La mise en place d’un système de vignette électronique avance à grands pas. La ministre flamande de la Mobilité, Annick De Ridder (N-VA), a confirmé devant le Parlement flamand que son gouvernement était « très proche » d’un accord avec la Wallonie pour introduire une vignette permettant de faire contribuer les automobilistes étrangers à l’utilisation du réseau routier belge. C’est là une avancée à saluer dans l’absolu, preuve que les régions peuvent aujourd’hui encore collaborer plutôt que de se bloquer mutuellement, comme c’est trop souvent le cas. Cette mesure vise notamment à combler un manque à gagner : seuls les poids lourds étrangers sont actuellement soumis à une redevance kilométrique, mais pas les véhicules particuliers.
Cette initiative est surtout portée par la Wallonie (par Les Engagés même). Le sud du pays a déjà indiqué qu’elle envisageait une vignette électronique qui s’appliquerait aussi aux conducteurs belges, mais à la différence que pour ces derniers, il n’y aurait pas de surcoût : cette vignette serait intégrée à la taxe de circulation annuelle.
L’absence de Bruxelles inquiète
Si la convergence entre le nord et le sud du pays progresse, un élément reste totalement incertain : la position de Bruxelles. Annick De Ridder le souligne d’ailleurs sans détour à la presse : « j'ai appris du ministre du Budget, Ben Weyts (N-VA), qu'il était sur le point de conclure un accord avec le ministre-président wallon Adrien Dolimont. Malheureusement, Bruxelles n'est toujours pas sortie de l'ornière et n'est pas en mesure de s'asseoir à la table des négociations avec un gouvernement à part entière. Il faut donc pour l'instant trouver un accord entre la Wallonie et la Flandre. »
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Pourtant, l’enjeu financier est considérable. La Flandre prévoit pas moins de 130 millions d’euros de recettes annuelles dès 2027 grâce à ce mécanisme. En Wallonie, les revenus sont estimés à 50 millions d’euros annuels. Pour de nombreux acteurs politiques, dont l’Open VLD, l’urgence est donc réelle : il faut que Bruxelles valide rapidement un cadre commun.
Quelles conséquences à Bruxelles ?
Cette non-participation de Bruxelles est un vrai problème, car on risque d’aboutir à une forme de patchwork fiscal difficile à comprendre pour les usagers et, surtout, inéquitable. Que se passera-t-il si seules la Flandre et la Wallonie adoptent la vignette ? Théoriquement, les automobilistes bruxellois pourraient devoir s’acquitter d’une redevance spécifique dès qu’ils quittent leur région, en plus de leur taxe de circulation actuelle. Un scénario que nombreux observateurs jugent explosif politiquement, mais aussi plausible.
Face à ces avancées, des organisations comme Touring appellent à la prudence. Si le principe de faire contribuer les automobilistes étrangers n’est pas contesté, car cela existe déjà ailleurs en Europe (Suisse par exemple), l’idée de multiplier les vignettes selon les régions est en revanche jugée contre-productive. Le dispositif ne peut fonctionner que s’il reste simple, harmonisé et équitable. Il faut donc une plate-forme unique.
Une fiscalité en mutation
Le débat belge s’inscrit toutefois dans une tendance plus large : partout en Europe, les États révisent leur modèle de financement des infrastructures. Avec l’essor des véhicules électriques, les recettes issues des carburants diminuent, ce qui pousse plusieurs pays à réinventer leur fiscalité. Ainsi, le Royaume-Uni songe sérieusement à instaurer une taxe au kilomètre pour les voitures électriques, tandis que la France et les Pays-Bas réfléchissent eux aussi à de nouveaux dispositifs basés sur l’usage plutôt que sur la possession.
Il faudra voir dans quels délais ce dossier collaboratif entre Flandre et Wallonie aboutit. Apparemment, ce sera très rapide, sans doute parce que les caisses ont besoin d’être renflouées. Mais attention à la mise en œuvre qui prendra aussi du temps. Quant à savoir ce qu’il adviendra des automobilistes bruxellois, c’est une autre histoire...
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