Passer son permis de conduire en Belgique n'a jamais été une chose simple. Car le pays a confié cette compétence aux régions et chacune a construit son propre système. En Flandre, c'est le réseau GOCA Vlaanderen qui organise les examens. En Wallonie, ce sont Autosécurité et l'AIBV tandis qu’à Bruxelles, deux centres seulement couvrent l'ensemble de la région : ACT à Evere et La Sécurité Automobile à Anderlecht. Nous sommes donc en présence de nombreux opérateurs, de trois formats d'épreuve et de trois grilles tarifaires différents (42 euros pour le pratique en Wallonie, 46 euros à Bruxelles et 51 euros en Flandre), mais aussi d’une certaine porosité entre les régions que certains candidats exploitaient.
Le principe du « tourisme pour l'examen » était simple : passer la théorie là où c'est le plus accessible, puis se rendre dans la région voisine pour décrocher un créneau pratique plus rapidement et même éviter les conditions de circulation jugées plus difficiles. Avec seulement deux centres pour plus d'un million d'habitants, Bruxelles a longtemps souffert de délais déraisonnables : jusqu'à dix ou douze semaines en période de pointe pour le seul examen pratique.
L'effet domino
Depuis le 1er janvier 2026, la Wallonie impose une nouvelle règle : théorie et pratique doivent se dérouler dans la même région. Les candidats bruxellois qui espéraient rejoindre Namur ou Liège pour un créneau plus rapide se sont retrouvés bloqués. Beaucoup ont alors regardé vers le nord, car la Flandre n'avait pas encore posé légiféré dans ce sens.
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Or, il se trouve que dans plusieurs centres flamands, les temps d'attente atteignent désormais six mois, voire plus. Le cas d'Asse est symptomatique : selon Het Nieuwsblad, 17,5 % des candidats qui s'y présentent proviennent déjà d'une autre région. GOCA Vlaanderen a annoncé quatorze examinateurs supplémentaires à partir de juillet, dont deux affectés à ce centre. Et pour ne rien arranger, on soulignera qu’en 2025, 11.000 créneaux d'examen ont été perdus en Flandre en raison de candidats absents ou de dossiers incomplets.
Voor veel jongeren is het rijbewijs een belangrijke stap richting zelfstandigheid en werk. Dan moet iedereen eerlijk toegang hebben tot het praktijkexamen.
— Annick De Ridder (@AnnickDeRidder) January 14, 2026
Misbruik met examenslots – wie betaalt, mag voorsteken – is onaanvaardbaar. Dit pakken we aan. Ik heb de betrokken… pic.twitter.com/IU7Zsq1Uk3
La réponse de De Ridder
C'est dans ce contexte qu'Annick De Ridder, ministre flamande de la Mobilité (N-VA), a annoncé le 28 mai au Parlement flamand son intention de fermer l'accès aux centres flamands aux candidats n'ayant pas passé leur théorie en Flandre. « Je donnerai instruction d'adapter notre législation », a-t-elle déclaré. La mesure n'est pas encore en vigueur et elle devra passer par une modification, mais la volonté politique est claire. La ministre parle ouvertement de mettre fin au « shopping entre régions ».
Le député N-VA Andy Pieters, à l'origine de la question parlementaire, estime que la mesure sera efficace. En Flandre, l'examen théorique se passe en néerlandais et une traduction audio existe, mais elle coûte 43 euros de supplément. Autrement dit, un candidat francophone devra composer dans une langue qu'il ne maîtrise pas ou payer plus cher. Pour Pieters, c'est précisément ça qui limitera l'afflux.
Et pour les Bruxellois ?
Cette mesure de fermeture règle-t-elle le problème ou le déplace-t-elle simplement ? Du côté flamand, la réponse est probablement oui. Le flux de candidats extérieurs à la région devrait mécaniquement se tarir.
Du côté bruxellois, la situation est cependant moins confortable. Les candidats qui se rendaient en Flandre vont refluer vers les deux seuls centres agréés de la capitale déjà débordés. En période de forte demande, les délais pour l'examen pratique à Bruxelles pourront certainement atteindre plusieurs mois. Bruxelles n'a pour l'instant annoncé aucune mesure pour faire face à cette réalité. Peut-être que la Région attend de voir à quelle échéance la règle flamande sera effective.
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