Simplification justifiée

En compagnie d’une nuée de mouchettes voraces, le staff Yamaha en charge de la présentation de cette version 2018 du Kodiac, apparu en 2003, nous présente un quad ressemblant à s’y méprendre à son prédécesseur. Lignes identiques mais simplification des commandes où le bouton de sélection route ou tout terrain se limite entre une position 2WD ou 4WD. Plus de blocage de différentiels ni d’interrupteur « booster » pour se sortir des passages délicats. Monocylindre 4 temps de 421cc dont la puissance exacte n’est connue que des ingénieurs japonais, le Kodiac conserve sa transmission Ultramatic et sa position Parking faisant office de frein à main. Le kit homologation obligatoire pour tous déplacements sur routes ouvertes bénéficie de bonnes attaches et se montre assez discret avec ses petits indicateurs LED. Ce nouveau Kodiac 450 est également équipé d’origine d’un treuil dont l’efficacité va s’afficher tout au long de cette journée d’essai sur les terres marécageuses du nord de l’Angleterre. Le tableau de bord ne déborde pas non plus d’informations, se limitant à l’indispensable comme le compteur kilométrique (total et partiel), la jauge et le nombre d’heures d’utilisation. Quelques témoins de sécurité complètent ces indications comme le mode de transmission choisi et un défaut éventuel de l’EPS, de la température de refroidissement ou de l’électronique moteur. N’oublions pas l’indispensable prise 12V, pour le GPS par exemple.

Démarrage simplifié

Tout au long de ces 15 dernières années, Yamaha s’est inspiré des remarques collectées aux quatre coins du monde pour proposer un démarrage par simple pression sur le bouton de démarreur et ce quel que soit le rapport engagé. Une seule obligation, actionner une commande de frein (levier ou pédale) sauf si le sélecteur de vitesse, positionné sur le cache latéral gauche, est en mode « P » ou « N ». Ce qui permet de se sortir de n’importe quelle situation délicate en un quart de seconde. Un espace de rangement situé sous la selle pourra accueillir quelques effets personnels de petites tailles. Nouvelle économie pour Yamaha puisque le levier d’ouverture de cette dernière a été remplacée par deux ergots à emboiter par simple pression. Le contacteur principal est passé de la position centrale habituelle au cache gauche et si le levier de gaz se pousse toujours via le pouce, il profite d’un meilleur profil  plus large et plus sensible.

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Les consignes formulées par notre scottish guide pour cette escapade sur terrains privés sont simples, on ne dépasse pas et on essaie de ne pas détruire l’environnement par de gros coups de gaz. Les 80.000 km2 de l’Ecosse sont en grande partie privés, principalement dans les Highlands où il est donc nécessaire d’obtenir les autorisations des propriétaires pour circuler sur leur domaine qui s’étend à chaque fois sur des centaines d’hectares. Un droit de passage est demandé. Les règles étant posées, il ne reste plus qu’à rentrer dans le premier sous-bois pour abandonner au campement les milliers de mouches et moustiques et poser immédiatement ses roues dans d’immenses ornières creusées par des engins de débardage en pleine action.

La garde au sol de 245mm s’avère suffisante et les grandes plaques de protection peuvent ainsi glisser à loisir sur la partie centrale sans abimer le moteur et ses appendices. Le passage de deux à quatre roues motrices est instantané et peut s’opérer en mouvement tant en vitesses longues que courtes. Etant propriétaire d’un Kodiac à titre personnel depuis 2004, je constate que l’accélération est plus « étouffée » et souffre des normes très strictes anti-pollution. Par contre, les suspensions avec des débattements en hausse (171mm et 189mm à l’arrière) et des bras plus étendus gagnent en confort et en efficacité. Pierres, saignées et franchissements délicats s’effectuent en totale sérénité. Les ingénieurs ont fait du bon travail tant au niveau de ce Kodiac issu des années 2000 que de son petit frère actuel, plus sportif, le Grizzly 450.

Vamos à la playa

De nombreux lacs constellant cette région, le passage de gués me permet de constater que le nouveau positionnement de l’entrée d’air dans la partie la plus haute du « faux » réservoir met l’injection à l’abri des aspirations d’eau éventuelles. Les larges platines pour les pieds sont alors totalement immergées et j’en profite pour tester l’étanchéité de mes nouvelles bottes RST made in England, qui reçoivent la mention très bien, pieds au sec ! Un petit bout de ligne droite sur sable mou et j’atteins près de 80 km/h. Sur la route, ça devrait donc faire un bon 90 et permettre ainsi de rouler sur toutes nos routes nationales. Enfin, là où l’utilisation d’un quad est encore autorisée ! Avec ses 14 litres et son poids de 295kg, son autonomie devrait atteindre les 150 kilomètres. La pédale de frein et le levier gauche actionnent le disque arrière et ne sont pas jumelés avec les disques avant. A chacun sa commande. Comme toujours avec un quad de ce genre, il ne faut  pas s’attendre à du « stop and go » mais plutôt à des étriers de freins à simple piston actifs mais pas dominant.  Mieux vaut oublier les freinages d’urgence.

L’aventure en solitaire

L’apport du treuil est un élément indispensable à votre sécurité en cas d’arrêt forcé dans l’eau, la boue ou comme ici en Ecosse, les marécages. Une seule condition pour se sortir seul de ses difficultés, trouver un point d’ancrage pour la boucle de votre câble. La commande s’opère au niveau du commodo gauche. L’autre gros point positif revient à la direction assistée (EPS) qui même lorsque les roues sont « coincées » vous donne assez de force pour bouger celles-ci de droite à gauche et profiter alors d’un meilleur grip. Rien ne vous empêche non plus de fixer une pelle ou un peu d’outillage sur les larges porte-bagages avant (40 kg) et arrière (80 kg) ou carrément d’arrimer une remorque (max 600 kg) avec tout votre matos sur la boule prévue à cet effet. Il est temps à présent de retourner au campement pour tenir compagnie aux moustiques et  à l’humidité ambiante ainsi que de passer mon Kodiac 450 EPS au Kärcher.

Conclusion

N’allez pas chercher plus loin, plus gros ou plus cher. Le Kodiac 450 EPS peut tout faire, passera partout et vous en donnera largement plus qu’il ne vous en faudra au quotidien pour travailler ou vous aventurer dans les bois. Disponible en Belgique en vert (7.599 euros) et camouflage (7.799 euros), le Kodiac 450 EPS version 2018 sera un allié raisonnable pour vos travaux agricoles ou forestiers.

Les +

Simplicité

Suspensions

Frein moteur sur les 4 roues

Prix

Les –

Freinage

Pas d’horloge

Tarif kit homologation

 

Le Kodiac 450 EPS en quelques chiffres :

Moteur : monocylindre 4 tps de 421cc à refroidissement liquide

Injection électronique TCI

Transmission : type Ultramatic CVT, 2WD ou 4WD

Suspensions : indépendantes avec amortisseurs Kayaba, débattements de 171mm (av) et 189mm (arr)

Freinage : double disques avant et simple disque arrière, étriers simple piston

Hauteur de selle : 855mm

Poids : 295 kg

Capacité du réservoir : 14 litres

Prix : à partir de 7.599 euros (9.355 euros avec kit homologation)