ESSAI SYM Jet 14 125i et Cruisym 300: extensions à tous les étages

C’est au salon Intermot de Cologne, à l’automne dernier, que le constructeur taïwanais SYM avait dévoilé son nouveau scooter urbain Jet 14 125i et son maxiscooter Cruisym 300.

Le Jet 14 125i est un scooter urbain qui lorgne méchamment sur le Honda 125 PCX dont le succès est incontestable depuis sa sortie en 2010. SYM espère grappiller quelques parts de marché en proposant un scooter séduisant pour un budget plus serré. Ses atouts principaux, hormis son prix de 2.700 euros, sont les jantes de 14 pouces et le plancher plat. Pas étonnant puisque le Jet 14 (pour 14 pouces) est bâti sur base du Symphony (également à plancher plat et jantes de 16 pouces) mais avec un style plus jeune et plus sportif. Les coloris sont attrayants et le client aura le choix entre le rouge, le blanc ou le noir. La face avant se compose d’un phare double optique bien large accompagné de LED pour les feux de position. Une petite bulle fumée surmonte l’ensemble.

Simple et fonctionnel

L’arrière est également réussi avec ses feux élancés et le spoiler qui fait office de poignée passager sans oublier les deux appliques façon alu brossé qui prolongent le garde-boue. Belle prouesse de la part des designers SYM d’avoir trouvé le bon coup de crayon pour dessiner un scooter sportif à plancher plat. Avec une hauteur de selle de 780 mm pour un poids d’à peine 128 kilos, prendre la mesure du Jet 14 ne pose aucun problème. L’assise est confortable et le guidon légèrement cintré à l’allure naked bike tombe directement sous les mains. Les commodos sont réduits à leur plus simple expression. A droite, le starter et à gauche les clignotants, les phares et l’avertisseur. Le tableau de bord fait également dans la simplicité avec dans la lucarne centrale un compteur à aiguille et un barillet chiffré pour l’odomètre. Ils sont accompagnés de deux voyants lumineux (phare et défaut moteur), le tout encadré par les témoins de clignotants. Deux autres lucarnes latérales complètent le poste de pilotage avec à gauche la jauge (également à aiguille) de carburant et à droite une plaque d’indentification JET 14. Cet emplacement sera occupé par un compte-tour et trip partiel (lecture numérique) disponible sur la version « liquide ». Car SYM proposera courant de l’année un Jet 14 à refroidissement liquide et ABS.

Histoire de plancher

Notre 125 du jour est quant à lui équipé d’un monocylindre 4 temps de 124,6 cc à refroidissement par air. Il est forcément Euro4 et injecté pour une puissance de 10,2 chevaux et un couple de 8,6 Nm. Le constructeur annonce une consommation de 2,5 litres que nous ne pourrons vérifier vu le faible kilométrage réalisé. Compte tenu de la capacité du réservoir (7,5 litres), l’autonomie devrait facilement dépasser les 250 km. Sous la selle (commande d’ouverture au barillet), le coffre accepte mon jet à écran, une petite boîte à gant un peu cheap est placée à gauche dans le tablier. Son ouverture peu aisée semble fragile mais conviendra parfaitement pour quelques babioles. Un crochet escamotable (vive le plancher plat) sur la colonne de direction permettra d’accrocher le sac à commissions. Parlons-en justement de ce plancher plat, qui comporte sur l’avant deux échancrures pour les pieds, on y gagne en confort. Identique au Symphony, l’empattement du Jet 14 (1.330 mm) est assez proche de ses concurrents japonais PCX et NMax qui eux ne disposent pas du plancher salvateur. On lui dit merci pour le transport du pack d’eau ou de la petite boîte commandée sur le net!

Il fait le job

En bon scooter urbain, le 125 taïwanais fait demi-tour dans un mouchoir de poche et son moteur assez nerveux permet de s’extirper facilement du flux de la circulation. Au sortir de la ville, il est bien évidemment moins à l’aise et demande du temps pour atteindre sa vitesse de pointe (100 km/h au compteur) furtivement réalisée. Et oui, nous roulions en Flandre où la vitesse autorisée sur nationale est maintenant fixée à 70 km/h. Je compatis à la douleur de mes compatriotes néerlandophones ! Les suspensions font correctement leur travail et les deux combinés arrière sont réglables en précontrainte du ressort. Heureusement que la selle reste moelleuse pour compenser un peu la raideur de l’arrière. Le freinage combiné CBS, une obligation Euro 4 au même titre que l’ABS qui équipera je le rappelle la version « liquide », est ici couplé entre un disque de 260 mm à l’avant et un tambour de 130 mm à l’arrière. Suffisant certes pour le poids embarqué, sauf que la commande via les leviers (non réglable) se fait par l’intermédiaire de câbles. Je n’y suis plus trop habitué et le manque de mordant est un peu déroutant en plus du levier droit un peu coriace.

