ESSAI BMW M5 xDrive: enfin!

Pourtant quasi parfaite la BMW M550i xDrive nous avait laissés sur notre faim en matière de sensations. Nous avions donc hâte de tester cette M5 de 6e génération en nous demandant : offrira-t-elle le fun manquant à la 550 ?

Pourquoi cette comparaison entre la M550i Performance et la M5, véritable mythe automobile depuis 1984 ? Car le cœur de ces deux BMW est le même : un V8 bi-turbo de 462 chevaux dans l’une, optimisé pour délivrer 600 chevaux dans l’autre. Par rapport à l’ancienne génération de M5, il n’est donc pas question de downsizing car on reste sur la même cylindrée de 4,4 litres. Mais attention car ce bloc a été retravaillé en profondeur : nouveaux turbocompresseurs, pression d’injection de carburant plus élevée, lubrification et refroidissement perfectionnés, etc.

Le résultat, sur papier, est vraiment impressionnant : le couple maximal de 750 Nm se dégage au sol de 1.800 à 5.600 tr/min. Une plage impressionnante par rapport à la concurrence mais qui, elle, offre 100 Nm de couple supplémentaire. Nous parlons ici de la Mercedes-AMG E63 S, qui nous avait radicalement scotchés. Nous étions donc impatients de voir comment BMW allait répliquer.



« Business sedan »

Dans un bleu qui lui sied à merveille, je jette un œil à « l’accoutrement » de cette M5 G30. « Nous voulions garder un business sedan », avaient déclaré les gars de chez Béhème. Eh bien ils ont tout à fait raison : on observe davantage une berline business qu’une grande sportive aux appendices aérodynamiques apparents. Enlevez-lui son diffuseur et ses deux doubles sorties d’échappement à l’arrière et on penserait voir une Série 5 plus traditionnelle. Pourtant, en l’observant en détails, les rétroviseurs typiques des modèles M ainsi que le toit en matière plastique renforcée à la fibre de carbone (PRFC) font la différence.

En revanche, dans l’habitacle, l’atmosphère M se ressent bien plus fortement. Boutons M1 et M2 rouges qui permettent d’enregistrer ses propres réglages châssis/moteur-boîte/direction préférés, bouton Start (rouge également), levier de vitesses tout neuf, de superbes sièges badgés M5, une planche de bord aux accents de carbone… franchement, on s’y sent bien. Même pour attaquer le circuit !



Une première : le M xDrive

Mais pour faire connaissance, mieux vaut d’abord prendre la route. Et dès les premiers mètres, on ne sent pas autant de brutalité qu’avec une E63 AMG. La M5 se montre plus douce, plus confortable, plus à mettre entre toutes les mains. Au fil des kilomètres, ce sentiment va se confirmer, renforcé encore par le fait que la M5 a un autre trait commun avec la M550i Performance : la transmission intégrale ! Oui, la M5 hérite pour la première fois de l’histoire d’une transmission intégrale ! Mais pas n’importe laquelle : sur la M5, le xDrive devient M xDrive. Une célèbre lettre qui change tout… En quelques petites opérations, les pilotes les plus confiants pourront ainsi passer sur un mode propulsion sans assistance. Comme chez AMG, avec sa 4MATIC+. Avec modestie, mieux vaut tester ce mode sur circuit ! On y va ?



Tout en contrôle

Bien que cette M5 ait été, un peu sans qu’on s’en rende compte, hyper-efficace sur route, offrant une adhérence incroyable et mettant constamment son pilote en confiance, elle va se dévoiler encore plus efficace sur circuit ! Une belle surprise. Même en deux roues motrices, son châssis et son incroyable réponse à la pédale de gaz permettent de drifter tout en contrôle, d’une manière très linéaire. Heureusement, la M5 offre donc le fun un peu absent de la M550i. Mais ce qui est un avantage sur papier (son moteur à la large plage de couple maximal) se montre en fait son seul… défaut. Non, on ne peut pas parler de défaut mais plutôt… d’imperfection ? En effet, ce moteur est tellement bon, tellement linéaire lui aussi, qu’il manquerait presque de caractère alors qu’on atteint les 100 km/h départ-arrêté en 3,4 secondes seulement !

Cette M5 s’approche donc, comme la M550i Performance, de la perfection mais heureusement, je le répète, en beaucoup plus fun. Et par rapport à sa grande concurrente ? Elle se montre plus confortable, plus polyvalente, tout en étant aussi efficace. Vous cherchez de la brutalité ? C’est à trouver dans sa boîte auto à 8 rapports, réglable sur 3 modes grâce au Drivelogic : une exclusivité BMW M !

Conclusion

BMW est parvenu à donner une vraie identité à sa nouvelle M5 : une Série 5 enfin fun à piloter, qui se montre efficace dans toutes les conditions, tout en confort, sans forcer. Pour la brutalité, il faudra donc repasser. Ainsi l’ont voulu les ingénieurs BMW : la business sedan par excellence…  

+

Confort/polyvalence

Accessibilité

Réponse moteur/plage de couple max

Une Série 5 vraiment fun to drive !

-

Look extérieur trop sage ?

Trop parfaite ?


BMW M5 xDrive fiche technique

Moteur : V8 bi-turbo à injection directe d'essence ; 4.395cc ; 600ch de 5.600 à 6.700 tr/min ; 750 Nm de 1.800 à 5.600 tr/min

Transmission : aux quatre roues

Boîte : auto 8 rapports

L/l/h (mm) : 4.965/1.903/1.473

Poids à vide (kg) : 1.930

Volume du coffre (l) : 530

Réservoir (l) : 68

0 à 100 km/h (sec.) : 3,4

Prix : 119.900 € TVAC

Puissance : 600 ch

V-max : 250 km/h

Conso. mixte : 10,5 l/100km

CO2 : 241 g/km