Premier constat : c'est sans entrer dans la course à la puissance que Renault vient réaffirmer son statut de cador du genre. Sous le capot de la Mégane RS, on trouve le 1.8 Turbo qui donne vie à la nouvelle Alpine, mais il gagne ici 30 chevaux, soit un total de 280 chevaux, sensiblement moins que les rivales éternelles : 350 chevaux pour la Ford, 320 pour la Honda. Ce qui n'en fait pas pour autant la moins impressionnante dans l'exercice du 0 à 100. Avec un temps de 5,8 secondes, la française cède près d'une seconde à la Focus, qui profite de sa transmission intégrale, mais égale la Honda, “simple” traction elle aussi.

La moins tapageuse

La Renaut marque aussi sa différence sur le plan esthétique. Elle revêt certes son habit sportif, fait d'ailes avant élargies de 6 cm, de voies plus généreuses, d'une assiette abaissée de 5 mm, de phares additionnels LED façon drapeau à damier, d'un bouclier arrière plus expressif intégrant un diffuseur et un échappement central ou encore de jantes 19''. Mais alors que les deux autres reçoivent des spoilers arrière allant de l'extraverti au très extraverti, celui de la Megane est un discret prolongement de la ligne de toit.

Dans l'habitacle aussi, la sportivité est très subtilement dosée. Elle ne vous est pas jetée à la figure, mais elle est vraiment perceptible, et pas seulement pour cause de sièges sport et d'épais volant partiellement recouvert d'Alcantara. Il y a en plus un je ne sais quoi qui place l'ambiance. Ambiance encore renforcée par les modes de conduites Sport et Race, qui modifient le style de l'instrumentation, donnent accès à des fonctions de télémétrie enregistrables sur USB, et rend la sonorité de l'échappement (réelle, mais amplifiée par le système audio Bose) plus expressive. Evidemment, ces modes ne font pas que ça…

Faites votre choix

En attendant de pouvoir choisir entre cette Megane RS et sa version Trophy de 300 chevaux (promise pour courant 2018), le client peut déjà choisir entre boîte auto double-embrayage EDC6 et boîte manuelle 6, et entre châssis Sport et châssis Cup. Ce dernier est plus ferme (10%), un peu plus bas encore et reçoit un différentiel à glissement limité Torsen.

Enfin, nouveautés pour cette nouvelle génération : la Mégane RS est équipée en série des quatre roues directrices, et sont proposés en option des disques de freins en alliage fonte + alu, alternative certes un peu moins mordante et endurante que les carbone, mais surtout bien moins coûteuse.

Gardez vos sous

Nous avons essayé le châssis Sport sur route et le châssis Cup sur le circuit de Jerez, en Espagne. Et vous savez quoi ? A part si vous allez sur circuit chaque semaine, pas la peine de payer 1.700 euros pour le Cup, car ce dont est capable le Sport avec moins “d'outils” est tout simplement remarquable. La Mégane RS fait honneur à sa réputation d'efficacité, évidemment, mais précisons déjà qu'elle est maintenant bien moins radicale du côté du confort d'amortissement. Les plus fanatiques le regretteront, les autres se diront qu'il est enfin possible de vivre au quotidien avec une RS.

Alors que les 4 roues directrices auraient pu faire craindre un comportement trop propre, celles-ci se contentent de rendre la voiture plus agile en épingles par exemple, mais ne la privent pas de qualités qui se font rare, chères aux conducteurs très avertis : la Megane RS se place sur les freins et au lever de pied, son train arrière n'est pas (trop) sagement vissé au sol.

Et l'autre grande qualité du châssis Sport, c'est la motricité. Jusqu'à la conférence de presse, organisée après les premiers 200 km d'essai, nous étions persuadés que lui aussi disposait du Torsen. Ca vous situe !?

Dernier conseil : gardez aussi vos sous au moment de choisir une boîte. Un conseil qui n'est pas histoire de purisme obtus. En fait, la boîte EDC Renault (+1.750 euros) fait le job, mais par rapport à d'autres double-embrayage, elle est un peu trop facile à prendre en défaut, par exemple dans sa façon de verrouiller un rapport dans certaines situations. Elle peut se montrer hésitante, patiner, ce qui n'est pas bien grave en soi, mais laisse un sentiment mitigé.

Enfin, le moteur. Lui aussi fait le job, procure de belles performances à la Megane et, le plus important dans cette voiture, permet de bien exploiter les ressources du châssis. Bref, l'ensemble est cohérent. Mais… j'ai envie de de dire que nonobstant les écarts de puissance, il me semble que le moteur Renault est moins explosif que ceux de Honda et Ford. Juste une impression, peut-être.

Conclusion

En dépit de petits points perfectibles, la nouvelle Megane RS reprend brillamment le flambeau de ses devancières. Elle reste une référence tant par son efficacité que par sa propension au jeu, et ne le fait plus payer en frais d'ostéopathe. Décidément, Renault sait y faire!

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Look sportif mais sobre

Châssis de base bluffant (motricité)

Caractère joueur assez préservé

Confort réaliste au quotidien

Toujours une référence

Boîte EDC inférieure à ses concurrentes

Moteur manquant d'explosivité

Système multimédia peu intuitif

La Megane RS en quelques chiffres

Moteur : 4 cyl. turbo, essence, 1.798cc ; 280ch à 6.000tr/min ; 390Nm de 2.400 à 4.800tr/min.

Transmission : aux roues avant

Boîte : manuelle 6 rapports

L/l/h (mm) : 4.364/1.874/1.435

Poids à vide (kg) : 1.407

Volume du coffre (l) : 384 – 1.247

Réservoir (l) : 50

0 à 100 km/h (sec.) : 5,8

Prix : 34.550€ TVAC

Puissance : 280 ch

V-max : 255 km/h

Conso mixte : 7,1 l/100km

CO2 : 161 g/km