ESSAI Toyota Hilux: la légende est de retour

Un véhicule reconnu à travers le monde pour sa robustesse et sa fiabilité, il y en a peu comme le Hilux. Toyota nous présente sa 8e génération et n'hésite pas à nous la faire essayer sur les pires pistes de sables et de pierres. Chaud devant!

Même si c'est un marché très limité chez nous, le pick-up demeure un engin intéressant du point de vue fiscal (taxes d'un utilitaire) et pratique pour tous les usages que l'on peut en faire. Parmi les spécialistes de la catégorie, les japonais Mazda et Mitsubishi ainsi que le VW Amarok (dont vous pouvez lire l’essai dans ce numéro) se tiennent dans un mouchoir de poche. Et en Belgique, c’est le Ford Ranger qui occupe la tête des ventes. Mais il en est un en particulier qui fait figure de légende dans le segment, c'est ce Toyota Hilux! Depuis qu'il a été lancé (en 1968), le Hilux s'est forgé une solide réputation à travers le monde où il est partout plébiscité et réputé pour résister aux pires traitements!

Direction la Namibie

Mais pour l’essayer, nous avons fait le voyage dans un pays qui fait rêver. Nous sommes en Namibie, tout au sud de l'Afrique, pays voisin de l'Afrique du Sud où - justement - est fabriquée cette version destinée à l'Europe. La Namibie, un pays qui connaît depuis quelques années un véritable engouement touristique pour sa faune et ses paysages extraordinaires. Ses côtes tourmentées donnent sur un Océan Atlantique souvent déchaîné alors que l'intérieur des terres abrite certains des plus beaux déserts de la planète. Parmi ceux-ci, celui du Namib considéré comme le plus vieux du monde car soumis à des conditions arides ou semi-arides depuis au moins 80 millions d'années !

Paysages lunaires, sable rouge, dunes et pistes infinies. Durant trois jours, nous avons pu mettre à l'épreuve le pick-up nippon. Devoir dégonfler les pneus pour progresser sur les landes de sables, les regonfler pour reprendre la piste poussiéreuse avant d'affronter des pans de montagne où les rocailles sont autant de lames acérées prêtes à trancher les flancs de ces pneus décidément mis à rude épreuve.

Retour au test, et la première chose à écrire c'est que tout a changé depuis quelques années sur ce pick-up. Car si le Hilux est toujours bien un utilitaire, qu'il est capable d'incroyables prouesses sur tous les terrains (nous allons y revenir), qu'il est endurant et fiable, son look et son confort ont diablement progressé. Le design pour commencer. Si la partie arrière et sa benne demeurent des plus classiques, la partie avant marque un progrès notoire avec un dessin qui rapproche le pick-up des berlines plus classiques, notamment grâce à ses optiques désormais disponibles avec une signature lumineuse « LED » (en option) des plus seyantes. Certes, on n'achète pas ce genre de véhicule pour sa seule robe mais l'un des principaux concurrents, le VW Amarok, a prouvé qu'un joli dessin pouvait attirer les clients. Pourquoi dès lors s'en priver?

Un habitacle de berline

Passons à l'intérieur où, ici aussi, il y a du changement et de la qualité perçue ! La planche de bord ressemble de plus en plus à celle d'une berline. La finition paraît excellente même si certains plastiques paraissent un peu «durs» mais c'est le lot d'une majorité de productions asiatiques. Niveau équipement, le Hilux se la joue aussi «tendance et généreuse» en proposant des équipements inédits pour le segment, comme la détection des piétons pour le freinage d'urgence, l'alerte de franchissement de ligne ou encore le contrôle électronique des descentes et montées de pentes. Du luxe quoi! Dans la même veine, soulignons encore le grand écran central pour l'infodivertissement ou encore l'habitabilité à l'avant du modèle «double-cabine» qui représente la toute grande majorité (9/10) des commandes du pick-up en Belgique.

