ESSAI MXGP: une histoire belge

Si le MXGP ne vous dit pas grand-chose, je suis certain que vous connaissez par contre le motocross ! Régulièrement dominé par les Belges avec 52 titres mondiaux, le motocross (MX en anglais) est resté très populaire dans notre pays. Un peu boudée actuellement par nos médias - surtout en Wallonie - depuis la disparition du célèbre GP de la Citadelle de Namur (dernière édition en 2007) et le dernier titre mondial d’un Belge (Sven Breugelmans MX3) l’année suivante, cette discipline sportive n’en reste pas moins impressionnante.

Pour avoir assisté au « Fiat Professional MXGP of Belgium » de Lommel (Limbourg), je peux vous assurer que le spectacle était au rendez-vous. Voir autant de pilotes se démener sans compter dans le sable limbourgeois, prendre de la hauteur mais surtout rester sur leurs deux roues tient souvent du miracle. De véritables artistes avec comme chef de file l’Italien Antonio Cairoli. Ce virtuose du jump, octuple champion du monde de la spécialité est actuellement en tête du championnat et se dirige doucement (tout est relatif !) vers un neuvième titre.

L’union fait la force

A Lommel, « Tony » n’a pas remporté l’épreuve mais il a assuré le spectacle derrière son coéquipier KTM Jeffrey Herlings (Pays-Bas). Succès complet pour l’équipe Autrichienne avec la troisième place d’un autre Hollandais, Glenn Coldenhoff. Ne vous étonnez pas du titre de cet article. Si les sports mécaniques comme le motocross demandent beaucoup d’énergie, ils réclament également pas mal d’argent. Le sponsoring est omniprésent et aujourd’hui ce sont principalement les boissons énergétiques qui remplacent les cigarettiers d’autrefois. Est-ce meilleur pour la santé ? Toutefois soulignons ici la belle initiative d’un constructeur transalpin quatre roues, Fiat, qui avec sa division « Fiat Professional » investit dans la terre et le sable. Normal pour un constructeur de véhicule utilitaire me direz-vous ! Pas tant que ça à voir le peu de collaboration entre ces deux univers. Voici donc pour la deuxième année consécutive un sympathique partenariat entre Fiat et le Championnat du Monde FIM MXGP. L’union fait la force en Belgique mais également en Italie car Antonio Cairoli est également ambassadeur officiel de la firme turinoise.

Tour de paddock

A l’inverse de beaucoup d’événements sportifs, le MXGP reste une discipline accessible à tous. Non pas au niveau du pilotage, vous l’aurez compris, mais ici le spectateur est roi. Pas de barrière ni de service d’ordre trop présent. Vous entrez directement dans le vif du sujet en côtoyant les plus grandes stars de la discipline, motos et pilotes sont à portée de mains. En bon voisinage, les anciennes gloires aiment encore se fondre dans la masse et ne vous étonnez pas de rencontrer un Everts ou un Smets au détour d’une allée.

La Citadelle a été prise

Que l’on ait été passionné ou simple curieux, nous sommes nombreux à avoir fait un jour le déplacement sur les hauteurs de Namur pour découvrir le moto-cross comme on l’appelait autrefois. Depuis 10 ans, la Citadelle est désertée au profit de la campine limbourgeoise. Etonnant au vu du réseau autoroutier inexistant dans cette région. Ecolos et politiciens flamands (qui siègent en grand nombre à la direction de toutes nos instances sportives et administratives) se sont accaparés un de nos biens les plus précieux et des plus emblématique. A Lommel, l’organisation italienne en charge du MXGP nous confiait qu’elle regrettait l’époque où l’épreuve se déroulait sur les contreforts de la Citadelle. Mais qu’à l’heure actuelle, pour rendre le circuit de la Citadelle conforme aux règles en matière de sécurité, il faudrait abattre plusieurs arbres. Ce qui n’est évidemment pas du goût des riverains, même si la plupart déplorent l’absence de ces milliers de fans et l’apport financier qu’ils représentaient pour la région. En attendant l’improbable retour de ces pneus à tétines, le sud du pays peut encore compter sur les 12 Heures de la Chinelle pour ne pas sombrer dans l’ennui les soirs d’été.