Voitures puissantes interdites aux jeunes : la Belgique devrait-elle suivre la France ?

En Belgique, un conducteur qui vient de passer son permis de conduire peut rouler avec n’importe quelle voiture, quelle que soit sa puissance. C’est une chose qui ne sera bientôt plus possible en France qui vient d’interdire les grosses cylindrées aux conducteurs novices. Une avancée pour la sécurité routière ?

Publié le 3 août 2026
Temps de lecture : 5 min

Partagez

Voitures puissantes interdites aux jeunes : la Belgique devrait-elle suivre la France ?

Le Parlement français a définitivement approuvé le 21 juillet dernier un texte qui interdit aux jeunes conducteurs de prendre le volant d'une voiture trop puissante. L'interdiction vaut pendant toute la période probatoire, ces deux à trois années qui suivent l'obtention du permis et durant lesquelles le conducteur novice reste sous surveillance renforcée. La loi RIPOST frappe large : elle vise aussi bien celui qui prête le véhicule que celui qui le loue avec des sanctions qui donnent le vertige. Jusqu'à 15.000 euros d'amende et un an de prison pour le contrevenant, sans oublier les loueurs qui sont désormais exposés eux aussi. Si le texte est bien passé devant le Parlement, les autorités doivent encore déterminer endéans les 6 prochains mois un seuil de puissance précis.

Un vide belge ?

En Belgique, il n'existe à ce stade aucune limite légale de puissance pour un jeune conducteur belge. Le jour où il décroche son permis B, il peut théoriquement s'installer au volant d'une sportive de plusieurs centaines de chevaux sans enfreindre la moindre règle. Le seul garde-fou n'est pas dans le Code de la route, il est chez l'assureur. Au-delà d’une certaine puissance (variable d’une compagnie à l’autre), les primes s'envolent quand la compagnie ne refuse pas tout simplement de couvrir le conducteur novice. Ça arrive. Ce tri-là est officieux, mais il fonctionne et peut écarter une partie des jeunes des voitures les plus véloces.

665070_v2

Publicité – continuez à lire ci-dessous

Cela dit, ce filet a ses limites et il n'empêche pas un jeune de rouler dans une voiture assurée au nom de ses parents ou d’une connaissance compréhensive. Sauf que cette manœuvre porte un nom : c’est une fraude à l'assurance et qu'elle se paie au prix fort le jour où ça tourne mal. Car si l'assureur découvre qui tenait réellement le volant, il peut refuser de couvrir les dégâts, se retourner contre la famille pour récupérer les sommes versées aux victimes.

Ce que disent les accidents

On pourrait dès lors penser que chez nous aussi une loi similaire pourrait combler un vide, ou en tout cas parfaire les outils des autorités. Car les jeunes conducteurs belges sont bel et bien surreprésentés dans les drames de la route. Selon les études menées par VIAS, un conducteur de 18 à 24 ans court un risque d'accident mortel 2,6 fois supérieur à celui du conducteur moyen. C'est sur cette tranche d'âge que le nombre de tués et de blessés graves rapporté à la population atteint son maximum. Et le danger grimpe encore une fois la nuit tombée, puisque le risque d'être tué dans un accident impliquant un jeune conducteur triple les nuits de week-end.

810

Dans ses analyses, VIAS pointe surtout l'inexpérience des jeunes, l'immaturité au volant et une propension plus marquée à prendre des risques. Ce sont d'ailleurs très majoritairement de jeunes hommes que l'on retrouve dans ces accidents, statistiquement plus enclins à la vitesse et à conduire avec un verre de trop. Globalement, les hommes concentrent 80 % des tués et leurs accidents se révèlent deux fois plus graves que ceux des femmes. Et on pourrait encore aborder un autre aspect : les grosses cylindrées (ou les voitures gonflées) sont aussi celles qui participent aux rodéos urbains qui sont de plus en plus fréquents.

Une transposition belge ?

Pourrait-on imaginer une transposition de cette loi RIPOST au droit belge ? Et la réponse est « pourquoi pas » pour l’avocat spécialisé dans les affaires de la route, Bruno Gysels. Il estime l’idée intéressante et il pense que cette manière de faire pourrait « remettre les choses le plus rapidement possible dans le droit chemin », car son expérience des tribunaux montre en effet que la conduite est souvent plus dangereuse chez les jeunes. C’est un constat, rien d’autre. « À 20 ans, la conduite est délicate, car on n’a pas l’expérience. Je ne l’avais d’ailleurs pas non plus à cet âge, je le reconnais ».

Nouvelle_RS_3_Sportback

Pour l’avocat, la loi française mérite donc d’être étudiée, même si nous ne disposons pas de cette période probatoire pour le permis de conduire. Pour compenser cette absence, l’avocat évoque aussi l’idée de revoir les jeunes détenteurs du permis de conduire quelques mois ou années après l’obtention afin de les évaluer via un formateur. Il ne se fait pas d’illusion quant à la mise en place d’un tel dispositif, mais il estime que la prévention et la formation restent les meilleurs alliés de la sécurité routière.

Des milliers de conducteurs belges suivent déjà Gocar pour rester informés et découvrir les meilleures offres d'occasion et neuves. Vous aussi, restez informé :

  1. Consulter gocar.be régulièrement
  2. Suivre Gocar sur Google Actualités
  3. S'abonner à la newsletter Gocar

Par David Leclercq Rédacteur automobile

Partagez

Contenus sponsorisés

Gocar marketplace
Vous cherchez un véhicule neuf ou d'occasion ?
Hybride, électrique ou thermique ? Neuve ou d'occasion ? Spécialiste dans la recherche de véhicules neufs, d’occasions et sur toute l’actualité automobile.

Sur le même sujet

Gocar newsletters
Gocar est la référence. Que ce soit sur les dernières actualités auto ou les sujets brûlants de mobilité !
Abonnez-vous à notre newsletter Gocar pour rester au top de l’information et connaître tous les bons plans !
Votre inscription a bien été enregistrée.