ESSAI Alfa Giulia Veloce: "I'm Driiiiiving in the Rain!"

Quand est tombée l'invitation à essayer cette Giulia «intermédiaire», c’était la fête. Mais quand on est arrivé sous le déluge, on s’est dit «pas de bol». Pas de bol, vraiment !?

La Giulia Quadrifoglio et son V6 de 510 chevaux, c'est extraordinaire mais bon, faut pouvoir se l'offrir et surtout payer les taxes pour la mettre sur la route. Les Giulia de base et Super, c'est déjà très bien mais quand on a essayé la voiture, on se dit qu'elle a la ressource suffisante pour aller au-delà des 180 chevaux du diesel et des 200 du bloc essence. Et c'est précisément ce trou béant dans la gamme que viennent combler les Veloce ! 

Impatience et déception

Dans notre numéro de juin dernier, vous avez peut-être lu à quel point la Giulia nous avait enthousiasmés, disons même émus. Maintenant, imaginez notre impatience à essayer la Giulia Veloce, dont le 2.2 diesel est porté à 210 chevaux et 470Nm, et dont le 2.0 essence, grâce entre-autres à un nouveau turbo Twinscroll, passe à 280 chevaux et 400Nm. Imaginez notre impatience à prendre le volant quand nous arrivons face à la Veloce, qui souligne son supplément de caractère par une apparence plus aguicheuse. Vous imaginez bien  ? à présent, imaginez qu'on vous dit qu'en raison des abondantes pluies qui tombent depuis quatre jours et quatre nuits, les montagnes du nord de l'Italie où vous devez essayer la voiture sont touchées par d'importantes inondations et qu'entre asphalte ne goûtant guère l'humidité et coulées de boues, les routes sont terriblement glissantes. Pour ce qui est d'explorer toutes les ressources des moteurs, c'est mort. Pour ce qui est de tester la Q4, par contre…

Caractère

Q4, c'est la transmission intégrale de chez Alfa, livrée en série sur toutes les Giulia Veloce. Une transmission ultra compacte, qui n'ajoute que 60 kg au poids de la voiture. Le boîtier de transfert utilise un embrayage piloté et est accolé à la la boîte auto 8 rapports ZF, elle aussi livrée en série. En conditions normales, 100% du couple est envoyé à l'arrière et la Giulia garde donc son caractère purement propulsion. Mais le système surveille en permanence une série de paramètres, et peut prévoir les pertes d'adhérence du train avant pour s'y préparer, intervenir plus rapidement et envoyer jusqu'à 50% du couple à l'avant, où le différentiel autobloquant fait en sorte de gérer tout cela sans cafouillage.

à part vous dire que la disponibilité du couple du 2.2 diesel est plus que satisfaisante, que ce moteur nous a semblé un peu plus discret que lors de notre première rencontre, et qu'on perçoit le potentiel du moteur essence, qui chante un peu mieux à travers ses échappements, il nous est malheureusement impossible de vous dire ce que les moteurs des Veloce ont au fond des tripes. Car les routes glissaient vraiment très fort et traction intégrale ou pas, au final, c'est toujours la physique qui décide. Quand une pichenette de frein avant un gentil virage suffit à faire tirer tout droit une voiture de cette trempe, à seulement 30 km/h, c'est un signe qu'il convient de ne pas ignorer. La bonne nouvelle, c'est que les conditions ont permis de constater que la transmission intégrale n'a rien fait perdre de sa légèreté, de sa précision, et de sa faculté à transmettre les informations à la direction.

Plus tard, avec des pneus chauds et sans pousser bien fort la mécanique, la Q4 a pu nous montrer ce qu'elle savait faire. à savoir remettre sur les rails une voiture que la route tente d'éjecter. Déformation professionnelle oblige, nous avons toujours laissé le sélecteur de mode DNA en Dynamic. Et sur nos routes très glissantes, ce mode a mis deux choses en évidence. La première est que l'ESP laisse une honorable place aux sorties de virages un peu en travers. Mais c'est tout, car la Quadrifoglio reste la seule Giulia à autoriser la déconnection complète de cet ESP. Et c'est peut-être le reproche majeur à adresser à un constructeur sportif.

Second constat, l'entrée en scène du train avant n'est pas aussi discret, pas aussi fluide que dans une Audi à transmission Quattro par exemple. On peut voir ça comme un défaut ou comme le signe d'une voiture pleine de caractère mais à notre avis, c'est à mettre sur le compte d'une transmission répondant aux lois de gestion plus agressives du mode Dynamique, sur des routes dont l'état aurait dû nous inciter à utiliser le mode hivernal All-Weather. Quoi qu'il en soit, la Q4 fait très bien son job et quand une glissade de l'avant comme décrite plus haut se manifeste, on lâche le frein, on remet des gaz avec jugeote et la Giulia Veloce se remet parfaitement et immédiatement dans la trajectoire.

Conclusion

Nous aurions bien voulu vous dire que la Giulia Veloce était une berline terriblement rapide et dynamique qui mangera de l'Allemande au p'tit dej. Raté à cause des conditions météos ! Mais nous pouvons dire que c'est une Alfa qui n'a pas peur de l'hiver. C'est déjà pas mal.


+

Toucher de direction préservé

Surpoids de la Q4 très mesuré

Transmission intégrale efficace

Mode Dynamic assez "libertaire"

-

Fluidité de la Q4 perfectible

Accord moteurs-boîte perfectible

Sonorité du 2.0 essence toujours pas assez "Alfa"

La Giulia 2.2d en quelques chiffres

Moteur : 4 cyl. turbodiesel, 2.143cc, 210ch à 3.750tr/min, 470Nm à 1.750tr/min

Transmission : aux 4 roues

Boîte : auto 8 rapports

L/l/h (mm) : 4.643/1.436/2.024

Poids à vide (kg): 1.535

Volume du coffre (l) : 364 – 1.263

Réservoir (l) : 52

0 à 100 km/h (sec.) : 6,8

Prix : 44.840 € TVAC

Puissance : 210 ch

V-max: 235 km/h

Conso mixte : 4,7 l/100km

CO2 : 122 g/km