ESSAI Ducati Multistrada 950: journée Bruxelloise de la Moto

Pour se remettre en condition après la trêve hivernale, il existe des « piqûres de rappel » avec les journées dédiées aux motocyclistes. Nous avons donc participé à la Journée Bruxelloise de la Moto ce 18 mars au guidon de la nouvelle Ducati Multistrada 950.

Gymkhana en Multistrada

Bruxelles Mobilité d’un côté et AWSR (Agence Wallonne pour la Sécurité Routière) de l’autre ont organisé en collaboration avec FEDEMOT une journée d’information et d’initiation à la conduite de la moto. Initiative intéressante dédiée aussi bien aux débutants qu’aux motards confirmés. Mais le mieux pour en parler c’est toujours de tester ! Dans le garage de la rédaction, une Ducati Multistrada 950 flambant neuve (700 km) équipée du Pack Touring (valises, béquille centrale) m’attend.

Méthode et lunettes

Il pleut quand je prends la direction de l’IBSR à Bruxelles. Pas la petite pluie passagère mais le truc qui dure toute la journée. Heureusement la veille, j’avais trifouillé un peu dans le petit livre rouge. Mais non pas celui de Mao, je vous parle du manuel d’utilisateur bien pratique pour s’y retrouver dans tout le fatras technologique  embarqué sur la belle italienne. Car entre Riding Mode, ABS et DTC, je vous avoue que je m’y perdais un peu. Finalement avec un peu d’attention et de méthode sans oublier les lunettes (c’est écrit en petit sur le tableau de bord), je configure les aides à la conduite pour un maximum de sécurité. DTC et ABS à donf et me voici avec mes paramètres personnels pour un nouveau mode RAIN.



Hyper et motard

Cette Ducati est en fait dérivée de la déjà bien connue Multistrada 1200. Elle en emprunte le cadre (treillis tubulaire acier) et quelques autres éléments. Par contre, le bicylindre de 937cc (en L Testatretta 11°) provient de l’Hypermotard 939. Il développe 113 ch (9.000 tr/mn) avec un couple de 96 Nm (7.750 tr/mn). Débattements conséquents (170mm av et ar), jantes à bâtons de 17 et 19 pouces (chaussées en Pirelli Scorpion Trail II). La hauteur de selle (840mm) est un peu embarrassante pour mon gabarit (1,70 mètre. En option (départ usine) il est possible de choisir entre 820 et 860 mm.

Programme diversifié

Tel « un train de sénateur », je rallie confortablement et en toute sureté la Chaussée de Haecht bien à l’abri derrière la bulle (réglable sur un simple clic). Le bicylindre n’aime pas trop les bas régimes mais accepte cependant de croiser en ville sous les 2.000 tr/mn. Bonne organisation au siège de l’IBSR où je reçois un badge reprenant le timing de la demi-journée d’ateliers. Repas et boissons nous sont en plus offerts, cerise (en l’occurrence frites) sur le gâteau. Mais au menu également des circuits d’initiation à la conduite, labo casque et tenue, législation, permis, entretien, premiers secours, simulateur de conduite et temps de réaction. Sans oublier l’atelier « comment relever sa moto ? ». Que des choses intéressantes et surtout utiles pour tous les motards.

Un regard suffit

Notamment le circuit expert qui va me permettre d’appliquer la fameuse méthode « du regard à l’horizon ». Constitué de slaloms, demi-tour et virages visualisés par des cônes (heureusement souples), ce parcours du combattant (pour certains) va me démontrer une fois de plus l’importance du regard. Un seul mot d’ordre, regarder loin devant et visualiser l’horizon (même s’il n’existe pas). Plus facile à dire qu’à faire car irrémédiablement j’ai tendance à surveiller les cônes (surtout en virage) au lieu de jeter le regard bien plus en avant. Cela demande également une rotation perpétuelle (et complète) de la tête à gauche ou à droite. Pour ma part, je suis au début assez « figé » sur mes positions, je prends quelques cônes au passage. Mais la Ducati ne se démonte pas, ni moi d’ailleurs, et au bout de quelques tentatives la technique fait mouche.

Conclusion

Je reprends le chemin du retour sous une pluie qui redouble d’intensité. Dommage tout de même que Bologne n’ait pas prévu les poignées chauffantes (en option) et un régulateur de vitesse dans le Pack Touring ! La selle est confortable malgré les vibrations présentes au-delà de 6.000 tr/mn, celles-ci troublant joyeusement la rétro vision. Mais à allure constante sur autoroute le moteur ne dépassera pas les 5.000 tr/mn si vous respectez les 120 km/h. Sur nationale, le Testatretta roucoulera gentiment entre 3.000 et 4.000 tr/mn en consommant à peine 5 litres de carburant. Une belle autonomie pour cette Multistrada et ses 20 litres de carburant. Il me tarde d’utiliser cette 950 sous des cieux plus cléments. Profiter de ses quatre modes de conduites (Sport, Touring, Urban et Enduro) et des nombreuses possibilités de réglage (DCT, ABS), j’ai un goût de trop peu ! Par contre l’exercice de la pluie combiné au gymkhana de cette journée Bruxelloise de la Moto m’a prouvé l’efficacité de la Multistrada en conditions extrêmes. A presto bella bolognese !

Les +

Protection

Bulle réglable

Position

Sonorité

Les –

Levier embrayage non réglable

Bruit sur longues distances

Vibrations à bas régimes

La Ducati Multistrada 950 en quelques chiffres :

Moteur : bicylindre en L Testatretta 11° de 937cc 4 soupapes, distribution desmodromique

Puissance : 113 ch à 9.000 tr/mn

Couple : 96,2 Nm à 7.750 tr/mn

Boîte : 6 rapports

Embrayage : multidisque en bain d’huile

Transmission : par chaîne

Cadre : treillis tubulaire acier

Suspension : fourche inversée KYB de 48mm à l’av, amortisseur Sachs à l’ar

Freins : double disque flottant 320mm étriers monobloc radiaux 4 pistons à l’av, un disque 265mm étrier 2 pistons à l’ar + ABS

Poids à vide : 204 kilos

Réservoir : 20 litres

Coloris : Star White Silk ou Rosso Ducati

Prix : à partir de 13.690 euros