En découvrant cette nouvelle déclinaison du bicylindre british de 900 cc, on se remémore automatiquement la scène mythique du film «La grande évasion» où Steve McQueen tente de sauter des barbelés. Triumph joue ici sur un subtil mélange de classicisme et de modernité, mais aussi d’une alliance entre route et un off-road sans prétention. Finition hors pair, souci du détail léché avec un échappement relevé qui intègre adroitement un catalyseur et définit quasi à lui seul le look général. Sans parler de ses intonations riches, lourdes, graves, vraie symphonie musicale ! Le guidon de la Street Scrambler est large, la selle ne propose qu’une place mais se complète, au choix, d’un petit coussin pour un passager occasionnel ou d’un porte-bagages. La position de conduite se veut intuitive et le confort est réel, avec une fourche bien tarée et un duo d’amortisseurs dont la pression du ressort est réglable.

Vintage bien équipé

Sous ses airs vintage, cette Scrambler, proposée à 10.880 €, est dotée d’une poignée de gaz électronique, d’un tableau de bord minimaliste mais pas avare d’informations, d’un anti-patinage et d’un ABS déconnectables. Par rapport aux autres Classic de la marque anglaise, le moteur possède ses propres réglages pour un couple 28 % plus généreux et une courbe de puissance très constante. Mais à la conduite, le twin se révèle un chouia plus viril, plus caractériel tout en restant facile d’emploi. Seul bémol: la position de l’échappement qui, à la longue, rappellera sa présence au mollet droit. Le comportement routier assure un évident plaisir de conduite même si les sportifs trouveront vite les limites de sa garde au sol ainsi qu’une autonomie limitée par le magnifique réservoir de 12 litres seulement. Avec la grande roue avant de 19 pouces et des pneus à larges pavés, fuir le macadam est vraiment possible, même si ce roadster n’a pas l’aisance d’un trail, ni un poids léger (206 kg à vide).