Cruisym

En passant du Jet 14 au Cruisym 300, je mesure la différence entre un scooter urbain de petite cylindrée et un maxiscooter. Bien que la hauteur de selle soit un peu plus basse avec 760 mm, je vais maintenant chevaucher un engin approchant les 200 kilos. La selle est large et bien moelleuse avec un petit dosseret fort appréciable. En dessous, un énorme coffre (avec moquette et éclairage) capable d’embarquer facilement deux casques et plus. Pour y accéder vous avez le choix entre une commande électrique au guidon bien pratique ou une rotation de la clé dans le barillet (comme pour la trappe de carburant). A l’avant, sur le tablier coté droit, vous trouverez également une boîte à gants non vérrouillable avec prise USB et 12 V. Le Cruisym est étroitement dérivé du GTS 300 et en reprend pratiquement tous les éléments structurels (cadre, moteur). Par contre l’esthétique a été profondément remaniée pour lui donner un coté plus sportif.

Grand pare-brise

L’ensemble est réussi avec des blocs optiques avant et arrière fort dynamiques. Les rétroviseurs sont rabattables et à leur base on trouve les clignotants avant. Le Cruisym est proposé en deux coloris avec un rouge très sport et un noir mat plus sobre. C’est un scooter à « tunnel », mais la place n’est pas trop contenue. Petits et grands y trouveront leur compte, y compris pour le passager, avec des repose-pieds escamotables (comme sur le Jet 14). Si les échancrures à l’avant du tablier sont un peu juste pour les grands pieds, il y a par contre possibilité de les déposer à l’arrière pour adopter une position « limande » bien effacée derrière le grand pare-brise. Celui-ci est réglable (avec outils) et offre une excellente protection. En position haute, j’ai le choix de m’abriter complètement ou regarder juste au dessus. L’instrumentation rappelle étrangement un certain X-Max avec deux écrans analogiques encadrant un pavé numérique. Tout y est mais j’aurais préféré à l’affichage de la tension de la batterie, celui de la température extérieure.

Comportement routier

Extrapolé donc du GTS 300 le monocylindre à refroidissement liquide passe à l’Euro 4 en gagnant quelques cc, il en fait maintenant 278. La puissance diminue légèrement pour atteindre 27,3 ch à 7.750 tr/min. Par contre, le couple reste constant avec 27,3 Nm à 6.750 tr/min, et c’est bien cela le plus important. La vitesse modérée (voir plus haut) que nous avons adoptée sur les routes secondaires flamandes ne nous aura pas permis de pousser le Cruisym dans ses derniers retranchements. Sa vitesse de pointe devrait néanmoins approcher celle de son homologue GTS avec 150 km/h. Pour la consommation et donc l’autonomie, les 12 litres du réservoir devraient permettre de passer allègrement les 250 km avec une consommation proche des 4 litres. La jante arrière de 13 pouces (14 pour l’avant) procure beaucoup d’agilité au 300 qui se comporte presque comme un scooter de petite cylindrée. Le freinage (ABS) est parfait. Pour les suspensions, le problème vient souvent de l’arrière avec un système « moteur oscillant » mais notre Cruisym ne semble pas trop en souffrir. Et puis il y a une selle bien large qui compense le manque de douceur des deux amortisseurs (réglables en précontrainte).

Conclusion

Avec ses deux nouveaux modèles, SYM va sans aucun doute augmenter ses parts de marché. Le Jet 14 125i a l’avantage d’être à la fois un scooter fonctionnel avec son plancher plat et un deux-roues fun et sportif au prix compétitif. Le Cruisym 300 marche allègrement sur les plates-bandes du X-Max avec un avantage indéniable côté budget.

Jet 14 125i

Les + :

Budget

Plancher plat

Jantes de 14 pouces

Garantie 5 ans

Les - :

Commande de frein par câble

Amortisseur arrière

 

Cruisym 300

Les + :

Ligne sportive

Pare-brise

Volume du coffre

Garantie 5 ans

Les - :

Pas de verrouillage pour la boîte à gants

 

Le Sym Jet 14 125i en quelques chiffres :

Moteur : monocylindre 4T refroidissement par air simple ACT 2 soupapes

Puissance : 10,2ch à 8.500tr/min

Couple : 8,6Nm à 6.500tr/min

Transmission : variateur et courroie

Cadre : tubulaire acier

Suspension : fourche télescopique à l’av. et double amortisseur réglable (précontrainte) à l’ar

Freins : simple disque de 260mm à l’av et tambour de 130mm à l’ar, freinage combiné CBS

Poids à vide : 128 kilos

Réservoir : 7,5 litres

Coloris : noir, rouge et blanc

Prix : 2.700 €

 

Le Cruisym 300 en quelques chiffres :

Moteur : monocylindre 4T refroidissement liquide double ACT 4 soupapes

Puissance : 27,3ch à 7.500tr/min

Couple : 27,3Nm à 6.750tr/min

Transmission : variateur et courroie

Cadre : tubulaire acier

Suspension : fourche hydraulique à l’av et deux amortisseurs réglable en précontrainte à l’ar

Freins : un disque de 260mm à l’av et un disque de 240mm à l’ar

Poids à vide : 198 kilos

Réservoir : 12 litres

Coloris : rouge et noir mat

Prix : 4.990 €