ESSAI Jaguar F-Type SVR: rappels de vaccins recommandés

|

En pleine confiance et en pleine reconquête du marché, Jaguar ne recule devant rien pour en donner toujours plus aux amateurs. Vous n'êtes pas l'un des 250 élus ayant acquis une Project 7 ? Voici une consolation ! 

On peut déjà dire que dans l'histoire de Jaguar, la F-Type aura sa place aux côtés de la légendaire E-Type parmi les modèles les plus populaires – on se comprend ! – de la marque. La F-Type est en effet un coup de maître. Depuis son lancement et grâce à une offre élargie au fil du temps (Roadster puis Coupé, boîte auto puis boîte manuelle, propulsion puis AWD), les ventes ne vont que vers le haut. Jag se paie même le luxe de vendre par exemple plus de F-Type aux USA que de Porsche Cayman et Boxster réunis, et plus que d'Audi R8… en Allemagne. La gifle !

Project 7

Sachant tenir une pépite entre les mains, le constructeur a basé sur la F-Type une série limitée ultra exclusive qui, avec son bosselage unique derrière la tête du conducteur, évoquait celles qui dominaient les 24 Heures du Mans dans les années 50, la Project 7. Outre sa carrosserie tout alu, la Project 7 disposait d'une version du V8 5.0 Supercharged poussée à 575 chevaux (contre 550 pour la F-Type R) et de réglages de châssis sensiblement plus sportifs encore. Pour la carrosserie et à moins de lever la main bien haut dans une vente aux enchères, c'est loupé pour vous. Pour ce qui est de l'aspect mécanique, Jaguar vous donne une nouvelle chance.

Special Vehicles Operations

Le département spécial de Jaguar-Land Rover – qui a déjà développé un Range Rover Sport démentiel et un Range Rover Autobiography aussi personnalisable qu'une Rolls ou une Bentley – nous propose en effet la F-Type SVR. Disponible en Roadster ou en Coupé mais uniquement avec boîte automatique et transmission intégrale, la SVR se distingue esthétiquement par des modifications aux boucliers avant et arrière visant à améliorer les appuis aérodynamiques et le refroidissement du moteur, ainsi que par un aileron actif à la poupe, peu discret mais raisonnable. La SVR reçoit aussi une ligne d'échappement en titane et Inconel (si, ça existe !) à la capacité thermique plus élevée, dont les quatre sorties réduisent les contre-pressions, et qui participe à la perte de poids générale de 50 kilos par rapport à une F-Type R. Et on ne vous parle pas du son bestial… La F-Type a déjà une voix furibonde mais là, c'est du grand art !

Méchante

Toutes ces choses ne sont a priori que des détails, mais ceux-ci s'ajoutent à d'autres. Comme le fait, nous le disions, que la SVR adopte les modifications du moteur de la Project  7, portant sa puissance à 575 chevaux et son couple à 700 Nm (+20 donc). Comme le fait que la boîte auto 8 ait été recalibrée pour accélérer les passages de rapports. Comme le fait que la transmission intégrale ait été revue pour conserver plus encore un caractère de propulsion, et rendre le train avant plus réactif. Comme le fait, enfin, que la barre antiroulis avant ait été assouplie de 5% et le train arrière ait au contraire été considérablement rigidifié, le tout pour donner des entrées en virages plus agressives.

Quand tous ces détails se mettent à travailler de concert, le résultat est loin d'être anecdotique. Autant la F-Type SVR est toujours capable de se montrer assez soft et discrète (d'un point de vue sonore) en conduite "cruising" ou en ville, autant elle devient très méchante quand on passe en mode Track. Pour tout dire, durant la première heure d'essais, nous avons même trouvé excessive cette façon effectivement très agressive d'entrer dans les courbes. Presque caricaturale, comme si la voiture ne voulait pas qu'on conduise "propre". Puis on prend ses marques, on fait un petit effort de finesse et bam ! On prend enfin toute la mesure de cette mémorable automobile. Et une fois les freins carbone-céramique (option) bien à température, un parcours de montagne devient une activité réellement physique tant les virages s'enchaînent à une vitesse folle. Car déjà, la transmission intégrale permet de sortir des courbes à une allure ahurissante, sans la moindre trace de sur- ou sous-virage (ou assez légère dans ce dernier cas), mais le moteur est en plus toujours prêt à jouer les lanceurs de missiles. Quant à la boîte… C’est à se demander pourquoi certains compliquent les choses avec des doubles embrayages !

Bref, la SVR est une F-Type si enragée que nous nous sommes demandés si nous étions en ordre de vaccins. Elle n'est qu'une demi-seconde plus rapide au 0 à 100 qu'une F-Type R, mais elle pointe à 322 km/h au lieu de 300 et question caractère, c'est vraiment un cran au-dessus. Mais… 25.200 euros de plus qu'une R, ça fait quand même beaucoup. Cela dit, nous connaissons un certain constructeur de sportives allemandes qui pratique des écarts de prix plus violents que ça encore, et ça ne semble pas poser de problème. D'ailleurs chez Porsche (oups, je l'ai dit), pour un tel niveau de puissance, on frôle les 200.000.

Alors soit…

Déjà particulièrement sportive, la F-Type R devient, en SVR, un monstre qu'il ne faut pas mettre entre toutes les mains. En tout cas le "Special" de Spécial Vehicles Operations n'est pas usurpé !

 

+ 

Rapport prix-prestation intéressant

Voiture bourrée de caractère

Sonorité ultra sportive

Moteur plein à tous régimes

Comportement routier diabolique

Train avant très incisif…

… qui peut surprendre le profane

Pas de boîte manuelle disponible

Bruits parasites dans la finition

La F-Type SVR en quelques chiffres :

Moteur : V8 à compresseur, 5.000cc; 575ch à 6.500tr/min; 700Nm de 3.500 à 5.000tr/min

Transmission : aux 4 roues

Boîte : auto 8 rapports

L/l/h (mm) : 4.475/2.042/1.311

Poids à vide (kg) : 1.705

Volume du coffre (l) : 310

Réservoir (l) : 70

0 à 100 km/h (sec.) : 3,7
 

Prix : 140.82 € TVAC

Puissance : 575 ch

V-max : 322 km/h

Conso. mixte : 11,3 l/100km

CO2 : 269 g/km