Discrétion, s’abstenir

Une fois en selle, on est frappé par le large guidon. On apprécie du coup que le poids du corps ne repose pas trop sur les poignets. La position de conduite n’est pas hyper sportive mais l’impression de maîtrise est là. J’ai bien aimé l’écran d’affichage négatif déporté sur la droite, très clair et qui ne demande qu’à afficher les diodes de montée dans les tours. Ça le fait. Avec son arrière court, peu propice au duo, et ses feux LED type troisième dimension, la SP laisse des traces sur son passage. Dommage, comme souvent, que le porte-plaque soit si proéminent et que les cligos rondouillards cassent un peu l’image de ce samouraï venu des ténèbres.

De l’âme à revendre

La pièce maitresse des MT-09, c’est son moteur. Un fameux trois cylindres liquide de 847 centimètres cubes. Un trois cylindres, cela donne toujours de belles sensations. Les nombres impairs, c’est moins creux à certains régimes, plus souple aussi à d’autres. Sport et onctuosité sont donc au menu de cette SP qui lâche 115 chevaux, comme ses cousines Tracer 900 et XSR 900 avec un couple confortable de 87,5 Nm. Très, presque trop silencieux à bas régime, le moteur permet d’arriver discrétos entre deux collègues « akrapovichés ». Une fois le feu au vert, le doux feulement se transforme en crise de nerf vers 7.000 tours. On se prend alors pour un Rossi évoluant jusqu’à 11.500 tr/min tout en louvoyant dans les virages serrés. A ce train-là, plus personne ne suit. Il faut dire que la SP a bien monté le niveau de sa tenue de route. En remplaçant son amortisseur d’origine par du Öhlins réglable en précontrainte, détente et compression via une molette déportée, Yamaha a transfiguré sa MT-09. La fourche Kayaba a reçu des réglages appropriés et modifié son hydraulique. Cette suspension arrière réglable rigidifie cette moto de manière optimale. Que du bonheur ! En plus, le shifter est de série, ça sent le circuit. La gestion moteur se fait via trois modes. La cartographie B est la plus cool pour « driver » tranquille. Bof ! En mode Standard, on s’amuse beaucoup avec davantage d’à-coups nerveux. Très bien en ville. Enfin, la position A est punchi, méfiance par temps de pluie !

Conclusion

A la mise sur béquille, on est réellement conquis par cette SP. Fougueuse ou pas, légère avec ses 193 kilos, elle est aussi assez rigide pour contenir les assauts de ses trois pistons. Bon, la SP coûte 1.000 euros de plus que la MT-09 normale, soit 10.699 euros. Mais c’est finalement peu pour passer de conducteur assagi en Samouraï contemporain.

Avec la collaboration de MaxxMoto

 

Les +

Maniabilité

Moteur rond et rageur

Suspensions

Freinage

Look agressif

 

Les –

Précision en grandes courbes (grand guidon)

Duo compliqué

Clignotants disgrâcieux

Porte-plaque lourd

 

La Yamaha MT-09 SP en quelques chiffres :

Moteur : 3 cylindres en ligne face à la route à refroidissement liquide, 847cc ; 2 ACT et 12 soupapes 

Puissance : 115ch à 10.500tr/min 

Couple : 89Nm à 8.500tr/min 

Injection électronique EFI

Boîte à 6 rapports + shifter et embrayage multidisque en bain d’huile, anti-dribble

Transmission finale : chaîne à joints toriques

Cadre : périmétrique en aluminium « Diamant »

Poids (à sec) : 171kg

Hauteur de selle : 820mm

Suspension avant : fourche hydraulique réglable Kayaba 41mm, 137mm de débattement

Suspension arrière : mono-amortisseur Öhlins, débattement de 130mm, réglable en précharge, compression et détente

Frein av. : double disque hydraulique flottant 298mm, étriers radiaux 4 pistons, ABS

Frein arr. : disque de 245mm, étrier à simple piston, ABS

Réservoir : 14 litres

Prix de vente : 10.699 € TVAC