Une Urraco qui a perdu son toit et ses places arrière
En 1976, Lamborghini se retrouve dans une sale posture : Ferruccio a vendu ses dernières parts, la crise pétrolière a vidé les carnets de commande et ni la Countach ni l'Urraco ne sont homologuées pour les États-Unis. Or, là-bas, Ferrari et Porsche écoulent des Targa à la pelle, ces coupés au toit qui s'enlève comme un couvercle de boîte à chaussures !
L’usine décide donc d’entreprendre un bricolage de génie sur base d’une Urraco P300 : elle perd ses places arrière et son pavillon (qui se range derrière les sièges), tandis que Marcello Gandini virilise le style : ailes élargies, gros spoiler avant et splendides jantes à cinq ouvertures, inspirées du concept Bravo. Et à cela, Dallara rajoute d’énormes pneus taille basse, des Pirelli P7 285/40 R15… Le résultat semble clairement annoncer les années 1980 !
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Un V8 qui gronde comme un gros bloc américain
Posé en travers derrière les sièges, le V8 de 3 litres de l'Urraco respire par quatre carburateurs Weber. Contrairement aux V8 Ferrari, le moteur Lambo délaisse le vilebrequin plat pour une architecture plus classique. En pratique, cela donne des borborygmes de V8 ’ricain au ralenti et un hurlement façon NASCAR une fois dans les tours ! Et le V8 n’est pas que fort en gueule : l’usine annonce 250 chevaux et 260 km/h ! Quant aux rares essais de l’engin, ils rapportent une voiture très agréable à conduire, à la direction précise et capable de très solides performances.
Le flop…
Hélas, tout ne se passe pas comme prévu : le marché américain reste fermé, la faute aux normes antipollution sans doute, même si les raisons de l’échec restent aussi nombreuses que floues. Pour Lamborghini, la coupe est pleine et la faillite est prononcée en 1978. Les frères Mimran reprennent la marque en 1981 et remplacent la Silhouette par la Jalpa…
Combien de voitures furent réellement produites ? Les sources ne sont pas d’accord entre elles, mais, on parle d’environ deux prototypes et de 53 voitures de série, la dernière ayant servi de mulet pour la Jalpa.
Vous désirez acheter une Lamborghini Silhouette ?
Voilà une excellente idée, mais on vous souhaite bon courage, tant les ventes sont rares ! Forcément, avec si peu d’exemplaires produits, chaque vente fait un peu la cote… Les prix dans les (rares) annonces sont très variables, mais on peut raisonnablement penser qu’avec 120.000 euros, vous devriez trouver un bon exemplaire. Mais si le professionnel demande plus et que vous n’êtes pas tout seul sur l’affaire, le prix va forcément grimper !
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Soyons également honnêtes avec vous : ce n’est pas la première voiture de collection idéale. Trouver un spécialiste qui connait vraiment le modèle et le V8 ne va vraiment pas être simple, tandis que la qualité de fabrication du modèle est un éternel sujet de moqueries…
Du côté des pièces, la bonne nouvelle, c’est que Lamborghini a largement pioché les éléments existants sur les étagères des fournisseurs. Comprenez qu’il existe de nombreuses correspondances ! En revanche, pour tout ce qui est spécifique, on vous souhaite bon courage. C’est soit introuvable, soit hors de prix !
On craque ?
Si on avait les moyens, oui ! Parce que certes, elle a l’allure d’une Lambo de frimeur des 80’s, mais il s’agit en réalité d’une authentique Lambo de connaisseur ! Et on rajoute comme cerise sur le gâteau le sensationnel V8 qui se savoure à ciel ouvert…
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