On a beau vivre dans un pays où le parapluie fait partie de la garde-robe nationale, la décapotable n'a jamais quitté le cœur des automobilistes belges. Chaque été, dès que le soleil s'installe, l'intérêt pour le cabriolet d'occasion grimpe à un rythme parfois étonnant. Ce regain saisonnier – peut-être aussi nourri par des étés plus chauds ces trois dernières années –, on le connaît et les immatriculations le confirment année après année. Les chiffres de la FEBIAC le démontrent.
Là où seulement 1.142 cabriolets d'occasion avaient changé de mains en janvier 2026, ils étaient 2.299 en juin, soit plus du double, le meilleur mois de l'année. Sur les sept premiers mois, plus de 12.200 décapotables de seconde main ont été immatriculées dans le pays. Mais il existe un autre baromètre du cabriolet belge, invisible dans ces statistiques officielles, qui raconte une histoire décalée d'un semestre. Celui du stock qui attend. Et justement, Gocar Data, notre outil d'analyse en temps réel de l'ensemble des places de marché automobiles européennes, permet d'isoler les seules annonces belges. C'est une lecture inédite de l'offre réelle. Et elle pose aussi des questions.
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Le décor connu
D'après FEBIAC, le marché de l'occasion cabriolet a reculé de 5,5 % sur les sept premiers mois de 2026. C’est plus que la moyenne du marché de seconde main qui ne perdait que 3,8 % sur la même période. L'engouement revient avec la belle saison, culmine en plein été puis retombe avec le retour de l’automne et de l’hiver. La Fiat 500 reste le cabriolet d'occasion le plus recherché du pays, devant la Mini et la Mazda MX-5, un trio suivi des BMW Z4 et Série 3, selon la FEBIAC. Un podium identique à celui de l'an dernier. Voilà pour la partie visible. Car ce que ces chiffres ne disent pas, c'est ce qui se passe du côté des vendeurs quand l'acheteur, lui, a rangé ses lunettes de soleil.
Quand le stock dort
Fin février, le vendeur belge se retrouve seul face à un parc de décapotables que plus personne ne regarde. Le volume de cabriolets publié suit en effet un cycle exactement inverse à l'envie d'acheter. Les données Gocar Data chiffrent le mouvement. De près de 5.866 annonces au plus haut, le 1er août 2026, le stock belge de cabriolets fond jusqu'à 4.830 le 23 février, son plancher, avant de repartir à la hausse avec les beaux jours. « Il y a clairement un effet saisonnier sur le volume mis en publication », observe Marc Gros, responsable des données chez Gocar Data. « Dès la sortie de l'été, le volume baisse, arrive à son plus bas fin février et commence à remonter ensuite. » Il s'attend d'ailleurs à retrouver ce schéma dans les semaines qui viennent. Et attention à ce piège : le volume publié n'est pas un volume de ventes. C'est la photographie, à un instant donné, de tout ce qui est proposé sur le marché belge.
Rien en revanche ne fait bouger les prix. Malgré ces volumes qui montent et descendent au fil des saisons, le prix médian du cabriolet d'occasion reste d'une stabilité étonnante. Moins de 2.000 euros séparent le plancher de la période, 15.999 euros en septembre 2025, de son sommet, 17.950 euros en mai 2026. On aurait pourtant pu s'attendre à l'inverse. Un stock pléthorique en plein été devrait tirer les prix vers le bas, une offre rare en février les pousser vers le haut. Mais il n'en est rien. L'acheteur qui guette la bonne affaire en misant sur le calendrier se trompe donc de stratégie, car ni le creux hivernal ni l'abondance estivale ne créent de fenêtre d'opportunité.
69 jours
En mesurant le nombre de jours médian pendant lequel une annonce reste en ligne, Gocar Data indique aussi ce qu’il en est de la rotation réelle du stock ou, autrement dit, de la difficulté à trouver preneur. Et le cabriolet traîne forcément. Au plus fort de l'hiver, le 13 janvier 2026, une décapotable patientait 69 jours sur le parking, contre 41 jours à peine au printemps. C’est plus de deux mois d’attente. Pour la comparaision, en janvier, une citadine s'écoulait en 39 jours. Le cabriolet met donc près du double de temps à trouver son acheteur. « Ça démontre une réelle difficulté à trouver des acheteurs », précise Marc Gros.
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Bientôt une denrée rare ?
Reste une inconnue qui plane au-dessus de tout ce marché. Car le cabriolet neuf disparaît des catalogues à vue d'œil. Il ne reste plus que 8 cabriolets quatre places disponibles neufs sur le marché européen en 2026, contre 22 en 2020, une chute de près de deux tiers en six ans. Peugeot, Renault, Opel, Volkswagen, Ford, les généralistes ont tour à tour abandonné leurs déclinaisons découvrables, laissant le terrain aux marques premium. L'Audi A5 Cabriolet s'est éclipsée début 2025 et la Mercedes Classe C Cabriolet quelques mois plus tôt. Le plaisir du ciel ouvert glisse doucement vers le luxe. Or si le neuf se tarit et que l’engouement renaît chaque été, une vraie question se pose pour l'occasion belge : combien de temps un prix médian tiendra-t-il sa ligne ? Il y a donc des chances que les prix finissent par augmenter et qu’une forme de pénurie se dessine. À suivre.
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