L’an prochain, on verra ainsi arriver un coupé quatre portes propulsion ! En attendant, c’est la nouvelle déclinaison GT de l’Optima qui endosse le rôle de vecteur d’image chez Kia…

Look aguicheur

Si l’Optima normale se démarquait déjà par ses lignes dynamiques, la version GT accentue encore le trait. Stylistiquement, on note la présence de pare-chocs spécifiques, d’une calandre encore plus sportive, de jantes 18 pouces laissant apercevoir des étriers de freins peints en rouge, etc. Les modifications à l’intérieur se montrent un peu plus discrètes, même si on appréciera tout de même les logos « GT » sur le volant et les sièges. Mais la version GT ne se contente pas seulement de modifications cosmétiques. Pour aller jouer dans les cours des grands, elle peut également compter sur des liaisons au sol spécifiques. Abaissée de 10 mm, l’Optima GT se campe sur des ressorts plus fermes et s’équipe d’une barre de torsion plus rigide à l’avant. Pour la première fois chez Kia, on retrouve également un amortissement variable (en série) permettant de moduler les lois d’amortissement selon trois modes : Normal, Sport et Eco. Un attirail efficace ? Assurément ! En pratique, l’ensemble se révèle convaincant et permet de jouir d’un amortissement conciliant ou figé en fonction du mode retenu. Certes, l’Optima GT ne se révèle pas particulièrement tranchante ni agile en conduite très sportive. Mais c’est voulu : c’est une « GT », comme son nom l’indique. Elle préfère rester efficace et rassurante dans tous les cas de figure. Un léger excès d’optimisme restera sanctionné par un léger sous-virage. Par contre, on apprécie son insonorisation et sa stabilité aux hautes-vitesses. Testée sur l’autobahn à proximité de Munich, l’Optima GT a réussi son examen de passage en dévorant les bornes à plus de 200 km/h sans sourciller.

2.0 turbo polymorphe

Pour maintenir ce rythme, le moteur retenu par Kia pour son Optima GT ne manque pas de souffle. Il s’agit du tout nouveau 2 litres turbo à injection directe T-GDI du groupe Hyundai-Kia, que l’on retrouvera également sous le capot de la future Hyundai i30 N. Tout en aluminium, ce moteur moderne s’équipe d’un système de distribution variable CVVT et développe ici 245 chevaux. Quintessence qui arrive à 6.000 tr/min tandis que le pic de couple, de 353 Nm, répond déjà présent dès 1.350 tr/min et ne faiblit pas avant 4.000 tours. Bref, voilà une mécanique très souple pour une utilisation quotidienne mais capable d’essorer le tachymètre à la demande. Ainsi animée, l’Optima GT accroche la barre des 100 km/h en 7,4 secondes et peut allonger la foulée jusqu’à 240 km/h. Seul petit défaut : en mode Sport, sa sonorité « bidouillée » par un module actif situé à la base du pare-brise semble un brin artificielle. Ah oui, autre petit détail : en l’absence de Stop&Start et d’une traque stakhanoviste des émissions, l’Optima GT est homologuée à 191g CO2/km. Soit autant qu’une… Porsche 911 Carrera, tout de même !

Boîte auto, exclusivement

La nouvelle boîte à double embrayage 7-DCT proposée sur l’Optima 1.7 CRDi ne pouvant digérer plus de 340 Nm de couple, Kia a retenu une boîte automatique à six rapports pour sa version GT. Seule solution pour jouer au chef d’orchestre : reprendre la main via les palettes derrière le volant ou actionner (dans le mauvais sens) le levier central basculé en position M. En mode automatique, l’accord moteur/boîte semble néanmoins suffisamment convaincant. Du moins dans la grande majorité des situations. Il n’y a, à nouveau, que dans les conditions les plus exigeantes que même la configuration « Sport » semble un peu perdre les pignons. Mais, on l’a dit, ce n’est pas vraiment la philosophie de cette Optima GT. Rapide et confortable, elle permet surtout d’avaler les kilomètres à des allures « germaniques » dans un habitacle soigné, particulièrement habitable et richement équipé en série. à part la peinture métallisée, il n’y a d’ailleurs aucune option disponible.

Conclusion

Rapide et confortable, la GT porte assurément bien son nom. La déclinaison Sportswagon apporte quant à elle davantage de style et de modularité à l’Optima, qui n’était jusqu’ici proposé que dans une unique silhouette berline moins populaire chez nous sur ce segment. Enfin, la variante hybride rechargeable s’appréciera surtout pour son impact fiscal très allégé grâce à son homologation CO2 record. Et qui sait, lorsque l’Optima PHEV arrivera dans les concessions, le régime fiscal aura peut-être aussi évolué dans le Sud du pays. On peut rêver !

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