Alors que le reste de la Belgique profite d’une belle luminosité, le port d’Anvers est sous les nuages avec d’insidieuses petites gouttes de pluie qui ne nous quitteront pas tout au long de la journée. En compagnie d’autres nouveautés, comme l’Africa Twin Adventure Sport et la CB125R, la Gold Wing nous attend sur le parking glissant de l’établissement « de Ark » entre contournements et travaux en tous genres. Anvers c’est un chantier tous les 500 mètres ! Si l’Africa Twin justifie sa présence dans un tel environnement tout terrain, j’appréhende un peu plus ma sortie au guidon de cette fabuleuse mécanique six cylindres dont la puissance a progressé de quelques chevaux (en passant de 118 à 126) et en doublant le nombre de ses soupapes (24 à présent). Par chance, son poids a chuté de 413 kg à 383 kg (379 kg sans DCT), c’est toujours ça de gagné !

Le temps nous est compté

Mon temps imparti pour cet essai étant de courte durée, je n’ai pas le loisir de m’étendre sur l’évolution technologique et électronique de ce fabuleux engin avec un responsable de la marque. On se souviendra simplement que la Gold 2018 dispose sur certaines versions de la transmission à double embrayage DCT propre à Honda, de nouvelles suspensions assistées avec notamment une fourche avant à double triangulation, une multitude d’assistances, un pare-brise réglable électriquement et même un airbag (version Deluxe). Quatre modes de conduite sont au menu, ils interagissent directement avec les aides à la conduite. GPS, sono de haute qualité avec port USB (+ Bluetooth) et nombreux espaces de rangements (mais dont la capacité a été bien revue à la baisse) complètent  l’équipement de ce légendaire « paquebot » de la route.

Prolifération de containers

Il est temps de me mettre en route. Selle et poignées chauffantes activées, la position de conduite est typiquement « Gold Wing » et la maniabilité reste surprenante pour un engin de ce gabarit. Je reste cependant très prudent avec en mémoire la chute d’un de mes collègues journalistes qui s’est fait surprendre le matin même par les pavés humides et les près de 400 kg de l’engin. Pour info, ce sont la sacoche latérale et le protège culasse qui morflent le plus, ainsi que le rétro, quand une GL se couche. Et mieux vaut aussi être accompagné pour la relever. Bon, revenons à notre bateau de croisière et ses nouvelles formes profilées. L’aspect massif a disparu, d’où gain de poids et d’encombrement. De détours en traversées de zones de débarquements, le port d’Anvers à la particularité d’être ouvert à tout le monde et vous pouvez circuler où bon vous semble à du 50km/h sur des dizaines de kilomètres. Même le GPS en perd ses coordonnées. Première constatation, la nouvelle suspension est très confortable et absorbe consciencieusement toutes les irrégularités des « routes » empruntées. Par la même occasion, on peut aussi admirer le travail de la suspension avant avec ses deux biellettes qui «s’agitent » sous le tableau de bord. L’efficacité du pare-brise est à présent idéale et je peux allégrement rouler visière ouverte. Petit bémol par contre pour mes oreilles, le carénage fait office de caisse de résonnance avec le moteur et l’échappement libère trop de décibels. La Gold Wing nous avait par le passé habitué à un peu plus de tranquillité. Pour le stationnement, la Gold dispose toujours d’une marche arrière électrique bien calibrée.

Courte journée

L’itinéraire imaginé par Honda pour cette petite sortie humide devait s’étendre sur 70 kilomètres et durer approximativement 45 minutes. En compagnie de deux confrères chevauchant l’Africa Twin AS et la petite 125, il nous faudra trois fois plus de temps pour arriver au terme de cet essai dit « de courte durée ». Et ce après avoir manqué la « gamelle » en de nombreuses occasions lors de demi-tours et manœuvres délicates. Car prudence avec le DCT qui équipait notre Gold Wing. En restant en mode Automatique, il rétrograde sans prévenir et déséquilibre immédiatement la moto. Choisir le mode Manuel est préférable, sans oublier de désactiver le rétrogradage automatique. N’ayant pu dépasser les 100 km/h, je reste dans le flou pour mes conclusions définitives mais je remercie cependant Honda grâce à qui j’ai pu emprunter les pistes cyclables. D’énormes embouteillages constellant  cette zone portuaire, c’était la seule solution pour s’extraire de cet amas de véhicules immobilisés sur leurs quatre roues. Ce petit tour des quais du port d’Anvers et ses quelques kilomètres ne pouvant suffire à se faire une idée bien précise du comportement de cette GL 1800 MY2018, je terminerai simplement en vous donnant ses nouveaux tarifs. La version de base débute à 25.699€, la Touring à 32.499€ et la version présentée ici, Touring Deluxe avec DCT et airbag,  grimpe à 35.999€.

Conclusion

La GL 1800 Gold Wing se conduit presque comme un vélo, ce qui dans le nord du pays peut être un gros avantage. Voilà une moto sur laquelle nous reviendrons plus attentivement en cours de saison. Elle le vaut bien !

Les +

Moteur souple et voluptueux

Amortissement

Marche arrière

Equipements

Les –

Acoustique perfectible

Volume de chargement

Budget en hausse

La Honda GL1800 Gold Wing en quelques chiffres :

Moteur : six cylindres à plat, refroidissement liquide, 24 soupapes, 1.833cc

Puissance : 126ch à 7.750tr/min

Couple : 175Nm à 5.500 tr/min

Injection électronique PGM-FI, accélérateur électronique et 4 modes de conduite Tour, Sport, Econ et Rain

Embrayage : multidisque en bain d’huile à glissement limité

Transmission : par arbre et cardan

Cadre : double poutre en aluminium type « Diamant »

Suspension avant : double triangle avec monoamortisseur central

Suspension arrière : monoamortisseur Pro-Link, réglables en fonction du mode de conduite

Frein avant : double disques de 320mm avec étriers radiaux 6-pistons, ABS et CBS

Frein arrière : disque de 316mm avec étrier 3-pistons, ABS et CBS

Capacité du réservoir : 21,1 l

Poids : 379 kg (383 kg avec DCT et airbag)

Prix : GL 1800 : 25.699€ TVAC – Touring : 32.499€ TVAC – Touring Deluxe : 35.999€ TVAC