Transmissions renforcées

Il est temps de nous mettre en route et d'affronter les premières difficultés du jour avec les immenses dunes du désert Namibien, le plus ancien que compte notre planète ! Pas de pneus spécifiques pour cet essai mais jouer dans le sable signifie les dégonfler copieusement. C'est parti ! Sous le capot de notre exemplaire du jour, un tout nouveau 4 cylindres de 2,4 litres développant 150 chevaux et 400 Nm de couple. Pas un foudre de guerre mais un bon compromis (ici avec une boîte manuelle à 6 rapports) pour attaquer les dunes piégeuses. Le Hilux dispose évidemment d'une boîte de transfert pour une gamme courte qui permet d'évoluer au pas sans jouer trop sur l'embrayage. Et puis, dans les situations les plus tendues, le blocage du différentiel central fait la différence.

Notez encore que la transmission a été renforcée pour encaisser le surcroît de couple. Le diamètre accru de l’arbre de sortie de la boîte de transfert et l’adoption de nouveaux différentiels permettent de gérer les charges plus élevées. L’arbre de cardan a été adapté au couple et à la vitesse de pointe plus élevés, et un amortisseur de torsion ajouté pour minimiser les bruits et vibrations. Des solutions techniques assez classiques mais très efficaces!

Un «tracteur» en or

Sur le terrain, il faut du calme pour affronter les éléments mais aussi ne pas hésiter à donner un bon coup de gaz lorsque pointe l'obstacle: douceur des commandes, de la direction et de la boîte, les épreuves se déroulent en toute décontraction, les suspensions n'ayant rien de particulier à faire ici... Par contre, les aides électroniques de contrôle de descente (et de montée) peuvent vous être bien utiles. Nous quittons les immenses dunes et, après avoir remis les pneus à bonne pression, nous abordons la seconde partie de cet essai avec de la rocaille à perte de vue : Une tout autre paire de manches ! Nous voici au cœur d'un désert de pierres et de rocailles - parfois tranchantes comme des rasoirs - tout ça mettra à rude épreuve non seulement les pneus mais aussi et surtout les suspensions de notre baroudeur. Parlons justement de ces suspensions et du châssis. Ce dernier est toujours à « échelle » mais sa rigidité à la torsion a été augmentée de 20%, tant pour résister aux aléas du terrain, de supporter de lourdes charges ou encore pour offrir plus de confort aux occupants. L'ensemble châssis-suspensions peut désormais supporter de plus lourdes charges, mais aussi des tractions plus intenses: de 3,2 tonnes pour la double cabine à 3,5 tonnes pour la simple cabine.

Retour sur la route ou plutôt les pistes - via le célèbre Tropique du Capricorne - qui nous ramènent vers la capitale namibienne, Windhoek.

Au cœur d'immenses nuages de poussières soulevées par notre convoi, nous apprécions encore plus le confort général et l'insonorisation en particulier. Seul bémol, à vide, le pick-up a tendance à sautiller du train arrière, rien de vraiment anormal avec ce genre d'engin toujours doté de suspensions doublées de lames de ressorts. à l'inverse, il faut souligner la capacité de charge particulièrement attractive soit plus d'une tonne sur la benne qui a été agrandie pour l'occasion (largeur augmentée de 10 cm). Notez enfin que le catalogue des accessoires liés à la benne sont nombreux et appréciés des acheteurs potentiels: une capote rigide, un couvre-benne coulissant en aluminium avec serrure ou encore des couvre-bennes rigides avec ou sans arceaux. Pas de doute, le Hilux ainsi paré est prêt pour affronter sereinement les prochaines années!

+

Fiabilité et robustesse

Habitacle plus moderne

Présentation / qualité de l'habitacle

Rangements

Capacités en tout terrain 

Traction (3,5T) et benne (1,1 T)

-

Encombrement

Performances moyennes (Poids/puissance)

Boîte longue

Suspensions sautillantes à vide

Le Toyota Hilux 2.0 D4D double cabine en quelques chiffres

Moteur : Turbodiesel 4 cylindres, 2.393cc

Puissance : 150ch à 3.400tr/min ; 340Nm à partir de 1.600tr/min

Transmission : 4 roues motrices

Boîte : manuelle à 6 rapports (automatique 6 en option)

L/l/h (mm) : 5.330 / 1.800 / 1.795

Poids à vide (kg) : 2.100

Benne L/l/h (mm) : 1.525/1.645/480

0 à 100 km/h (sec.) : 13,2

Prix : de 32.890 à 43.760 €

Puissance : 150 ch

V-max : 170 km/h

Conso. mixte : 7,0 l/100km

CO2 : 185 g/km