ESSAI Kawasaki Z650: autre siècle, autre approche

Que de modèles «Z» auront roulé sous nos ponts depuis le lancement de la légendaire 900Z1 apparue en 1972. Si la nouvelle Z900 fera l’objet d’un prochain essai, arrêtons-nous pour l’instant sur la Z650 Model Year 2017 dévoilée il y a seulement quelques semaines.

L’autre

La «petite» Z650 a vu le jour en 1976 et renait enfin de ses cendres 40 ans plus tard, avec une toute nouvelle déclinaison plus en rapport avec notre 21ème siècle que ne l’était son aïeule. A Séville, où se déroule cet essai, dans la salle de l'hôtel réservée à la présentation de cette nouvelle Z650, trône également sa grande sœur qui vient de fêter son 40ème anniversaire. De prime abord, plus grand-chose de commun entre les deux modèles car cette nouvelle Z650 succède à la ER-6n ! On a oublié depuis bien longtemps le 4 cylindres en ligne au profit d'un twin moins coûteux, plus économe et au final pourvu d’une personnalité à part entière. Par rapport à feu la ER-6n, qui s'est quand même vendue à plus de 121.000 exemplaires depuis 2005, la Z650 reste dans la philosophie actuelle de la marque au niveau du design. L'effet Sugomi et le look « prédator » sont au rendez-vous. Posture du pilote vers l'avant, face avant fine et sculptée, et ce réservoir bombé qui parachève le style. On aime ou on n'aime pas, mais cette Z650 a une sacrée belle petite gueule, doublée d'une finition exemplaire comme Kawasaki sait le faire. Cette moto vient se positionner dans le milieu de gamme, et permet d'offrir une vraie machine à plaisir pour pilotes des deux sexes qui ne sont pas à la recherche de l'absolue performance.



Détails

Une belle cure d'amaigrissement lui a fait perdre près de 20 kilos par rapport à la ER-6n. Rien que sur le cadre, ce ne sont pas moins de 10 kilos qui ont été gagnés. Le moteur a peu changé, il développe 68 ch à 8.000 tr/min et 6,7 Nm à 6.500 tr/min. Des chiffres pas très impressionnants, mais qui placent la machine dans la moyenne de cette gamme de cylindrée. Les normes Euro4 sont évidemment respectées, et l'usine annonce un 4,3 l/100km et une autonomie de 340 km. Après un méchant essorage de poignée dans la deuxième partie du test, nous avons cependant réussi à allumer le témoin de réserve après un petit 150 km survolés à vive allure. Prudence donc à l'autonomie réelle, en fonction de votre style de conduite. Peu d'électronique embarquée, juste une discrète unité ABS Bosch 9,1M. Un tableau de bord digital et très bien conçu, offre les informations courantes en privilégiant le compte-tour, le rapport engagé et la vitesse. Un choix qui s'avèrera judicieux lors de l'essai. Avec une hauteur de selle de 790mm, la Z sera accessible au plus grand nombre, les repose-pieds relativement hauts perchés pourraient me ferait craindre un certain inconfort en fin de journée. Les commandes tombent naturellement sous les mains, et mon corps est légèrement penché vers l'avant. Le compteur parfaitement incliné me renvoie toutes les informations dont j’ai besoin.



Contact

Dès les premiers tours de roue, la Z étonne par sa facilité de prise en main et sa légèreté. Cette «petite» moto se manie sans aucune arrière-pensée. Les suspensions, peut-être un peu souples, à l’arrêt, réalisent du bon boulot à l’usage. Les premiers ronds-points permettent de tester les freins qui offrent un réel mordant tout en restant très facile à doser. Le moteur n'offre pas vraiment de grosses sensations, mais sa plage d'utilisation large lui donne de la vie et presque deux visages avec une douceur et une docilité parfaite à bas et moyens régimes, et un côté plus rageur une fois dépassé la barre des 6500 tr/min.



Conclusion

Nous quittons enfin les grands axes pour arriver dans les contreforts foisonnant de petites routes sinueuses à souhait et dotées d'une asphalte accrocheuse. Ici, la petite Z confirme tout le bien que je pensais déjà d'elle. Elle accepte d'être bousculée, se comporte vraiment très bien dans ces conditions et il ne m’a pas été possible de la prendre en défaut dans ces portions rapides et joueuses. Une moto qui permet de s'amuser sans arrière-pensée, qui offre une belle marge de sécurité et qui au final m'a étonné par son confort, même après une longue journée de route. Cette Kawasaki Z650 (6.899 euros) joue une partition très juste et se positionne parfaitement pour ceux qui recherchent une moto facile, accessible, urbaine qui ne rechignera pas sur des sorties plus longues, voir quelques voyages. L'usine a d’ailleurs prévu un catalogue d'accessoires permettant d'aménager votre Z en un modèle « Touring » avec top-case et valises par exemple, ou en modèle plus « Sportif » avec notamment un échappement Akrapovic. Cela fait 40 ans que la signature Z sévit sur la planète Kawasaki et la légende n'est pas prête de s'arrêter.

 

La Kawasaki Z650 en quelques chiffres :

Moteur : Twin Parallèle de 649cc à refroidissement liquide et DACT, 8 soupapes

Puissance : 68 ch à 8.000 tr/min  (kit 35KW disponible pour permis A2)

Couple : 6,7 Nm à 6.500 tr/min

Injection électronique

Transmission : boite 6 vitesses et transmission finale par chaîne

Cadre : type treillis en acier

Suspension avant : fourche télescopique de 41mm

Suspension arrière : amortisseur horizontal réglable en précharge

Frein avant : double disque type "pétale" de 300mm avec double pince

Frein arrière : simple disque type "pétale" de 220mm

Prix : 6.899 euros

Hauteur de selle : 790mm

Poids : 187 kg

Capacité du réservoir : 15 litres